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Côte d`Ivoire: l`armée au centre de l`affrontement Gbagbo/Ouattara
Publié le lundi 13 dcembre 2010   |  AFP


2ème
© Autre presse
Les deux candidats en lice pour le second tour de la présidentielle, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, débattent sur le petit-écran de la première chaîne de la télévision nationale.


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ABIDJAN, 12 déc 2010 (AFP) - L`armée régulière est au centre de l`épreuve
de force entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, les deux présidents
proclamés de Côte d`Ivoire, l`un s`efforçant d`en garder le contrôle quand
l`autre y cherche des appuis.
"C`est l`armée qui déterminera le vrai gagnant entre Gbagbo et Ouattara",
analyse un journaliste ivoirien spécialisé dans les questions militaires,
interrogé par l`AFP.
Les chefs de l`armée loyaliste --qui ne contrôle que le sud du pays depuis
qu`une rébellion, baptisée plus tard Forces nouvelles (FN), a pris le Nord
après son coup d`Etat manqué de 2002 contre M. Gbagbo-- ont rapidement fait
allégeance au président sortant dans cette nouvelle crise. Mais dans son
ensemble l`armée est "aussi divisée que les politiciens", souligne ce
journaliste sous couvert d`anonymat.
Conscient de cette "fracture" au sein de la "Grande muette", Alassane
Ouattara, reconnu par une communauté internationale quasi-unanime comme le
chef d`Etat légitime à l`issue de la présidentielle du 28 novembre, s`emploie
à faire basculer dans son camp certains officiers.
Pour la première fois jeudi, son Premier ministre et chef des FN Guillaume
Soro a appelé l`armée (18.000 hommes officiellement) à se placer sous
l`autorité de M. Ouattara.
Pour l`instant, cet appel reste sans effet visible même s`il se murmure
dans son entourage que plusieurs officiers loyalistes ont reconnu sa
légitimité.
"On a été contacté par plusieurs officiers des Fanci (Forces armées
nationales de Côte d`Ivoire). C`est clair que ce n`est pas toute l`armée qui
soutient Gbagbo", affirme un proche de M. Soro.
Dans la bataille en cours, le ministre de l`Intérieur de M. Gbagbo, Emile
Guiriéoulou, a fait une sortie fracassante samedi soir en accusant des
diplomates "occidentaux" à Abidjan de vouloir "déstabiliser" le régime en
tentant de faire passer des officiers du côté de l`ex-opposant.
Le gouvernement "ne saurait tolérer plus longtemps d`immixtion de quelque
diplomate, quel que fût son rang, dans les affaires intérieures" ivoiriennes,
a-t-il menacé.
M. Gbagbo a cependant un avantage de taille sur son adversaire: les
milliers d`hommes recrutés depuis 2002 au sein de l`armée, qui lui sont
redevables.
"Ce sont des +soldats de guerre+, de purs produits de la crise, qui ne
réfléchissent pas, avance le journaliste spécialiste des questions militaires.
On les retrouve essentiellement dans la Garde républicaine (GR) et le Cecos",
une unité créée pour lutter contre le grand banditisme à Abidjan et qui, très
bien équipée, a pris une place centrale dans le dispositif sécuritaire du
pouvoir.
M. Gbagbo s`est par ailleurs assuré du soutien des officiers généraux de la
gendarmerie, de la police et de l`armée.
"Si je tombe, vous tombez", leur avait-il lancé en août lors du
cinquantenaire de l`indépendance ivoirienne.
Un message bien compris au sein d`une haute hiérarchie militaire choyée par
le sortant qui a multiplié jusque récemment les promotions: certains chefs ont
d`ores et déjà entrepris des tournées de mobilisation dans des casernes.
"Tout le monde est gonflé à bloc, on n`attend que les instructions",
indiquait cette semaine à l`AFP un officier du 1er Bataillon des commandos
parachutistes (BCP) d`Abidjan basé à Akouédo, dans l`ouest de la ville.
Selon un autre haut gradé, en cas de nouvelle confrontation, l`armée ne
commettra pas "les mêmes erreurs" qu`au moment de l`éclatement de la crise de
2002, quand des sous-officiers avaient fait défection au profit de la
rébellion.
Et de confirmer la suspicion entre militaires: "on se connaît maintenant et
on sait qui est qui".

Par David YOUANT

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