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Politique Publié le samedi 8 janvier 2011 | Soir Info

Interview avec... Kouadio Konan Bertin: « Ouattara sera effectivement au palais avant la fin de ce mois »

Kouadio Konan Bertin dit KKB est le président de la jeunesse du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (Pdci), d'Henri Konan Bédié. Depuis l'hôtel du golf, où il s'est retranché avec la haute direction du Rhdp, KKB s'est, au cours de cet entretien téléphonique, prononcé sur l'actualité politique et a invité l'armée ivoirienne à se mettre à la disposition d'Alassane Ouattara.

Alassane Ouattara a annoncé qu'avant la fin du mois de janvier, Laurent Gbagbo va quitter le palais, partagez vous cette conviction?

KKB: Alassane Ouattara est dans son droit en disant que d'ici la fin du mois Gbagbo doit partir et il prendra effectivement fonction au palais présidentiel. Voilà quelqu'un qui a été élu dans son propre pays par des Ivoiriens à plus de 54% et qui est confiné au Golf hôtel depuis plus d'un mois. La situation a duré, je voudrais le rappeler aux Ivoiriens, parce que, tout simplement Alassane Ouattara en bon houphouëtiste a choisi de préserver la vie des Ivoiriens. C'est pourquoi il n'est pas allé de front s'attaquer à Laurent Gbagbo, en privilégiant le dialogue. Ça traine et ça ne peut pas continuer éternellement puisque la Côte d'Ivoire a complètement arrêté de fonctionner. Les Ivoiriens ne savent plus à quel saint se vouer, après avoir voté massivement un des leurs, dans un jeu démocratique, le pays ne peut pas rester éternellement bloqué. Alassane Ouattara est dans son droit et nous partirons avec lui prendre fonction au palais
présidentiel pour mettre fin aux souffrances des Ivoiriens.

Pensez-vous qu'il en a les moyens?

KKB: Nous le pensons. La situation qui prévaut, vous la connaissez, est que nous avons été à des élections présidentielles, un premier tour de ces élections a eu lieu, sécurisé par les Forces de défense nationales. Un second tour de ces mêmes élections a eu lieu, sécurisé par les mêmes forces de défense nationales. Curieusement un candidat gagne les élections de façon propre, claire et nos forces de défense choisissent de ne pas défendre la position clairement exprimée des Ivoiriens. Voilà d'où vient le blocage. On dit qu'Alassane Ouattara n'est pas patriote, il n'est pas Ivoirien, il n'aime pas les Ivoiriens c'est pourquoi il demande l'intervention des forces extérieures. Mais quand les forces nationales, sensées protéger la République et la démocratie, refusent de dire la vérité, de soutenir la démocratie, de défendre la volonté du peuple, dites-moi, sur quelles autres forces, Alassane Ouattara, élu par des
Ivoiriens, compte pour s'installer au palais et défendre ainsi la position des Ivoiriens? Heureusement que le droit international a prévu dans ce cas de figure un scénario qui veut que les forces extérieures de l'Onu, la communauté internationale, la Cedeao (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest, ndlr) viennent rétablir la démocratie.

Comment expliquez-vous l'échec des journées villes mortes?

KKB: Pas que cela n'a pas marché. A l'intérieur du pays les choses ont bien fonctionné. Vous savez que la démocratie prévoit à partir du moment où vous voulez revendiquer, des marches qui sont des manifestations de la démocratie. Gbagbo Laurent a marché dans ce pays tout le temps qu'il a voulu. Depuis que le Rhdp (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix, ndlr) a tenté de marcher, ne serait-ce que pour réclamer sa victoire, comptez vous même les morts, on est allé jusqu'à tuer des gens dans leur domicile , les empêchant du coup de se réunir.

M. Ouattara a demandé qu'il y ait l'opération « pays mort » jusqu'à ce que Gbagbo quitte le pouvoir, apparemment cet appel n'a pas été entendu.

KKB: Ouattara a levé le mot d'ordre pour permettre aux Ivoiriens de fêter. Pour respecter la volonté des Ivoiriens de fêter nous avons dû lever le mot d'ordre mais qui va reprendre la semaine prochaine.

Alassane Ouattara a également appelé les fonctionnaires à ne pas travailler, à ne pas collaborer avec le gouvernement comme vous dites illégitime de M. Gbagbo et pourtant les fonctionnaires vont au travail.

