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Les preuves par le temps
Publié le lundi 10 janvier 2011   |  Le Nouveau Courier




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Déjà un mois! Un mois que Laurent Gbagbo a prêté serment au palais de présidence, suite à la proclamation de sa victoire par le Conseil Constitutionnel. Conscient que des 60 mois de son mandat, il ne lui" reste plus que" 59, son Premier Ministre Aké N'gbo s'atèlle au travail, dans la discrétion, mère du succès. Le Gouvernement est majoritairement composé de technocrates. La plupart des généraux du président de la République sont en arrière plan, sur le terrain politique. Les parkings semblent désormais partagés. Le gouvernement gouverne, avec un porte-parole qui répond au quart de tour, sans la cacophonie à laquelle la Côte d'Ivoire était abonnée depuis le 13 mars 2003, date de la formation du gouvernement Seydou Elimane Diarra. Depuis cette date "marcoussisante", tous les gouvernements de partis politiques, qui se sont succédés, se sont illustrés par l'absence de solidarité au niveau de l'action gouvernementale. Pis, la discipline n'a jamais été le point fort et la défiance à l'autorité du président de la République a constitué une arme de combat politique. Des populations ont été privées de services sociaux de base pour influencer négativement le bilan du régime. Ainsi, les résidents d'Angré ont souffert du manque d'eau. Mais au lendemain de la prise de fonction du ministre Ahoua Don Mello, de l'Equipement et de l'Assainissement, l'eau a commencé à couler à flot dans les robinets. Quels investissements ont pu être réalisés en moins d'une semaine pour obtenir ce résultat? Ce ministère ayant été tenu par le PDCI depuis toujours, ces ministres ont-ils retardé la mise en exploitation du château d'eau afin d'en tirer un bénéfice politique en cas de non réélection de Laurent Gbagbo? Ou même pour la non réélection de Laurent Gbagbo. Cela ne nous surprendrait pas, d'acteurs politiques que rien n'arrête sur la route du pouvoir.
Pour en revenir à la gestion de la crise postélectorale par le président de la République, il est lui-même monté au créneau, en multipliant les interviews à des chaînes de télévision étrangères. Car il sait que son adversaire au second tour de l'élection présidentielle, ne pèse que par ses soutiens extérieurs. S'il est peu probable pour lui de changer la position des gouvernants dont l'agenda est planifié depuis bien longtemps, il peut compter sur la bonne foi de leur opinion publique. Cette dernière comprend de mieux en mieux le problème Ouattara en Côte d'Ivoire, problème que l'on voudrait faire passer pour la solution. Constant dans sa "défense", Laurent Gbagbo est aidé par les faits, dominés par les fraudes massives et les preuves de brutalités en zone CNO au second tour de l'élection présidentielle. Ce n'est pas tant la fraude qui choque puisque Laurent Gbagbo s'y attendait, si l'on en croit son interview à "Jeune Afrique", quelques semaines avant le 1er tour. Mais c'est l'ampleur.
Sa proposition d'un "Comité d'Evaluation", pour en quelque sorte recompter les bulletins, fait son bonhomme de chemin, notamment auprès des médiateurs de haut niveau de la Cedeao qui ne sont pas restés insensibles à la pertinence des faits reprochés au camp Ouattara et qui constituent une grave menace pour la démocratie. Une Cedeao, ainsi mise en difficulté, par la précipitation de ses premières prises de position, qui ne résistent ni à l'épreuve du temps, ni à la réalité du terrain. Du coup, le camp Ouattara est réellement perturbé. Les soutiens de la rébellion ivoirienne ont été rendus possibles par une intense campagne de communication et de désinformation basée sur le mensonge et l'absence de réaction du camp Gbagbo. Obnubilé par le désarmement et la réunification du pays, ce camp a tout concédé tout en s'abstenant de polémiques susceptibles d'écorcher la rébellion, à commencer par le mot rébellion dès lors rayé du vocabulaire du pays. Au nom de la réconciliation et de la promesse de Laurent Gbagbo de laisser à son successeur un pays de 322.000km², la vérité était devenue le complexe et l'hypocrisie la règle d'or. Des Ivoiriens sont morts ou ont perdu leurs biens dans l'indifférence la plus totale. Par exemple, après avoir fait de Soro Guillaume son premier ministre Alassane Ouattara menace les fonctionnaires, tandis que les maisons des Ivoiriens continuent d'être occupées par les rebelles. Des cadres de Man qui ont eu l'outrecuidance d'avoir fait campagne pour Laurent Gbagbo ont vu leurs résidences pillées et incendiées.
La crise ivoirienne est une véritable université avec de nombreuses facultés. Celle de Théologie est la plus vivante, avec le tapis des prophéties que le temps déroule sous nos yeux. Et c'est tant mieux pour notre Foi.
Le temps, qui habituellement, efface les preuves, est devenu en Côte d'Ivoire leur catalyseur. Ici, c'est lui qui restitue les preuves, les met à nue, panse les plaies des victimes et confond les ennemis de l'amour. Alors, qui a dit que le temps n'était pas l'autre nom de Dieu? C'est parce que le temps est capable de faire tout cela, qu'il est l'autre nom de Dieu.

Par Sékou Assegoué Godpeace
fraternelleeburnie@yahoo.fr


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