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Politique Publié le jeudi 30 décembre 2010 | Le Patriote

Médiation de la CEDEAO - L’option militaire toujours de mise, après les fêtes de fin d’année

Manier la carotte et le bâton. C’est la stratégie que la CEDEAO a décidé d’utiliser pour faire plier Laurent Gbagbo. L’organisation sous-régionale n’a pas renoncé, contrairement à ce que le ministre capverdien des Affaires étrangères a laissé entendre hier, à propos de l’option militaire dans la résolution de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire. Les chefs d’Etat de la CEDEAO ont décidé de donner toutes les chances à la diplomatie avant l’usage de la « force légitime ». Devant l’insistance de certains chefs d’Etat de la sous-région d’accorder une dernière chance à Laurent Gbagbo, les présidents Yayi Boni du Bénin, Ernest Koroma de la Sierra Leone et Pedro Pires du Cap Vert, réputés proches de l’ancien chef de l’Etat ivoirien, ont été mandatés pour l’amener à quitter de façon pacifique le pouvoir. Les émissaires de la CEDEAO ont, depuis le mardi dernier, entamé la médiation avec Laurent Gbagbo. Des propositions lui ont été faites pour son départ du palais présidentiel. Le président Gbagbo a demandé, avec l’accord du président élu de Côte d’Ivoire, un petit temps de réflexion pour donner sa réponse. Au départ, il avait été convenu 48 heures comme délai. Mais finalement, les médiateurs de la CEDEAO et le patron de la refondation se sont mis d’accord de recueillir la réponse de leur hôte après les fêtes de fin d’année. Histoire de permettre aux Ivoiriens de fêter dans la quiétude. C’est la raison pour laquelle, le prochain rendez-vous des envoyés de la CEDEAO avec Laurent Gbagbo a été fixé pour le 3 janvier prochain. Curieusement, certains ont vu en cette « doléance » une reculade de la CEDEAO. C’est le cas du Président capverdien dont plusieurs sources diplomatiques disent qu’il torpille la médiation de la CEDEAO pour donner du temps à Gbagbo. Le communiqué de son ministre des affaires étrangères, disant que « option militaire est écartée », a jeté le trouble dans les esprits. Il n’en est rien. L’option militaire est toujours à l’ordre du jour. A preuve, les chefs d’état-major de la CEDEAO se sont réunis mardi et mercredi à Abuja pour décider des modalités pratiques d’une éventuelle intervention militaire en Côte d’Ivoire au cas où la voie diplomatique échouerait. 2000 à 3000 soldats sont prévus pour l’opération. Le président Barack Obama qui suit de près le dossier, a déclaré, hier, par le biais du département d’Etat, que les Etats-Unis sont prêts à appuyer au plan logistique la force de la CEDEAO. Il en est de même pour les pays de l’Union européenne. Déjà des navires de guerre de grandes puissances mondiales sont en direction des côtes ivoiriennes. Ils seront rejoints, dans quelques jours par un navire ravitailleur de la marine néerlandaise, en soutien aux bateaux français aux environs de la fin de l’année, a annoncé le ministère néerlandais de la Défense. « L’Amsterdam » avec un équipage de 172 hommes, qui revenait d’une mission anti-piraterie, a été rerouté vers la Côte d’Ivoire. Certainement, après la carotte, la CEDEAO n’hésitera pas à utiliser le bâton si nécessaire. Surtout que l’opération des Casques blancs a déjà toute la bénédiction du dépositaire de la politique du « big stick », le président Barack Obama. Il y a fort à parier : le retour du bâton risque d’être douloureux pour Laurent Gbagbo, le cas échéant. C’est à lui de le comprendre, dès maintenant, et de retirer tranquillement avant qu’il ne soit trop tard.
Jean-Claude Coulibaly

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