KKB: Avez vous le sentiment que l'administration ivoirienne fonctionne correctement aujourd'hui? Je vais vous dire qu'elle est complètement paralysée. Si vous voulez, allez y vérifier, dans toutes les administrations, personne ne travaille dans ce pays. Les Ivoiriens vont dans leurs services faire leurs petites affaires et retournent à la maison, personne ne travaille. L' Administration est bloquée, elle ne fonctionne plus. Le privé ne fonctionne plus, rien ne fonctionne à Abidjan.

Selon le président Gbagbo, Choi et la communauté internationale veulent imposer aux Ivoiriens un président. Qu'en dites vous?

KKB: Cela participe du jeu de manipulation. M. Choi (représentant spécial du secrétaire général de l'Onu, ndlr) est venu dans ce pays par la volonté de Laurent Gbagbo lui-même en application des accords internationaux, des accords de Prétoria et de la résolution 765/2007 du conseil de sécurité des nations unies. Choi est venu dans ce pays pour certifier les élections à la demande de M. Gbagbo. C'est comme cela que M. Choi a certifié les audiences foraines, Gbagbo n'a rien dit, au contraire, il a accepté. Le même Choi a certifié la liste électorale provisoire, avec l'accord de Gbagbo. Le même Choi a certifié la liste électorale définitive, avec l'accord de Gbagbo. Le même Choi a certifé les résultats du premier tour du scrutin présidentiel, avec toujours l'accord de Gbagbo. D'où vient que le même Choi certifie les résultats définitifs du scrutin présidentiel et qu'on nous dit maintenant que c'est l'extérieur qui nous
impose un président?

Êtes- vous en train de dire que Choi est au dessus de la Constitution qui elle, stipule que c'est le Conseil constitutionnel qui proclame les résultats définitifs?

KKB: Où était la Constitution lorsque Choi certifiait les audiences foraines? Où était notre Constitution quand Choi certifiait la liste provisoire, la liste définitive, où était cette Constitution? Pourquoi subitement on nous la brandit? Il faut qu'on arrête cela. Le peuple ivoirien est mature, il est mûr désormais. C'est de la manipulation au quotidien. La Constitution elle-même dit quoi? Le peuple ivoirien est au dessus de la Constitution. Et ce peuple a clairement voté pour Alassane Ouattara et vous le savez. Je dis que c'est la manipulation de la Constitution ivoirienne. Paul Yao N'Dré n'a pas dit le droit.

Les ambassadeurs du Canada et de Grande-Bretagne ont été révoqués par le président Gbagbo, un commentaire?

KKB: M.Laurent Gbagbo est l'ancien chef de l'Etat, il n'a pas pouvoir de révoquer un ambassadeur. Il revient à M. Alassane Ouattara, président élu de révoquer un ambassadeur. Donc la décision de Gbagbo est nulle et de nul effet.

Il y a quelques jours, les forces de l'ordre ont fait une descente sur le siège du Pdci, à Cocody, que s'est-il passé?

KKB: Il y a quelques jours, pour appeler les choses par leurs noms, le Fpi et Laurent Gbagbo ont fait tuer des gens au sein de la maison du Pdci, la maison du parti de Félix Houphouët Boigny à qui Gbagbo prétend ressembler. Je voudrais dire, pour mémoire, pour les historiens sans mémoire, que le siège du Pdci n'a jamais été un lieu de cache d'armes. Le siège du Pdci est un haut lieu de paix.

On a pourtant évoqué la présence d'infiltrés.

KKB: Il n'y a jamais eu d'infiltrés. La maison du Pdci est elle un lieu public pour qu'on parle d'ordre public? Notre siège fait l'objet d'attaques répétées. Au vu et au su de la Police nationale, les jeunes de la Fesci (Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire, ndlr) agressent régulièrement notre siège. Nos militants se sont levés, volontairement pour aller veiller sur le siège de leur parti. Quel crime y a-t-il à cela? Et, ils sont la-bas les mains nues. S'ils avaient été la-bas avec des armes, ils auraient répliqué. On ne trouve jamais des armes au siège du Pdci-rda.

Avez-vous les nouvelles des personnes qui y ont été interpellées?

KKB: Ce que je peux dire, c'est que le sang a coulé dans cette maison du Pdci-rda. C'est vrai que depuis 10 ans que Gbagbo est au pouvoir le sang des Ivoiriens coule, mais ce sang qui a coulé dans la maison du Pdci est de trop. Dans les très prochains jours, la colère d'Houphouët va s'abattre sur Gbagbo. Plus d'une centaine de personnes qui ont été mises aux arrêts se trouvent à la préfecture de Police et dont nous n'avons aucune nouvelle pour l'instant, mais nous suivons cette affaire de près.

