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Gbagbo demande le départ de l`Onuci et de la force française
Publié le samedi 18 dcembre 2010   |  AFP


L`ONUCI
© AP


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ABIDJAN-Laurent Gbagbo a exigé samedi le départ "immédiat" de Côte d`Ivoire des Casques bleus de l`Onuci et de la force militaire française Licorne, alors que la communauté internationale le somme de céder le pouvoir au plus vite à son rival Alassane Ouattara.

Cette annonce intervient au moment où une reprise de la quasi-guerre civile
de 2002-2003 - qui avait conduit à l`envoi de ces forces d`interposition - est
de plus en plus redoutée par les Ivoiriens comme à l`extérieur.

Après l`élection du 28 novembre, Gbagbo et Ouattara, reconnu président par
l`ONU et la France notamment, se disputent le pouvoir. Leur duel a déjà
débouché jeudi sur des violences ayant fait au moins onze morts et des scènes
de guerre à Abidjan et en province.

"Le président de la République de Côte d`Ivoire vient de demander le départ
immédiat de l`Onuci (10.000 Casques bleus, ndlr) et des forces françaises
(environ 900 hommes) qui la soutiennent", selon un communiqué du gouvernement
Gbagbo lu à la télévision d`Etat RTI.

Il a accusé l`Onuci, "agent de déstabilisation", d`avoir transporté et
fourni des armes pour l`ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), alliée à
Ouattara.
Le secrétaire général de l`ONU, Ban Ki-moon, a rejeté la demande de
retrait: l`Onuci "remplira son mandat et continuera de surveiller toutes les
violations des droits de l`Homme, les incitations à la haine, ou les attaques
contre les Casques bleus", selon un communiqué.

"La récréation est terminée!", a lui déclaré Charles Blé Goudé, leader de
la jeunesse pro-Gbagbo, illustrant le durcissement de son camp, de plus en
plus isolé sur la scène internationale mais qui garde les commandes du pays.
"Nous allons défendre la dignité et la souveraineté de notre pays jusqu`à
la dernière goutte de notre sueur", a affirmé le chef des "jeunes patriotes"
et ministre de la Jeunesse de Gbagbo.

"Je demande à tous les Ivoiriens de s`apprêter à livrer ce combat", a
poursuivi celui qui fut le fer de lance de violentes manifestations
anti-françaises en 2003 et 2004 et reste soumis à des sanctions de l`ONU.
Dans l`après-midi dans le quartier pro-Gbagbo de Yopougon, il a réuni
plusieurs centaines de partisans très remontés qui criaient: "Licorne
dehors!", "Onuci dehors!".

"Gbagbo ne partira pas et ne partira jamais", a-t-il juré, accusant le
président français Nicolas Sarkozy et l`ONU de préparer "un génocide".
Autre signe d`une montée de la tension: une patrouille de l`Onuci, puis le
siège même de l`opération à Abidjan, ont essuyé dans la nuit de vendredi à
samedi des tirs d`"hommes armés vêtus de tenues militaires et voyageant dans
un véhicule civil", a annoncé l`Onuci.

"Il y aura des conséquences pour ceux qui ont perpétré ou orchestré de
telles actions, ou qui le feront à l`avenir", a prévenu Ban Ki-moon.

Dans la soirée, Guillaume Soro, Premier ministre d`Alassane Ouattara, a
qualifié la demande de retrait de l`ONU de "ridicule". "Cette décision ne peut
pas être (appliquée) puisque M. Gbagbo n`est plus président", a déclaré M.
Soro à l`AFP par téléphone, en dénonçant "une vraie folie meurtrière qui va
semer la désolation et créer un autre Rwanda en Côte d`Ivoire".

Le camp Ouattara a appelé les siens à rester "mobilisés" malgré l`échec
d`une tentative de marche sur la RTI et le siège du gouvernement, aux mains du
chef de l`Etat sortant.

La marche a été réprimée dans le sang jeudi par les Forces de défense et de
sécurité (FDS) fidèles à Gbagbo et le bilan de cette journée se situe entre 11
et une trentaine de morts, manifestants, FN et FDS, selon diverses sources.

Après avoir été ville morte vendredi, Abidjan était samedi à l`image du
grand marché du quartier populaire de Koumassi (sud): l`activité avait repris,
même si l`affluence n`était pas celle d`un samedi juste avant Noël.

L`ONU, l`Union africaine, la Communauté économique des Etats d`Afrique de
l`Ouest (Cédéao) comme l`Union européenne et les Etats-Unis - qui ont brandi
la menace de sanctions - ont haussé le ton vendredi pour obtenir le départ de
Gbagbo.

M. Sarkozy a prévenu qu`il devait partir "avant la fin de la semaine".
Sinon, il figurera "nommément" avec son épouse Simone sur la liste des
personnes visées par des sanctions de l`UE, a-t-il dit. 15.000 Français vivent
en Côte d`Ivoire.



Déclaration du gouvernement lue par Jacqueline Oble, ministre de l’éducation nationale concernant le départ immédiat du territoire ivoirien de l`Onuci et des forces françaises
Publié le: 18/12/2010  |  RTI

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