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Art et Culture

Interview : Alain Demari (artiste musicien chanteur ivoirien) : « Seuls les politiciens peuvent mettre un terme à la piraterie »
Publié le Jeudi 23 Décembre 2010   |  Le Mandat




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Alain Demari, la star de la musique du pays ‘’Akyé’’, est auteur-compositeur, artiste-chanteur et musicien vivant en hexagone. De passage à Abidjan, il nous a accordé un entretien dans lequel il réfute les propos calomniateurs faits à son encontre. Ici, il donne la solution pour faire disparaître la piraterie.

Vous faites beaucoup la navette entre la France et la Côte d’Ivoire. Qu’est-ce qui vous fait tant voyager ?

Je vis en France. J’ai ma petite famille là-bas. Moi, je dis que dans tout métier, il faut de l’apprentissage.

Il ne faut pas se limiter. Il ne faut pas stagner. Dans tout métier, il faut apprendre à se perfectionner. J’ai une histoire. J’ai joué dans tous les orchestres ‘’Akyé’’. J’ai roulé ma bosse à l’émission ‘’Podium’’, à ‘’Vacances-culture’’, etc. Je juge mes passages dans ces tribunes comme des formations. Je suis passé à l’orchestre de la Marine Nationale de 1993 à 2000. Sans aucune prétention, j'ai fait un peu le métier de la musique qui est un métier qu’il faut apprendre. On ne peut pas dire qu’on est artiste et ne pas avoir des capacités réelles et des aptitudes. On ne fait pas les choses de façon circonstancielle.

Toute personne a un don et ce sont des choses qu’on porte en nous. Je me rappelle comme si c’était hier, ma mère qui m’amenait dans les booms à l’époque. On disait de moi que quand j’avais 3 ans, je ne dormais pas. Dans les soirées, une fois porté au dos, je gesticulais et je criais. Quand j’ai commencé à aller à l’école, j’avais la passion de la musique. Dans mon village, il y avait un orchestre appelé ‘’Les Rossignols d'Ananguié’’ à qui je fais un gros coucou. J’y ai traîné ma bosse. Après, j’ai fait les histoires de ‘’Disco’’, on partait danser un peu partout, c’était la danse. Etant à Adzopé pour les études, j’étais à la Maison de la Culture. Puis, j’ai participé à l’émission Vacances-culture que nous d’ailleurs, avons remportée en 1988. Les orchestres ont commencé à me chercher de gauche à droite pour intervenir dans leurs groupes musicaux. C’est ainsi que tout est parti. Je signale que j’allais toujours à l’école.

Quand les moyens ont commencé à faire défaut, parce que j’étais enfant unique de ma mère, il fallait de l’argent pour mes cours. A un moment donné, il n’y avait plus de moyens. Que faire, quand il n’y a plus de moyens ? J’ai préféré continuer dans ma musique. Je suis allé à la Marine Nationale où j’y ai passé 7 ans. Et plus tard, je suis allé en France. La musique, c’est quelque chose d’innée.

Comment juguler le problème de la piraterie en Côte d’Ivoire ? Avez-vous une solution miracle ?

La piraterie est un problème d’Etat. La solution à ce fléau est une décision politique. Tous les Ivoiriens savent d’où vient la piraterie : du campus, de la Sorbonne, etc. Ceux qui y vendent les Cd, ont-ils des documents pour le faire ? Ce sont les politiciens qui nous piratent. Les artistes n’ont pas le pouvoir de lutter contre la piraterie. Mais, les politiciens peuvent prendre des mesures énergiques pour mettre fin à ce fléau qui tue les artistes. Parce que, les artistes doivent se concentrer pour trouver des chansons pour égayer le peuple. Ils ne doivent pas être des mendiants. C’est pourquoi, nous disons que le nouveau Président de la République doit trancher définitivement le problème de la piraterie.

Vous êtes très remonté contre les Dj. Pourquoi ?

Pas du tout ! Etre remonté, c'est trop dire. Je crois que la recréation est terminée. Le nouveau Président est connu. Que chacun fasse son travail correctement, pas seulement les politiciens, mais dans tous les secteurs d'activités. On a mis tout cela sur le compte de la guerre. Une nouvelle ère s'ouvre, qu'on arrête l'improvisation et que chacun fasse correctement son travail. Je les encourage à faire de la musique. Mais, il faut qu'ils apprennent s’ils veulent en faire un métier. Il y a l’Institut National des Arts et de l’Action Culturelle (Insaac). Aujourd’hui, on a des problèmes graves dans l'éducation des enfants en écoutant cette musique. Ils font des sons inaudibles avec assez de bruits. Il faut qu’ils soignent leur musique. Qu'ils sachent faire la part des choses. Un Dj, c’est celui qui est assis derrière une platine. David Gotta en est un, en Europe. Mais il est multimillionnaire. Si le Dj devient chanteur, qui est-ce qui jouera la musique dans les maquis, lors des anniversaires, dans les boîtes de nuit, etc. Qu’ils s'appliquent dans la pratique de leur métier de DJ, c’est tout ! La musique n’est pas un désordre, nos enfants ont besoin d’éducation.

Quel regard portez-vous sur le bilan, à mi-parcours, du nouveau locataire du Burida?

Je l’encourage déjà. Gadji Celi et Michel Barouan sont dans un moule où il y a eu de nombreux soubresauts. Ils sont arrivés et sont en train de mettre de l’ordre dans la maison. Il faut plutôt attendre au terme des trois ans. Aujourd’hui, il faut saluer le travail de relookage qui a été fait, même si dans les caisses, il n’y a rien. Je pense que c’est à saluer. Mais qu’ils sachent qu’on attend beaucoup d’eux.

Est-ce qu’il ne faut pas craindre des détournements de fonds ?

Celui qui pose un acte répréhensible, subit. On vous a confié la maison Burida, c’est pour travailler, aider à l’amélioration des conditions de vie des artistes ivoiriens. On ne confie pas une activité à quelqu’un dont on doute de ses compétences ? Dès l’instant que tu dérapes, il faut assumer les conséquences. On a un problème. On ne respecte rien. Il faut que les Ivoiriens, que nous sommes, changent de mentalité. Il faut qu'on accepte ‘’le principe des lois’’.

Quel est votre message au nouveau Président de la République de Côte d’Ivoire ?
Le nouveau président est considéré comme le chef de famille. J’estime qu’il servira de bon exemple pour notre éducation.

Réalisée par Nathalie Kassi


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