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Politique Publié le dimanche 5 décembre 2010 | AFP

Thabo Mbeki, un médiateur aguerri mais controversé pour la Côte d`Ivoire

© AFP
Rencontre Thabo M`Beki et Le Président Laurent Gbagbo
L`ancien président sud-africain Thabo Mbeki, nommé médiateur de l`Union africaine (UA) en Côte d`Ivoire, revient à Abidjan après une première expérience mitigée dans ce pays et une intercession tout aussi controversée au Zimbabwe.

L`ancien dirigeant, 68 ans, est arrivé dimanche à Abidjan, où il doit rencontrer les deux rivaux qui revendiquent la présidence : le chef d`Etat
sortant, Laurent Gbagbo et son rival Alassane Ouattara, soutenu par la
communauté internationale.

Le promoteur de "solutions africaines aux problèmes africains", également chargé du Soudan pour l`Union africaine (UA), a déjà effectué une médiation en
Côte d`Ivoire de 2004 à 2006. A l`époque, il avait réussi à arracher un accord
(à Pretoria en avril 2005) proclamant la "fin des hostilités".

Mais le texte était largement resté lettre morte et Thabo Mbeki, accusé par
les rebelles du nord d`être un "partisan acharné" de Laurent Gbagbo, s`était
vu retirer le dossier en octobre 2006.

Cette expérience amère reste un avantage parce qu`il "est très familier des
difficultés entre les parties en Côte d`Ivoire", estime Siphamandla Zondi de
l`Institut pour le dialogue global, un centre de recherches sud-africain.

Pour l`analyste, il lui faudra toutefois corriger deux "faiblesses": "il
devra mieux communiquer pour ne pas être accusé" de partialité et "il devra
inclure dans les discussions les acteurs périphériques comme le Nigeria, le
Sénégal, la France, les Etats-Unis ou l`ONU."

Ces travers - une tendance à centraliser les décisions et à n`en référer à
personne - font partie intégrante du style Mbeki et lui ont coûté très cher
dans son pays.

Perçu par ses détracteurs comme un intellectuel distant et coupé des réalités il a été mis à la porte de la présidence par son propre parti, le Congrès national africain (ANC) en septembre 2008.

A l`époque, il paie également le prix de ses absences à répétition dues à
ses multiples engagements sur la scène internationale.

Thabo Mbeki, qui a forgé son expérience de négociateur dans les années 1980
en nouant les premiers contacts entre l`ANC et le régime de l`apartheid, a
toujours été convaincu que l`Afrique du Sud devait servir de point d`appui à
une "Renaissance africaine".

C`est pourquoi il a accepté au début de son mandat (1999-2008) de servir de
médiateur au Burundi, puis en République démocratique du Congo (RDC), où il a
enregistré un certain succès.

Il a ensuite été nommé facilitateur au Zimbabwe, où son bilan est beaucoup
plus critiqué. Pour ne pas s`aliéner le président Robert Mugabe, cet apôtre
d`une "diplomatie discrète" a toujours refusé de le condamner malgré ses
violations des droits de l`Homme.

Surtout, il a poussé à la mise en place d`un gouvernement d`union, formé en
février 2009, qui fonctionne très difficilement.

Là encore, il semble que le médiateur n`ait pas écouté les conseils
périphériques. "Thabo Mbeki favorise la stabilité et dans son esprit cela
passe par un gouvernement d`union" écrivait en 2007 l`ambassadeur des
Etats-Unis à Harare, Christopher W. Dell, dans un câble révélé sur le site
Wikileaks.

"Nous devons empêcher Pretoria d`imposer cet arrangement qui perpétuerait
un statu quo aux dépens d`un vrai changement et de réformes", ajoutait-il de
manière visionnaire.

Pour Siphamandla Zondi, il est toutefois fallacieux de rejeter la faute sur
Thabo Mbeki: "le rôle du médiateur est de permettre aux parties de s`entendre
dans l`intérêt de leur pays, dit-il. La responsabilité d`appliquer leurs
accords revient aux acteurs locaux."
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