Parlant du Pdci, récemment, des jeunes de votre parti ont fait allégeance à Laurent Gbagbo. Atsé Jean Claude, président du Forum des jeunes du Pdci a laissé entendre qu'il fallait libérer le président Bédié du golf, quel commentaire?

KKB: Je n'en est aucun. (…) Pour vous aider, Atsé dont vous parlez ne s'est jamais reconnu en moi. Il ne s'est jamais réclamé de moi, n'a jamais reconnu mon autorité, il n' a jamais dépendu de moi. A la limite, je vous conseillerai d'interroger directement le ministre Maurice Kacou Guikahuié qui est son parrain attitré, peut être que lui pourra vous en dire plus. Peut être qu'ils sont en complicité. Les jeunes du Pdci sont en ordre de bataille derrière M. Bédié. M. Henri Konan Bédié se sent bien à l'hôtel du golf. Il est venu de lui-même, personne ne l'a obligé. Vous savez que le président Bédié fait partie de ceux qui ont créé le Rhdp. Le Rhdp avait prévu longtemps avant le second tour que celui qui viendrait au second tour aurait le soutien des autres. Bédié en l'écrivant n'a pas pensé que Ouattara viendrait au second tour. Ouattara est venu au second tour, Bédié est un homme de parole, un responsable. Et bien, il
applique ce qu'il dit. Voilà comment Bédié a aidé à faire élire Alassane. Maintenant si Ouattara rencontre des difficultés en chemin, ce n'est pas à Bédié de se désolidariser. Bédié soutient Ouattara et nous sommes derrière lui jusqu'à ce qu'il arrive au palais. Tous les jeunes du Pdci sont en ordre de bataille. Aucun n'a trahi. Tous ceux qui étaient ailleurs, sont les jeunes des autres partis.

Comment va le président Bédié et quel est son état d'esprit actuellement ?

KKB: Le président Bédié va très bien. Moralement il est solide, psychologiquement il est solide et puis physiquement il se porte bien.

Qu'en est-il pour l'entourage de M. Ouattara?

KKB: Tout va très bien. Vous avez des cadres compétents autour de M. Ouattara, moralement solides et déterminés qui ont foi, qui ont un idéal, qui sont convaincus qu'ils ont les solutions aux problèmes des Ivoiriens.

Continuez-vous comme on l'annonce d'enregistrer des ralliements au niveau de l'armée?

KKB: Oui, croyez moi. On y va avec tact, avec méthode, parce que notre ambition est de faire en sorte que les militaires ivoiriens ne s'affrontent pas entre eux. Voilà la preuve suffisante qu'Alassane aime ce pays. Nous faisons les choses de telle sorte que cela ne débouche pas sur des querelles internes au sein de l'armée.

M.Blé Goudé n'a pas renoncé à marcher sur l'hôtel du golf. N'avez vous pas de craintes?
KKB: On l'attend. Cela a été une de mes prières souvenez-vous. Je lui ai même dis que pour la première fois, je le soutiens dans une de ses actions et je l'ai prié pour qu'il ne renonce pas à cette idée, en souhaitant qu'il soit cette fois-ci au devant de la marche. Non pas les enfants des autres au devant de cette marche. Je souhaite qu'il vienne et si c'est encore d'actualité, ce serait une bonne chose. Je souhaite que Blé Goudé mette à exécution son projet, nous sommes ici, nous l'attendons. Le jour où il prendra la décision de venir ici, il viendra avec les nôtres. Parce que de la même manière ils viendront déloger, agresser nos leaders, nos jeunes sur l'ensemble du territoire viendront protéger leurs leaders. Ce sera un bon cocktail, ce sera un bon rendez-vous. Peut être que cela va aider à aller plus vite sur le chemin de la démocratie. Je voudrais pour conclure dire que, ce à quoi nous assistons dans ce pays est inédit.
Un des nôtres gagne et on refuse de lui reconnaître sa victoire. Ce n'est pas bien! C'est comme cela qu'on créé les frustrations dans les pays. L'instabilité s'installe à jamais. On ne peut pas bâtir une nation une et solide en créant de telles frustrations. Je souhaite par conséquent que notre armée qui est sensée protéger les Ivoiriens, donc leurs suffrages, se ravise le plus tôt possible en se mettant à la disposition de celui qui a gagné les élections pour que la Côte d'Ivoire redémarre, pour que les Ivoiriens respirent la santé.

Réalisée au téléphone par
Jonas BAIKEH
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