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Politique Publié le mardi 4 janvier 2011 | L’intelligent d’Abidjan

Chronique diplomatique - La Cedeao selon moi

Il y a quelques jours, le chef de l’Etat du Nigeria, Goodluck Jonathan surprenait le monde diplomatique et politique de la région ouest-Africaine, en choisissant la Cedeao, comme une ‘’arme’’ de guerre contre la Côte d’Ivoire. Mais, tout de suite, il ne fallait donner à la ‘’décision’’ de Goodluck Jonathan, l’importance qu’il méritait. Je crois tout simplement que le Chef de l’Etat du Nigeria ne connaît pas suffisamment la Cedeao, et la déclaration de Goodluck Jonathan m’est apparue comme celle d’une personne peu humble. Si besoin est, je vais expliquer la Cedeao à Goodluck Jonathan, dans un choix des actions, et principes de l’organisation ouest-africaine. La Cedeao a été créée en 1975 par Félix Houphouët-Boigny. Je dis bien par Félix Houphouët-Boigny. Et, à la création de la Cedeao, il n’y avait pas de contradictions, et diverses interprétations de la charte. Avec le Nigérien, Seyni Kountché, le Guinéen Ahmed Sékou Touré, le Malien Moussa Traoré, le général Kotoka du Ghana, le voltaïque San Goulé Lamizana, Williams Tolbert du Libéria, tous autour de Félix Houphouët-Boigny, la Cedeao, avait une seule lecture pour la région Ouest-africaine : la possibilité à chaque Etat de la Cedeao d’avoir des forces économiques, compatibles avec la démocratie, mais avec le respect de la souveraineté de chaque Etat membre de la Cedeao. Sans oublier la circulation des personnes et des biens. Elle a un rôle tout simplement économique, avec un regard lumineux de régulation sur les évènements politiques, dans la région ouest-africaine. Et quand les ‘’choses’’ tournent mal entre deux Etats, la Cedeao est là pour l’interposition, et calmer les deux Etats en conflit. Je dis bien, deux Etats membres de la Cedeao en conflit. C’est dans ce cadre précis, que la Cedeao a vu le jour en 1975. Félix Houphouët-Boigny, fondateur de la Cedeao, soucieux de la stabilité de la région Ouest-africaine, aura la bonne idée d’offrir le siège de la Cedeao au Nigeria, en souvenir de son ami Sir Abubakar Tafawa Blewa, à l’époque Premier ministre Fédéral de l’Etat du Nigeria, tué en 1966 par un coup d’Etat militaire. A mon avis, Goodluck Jonathan mérite cet éclairage, et un autre geste plus utile de la diplomatie ivoirienne. Le Nigeria profite du plus grand avantage économique de la Cedeao. Le raffinage du pétrole nigérian à la Société ivoirienne de raffinage à Abidjan. Tout est dit. Mais, je crois que Goodluck Jonathan connaît très peu le fonctionnement de la Cedeao. Sinon la Cedeao, n’appartient pas au Nigéria. Il y a 15 Etats souverains. C’est pourquoi, à mon avis, Goodluck Jonathan, a fait, il y a quelques jours, une catastrophique erreur de politique étrangère, dans le cadre de la Cedeao. Une véritable insurrection diplomatique contre la Côte d’Ivoire, un Etat membre de la Cedeao inquiétant. Peut-être Goodluck Jonathan, ne sait pas que la Côte d’Ivoire, abrite à elle seule, 7 millions de ressortissants ouest-africain. Le Nigéria a-t-il le tempérament d’accueil ? Dans les années 1980, le Nigeria avait expulsé 300 mille ‘’étrangers’’ ouest-africains, de Lagos, Calabar, Ibadan, Enugu, Kaduna. A l’analyse, Goodluck Jonathan manque d’expérience diplomatique, et politique. A quatre mois des élections au Nigeria, Goodluck Jonathan doit soigner son image d’homme d’Etat, achever correctement le reste du mandat présidentiel de Umaru Yaradua, et se faire élire légalement et légitiment président du Nigeria. Goodluck Jonathan sait que le Nigeria est une puissance économique pétrolière à valoriser. En toute sincérité, Goodluck Jonathan, doit faire attention à Abdoulaye Wade, Blaise Compaoré, qui font du porte-à-porte diplomatique, quand leur réputation démocratique devient douteuse à Dakar et à Ouagadougou. Je conseille à Goodluck Jonathan de s’éloigner des informations et renseignements frelatés, qui peuvent faire perdre à Goodluck Jonathan lui-même, le contrôle de son propre pays, le Nigéria, dont les forces de la Rébellion, dans la région du Delta, sont alimentées par la France, et les Etats Unis, ses propres amis Américains du Wall Street et Fransçais de l’Elysée. Peut-être qu’à ses moments difficiles, le Nigéria aura besoin d’un facilitateur. Mais, je ne conseillerai pas le Burkinabé Blaise Compaoré, le plus connu en Afrique de l’Ouest… et à la Cedeao.
Par Ben Ismaël
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