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Politique

Raila Odinga pour la deuxième fois à Abidjan - La diplomatie peut-elle encore sauver Gbagbo ? - Tout sur les petits calculs du camp LMP
Publié le mercredi 12 janvier 2011   |  Le Mandat


Crise
© Reuters par DR
Lundi 3 janvier 2011. Abidjan. Photo: le président Gbagbo et le premier ministre Kenyan, Raila Odinga


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Un point d’honneur est toujours mis sur la diplomatie dans le règlement de la crise ivoirienne. A cet effet, les médiateurs passent et se succèdent pour essayer de raisonner Laurent Gbagbo qui se maintient illégalement au pouvoir depuis plus d’un mois. Raila Odinga, Premier ministre kenyan qui a été l’un des premiers hommes d’Etat africain à proposer une action militaire pour déloger Laurent Gbagbo, a été commis par l’UA en qualité de médiateur dans cette crise. Après un passage en Côte d’Ivoire, le 03 janvier dernier où il a accompagné une mission de la Cedeao composée de trois chefs d’Etat, Yayi Boni (Bénin), Pedro Pires (Cap-Vert) et Ernest Koroma (Sierra Leone) sans obtenir un départ pacifique de Gbagbo du pouvoir, Raila Odinga annonce pour une deuxième fois, son arrivée à Abidjan. Que peut donner cette énième médiation, quand Laurent Gbagbo lui-même a réaffirmé sa volonté de ne pas céder le pouvoir au Président élu, Alassane Ouattara sous aucun prétexte ? Cependant, cette démarche du Premier ministre kenyan, qui foulera le sol ivoirien avant la fin de la semaine, peut s’expliquer par le fait qu’il tient à sauver la vie des Ivoiriens et notamment celle de Laurent Gbagbo. Car, l’option militaire reste en vigueur et est en pleine préparation pour déloger Laurent Gbagbo, en cas de refus de céder le pouvoir pacifiquement. Si, pour l’Union Africaine, l’utilisation de la ‘’force légitime’’ demeure le dernier recours pour faire respecter la voix des urnes et permettre au Président élu, Alassane Ouattara, d’assurer pleinement son pouvoir, cette démarche d’Odinga vient confirmer le fait qu’il faut cependant épuiser totalement toutes les cartes de négociation. Raila Odinga, au cours d’une rencontre avec les diplomates la semaine dernière, à Nairobi, a révélé qu’au cours de sa dernière mission en Côte d’Ivoire, il avait supplié Laurent Gbagbo de céder ‘’le pouvoir pour sauver son pays’’. Mais, ce dernier est resté sourd à cet appel. L’ex-Président nigérian Olusegun Obasanjo, connaissant bien les acteurs de cette crise ivoirienne, est arrivé le samedi dernier à Abidjan pour apporter sa médiation. L’ex-numéro 1 nigérian a buté sur un Laurent Gbagbo intransigeant lorsqu’il s’est agi de céder le pouvoir. Ainsi, comme tous les autres médiateurs, Obasanjo est retourné bredouille. C’est dans ce ballet diplomatique, sans dénouement heureux, qui fait perdurer la crise, que le Premier ministre kenyan lève un coin de voile sur ses intentions de revenir en Côte d’Ivoire pour une seconde fois, afin d’éviter l’envoi pour obtenir un départ pacifique du chef des frontistes du pouvoir. Malgré la main tendue du Président élu, Alassane Ouattara de lui garantir une sécurité et le statut d’ancien chef d’Etat, Laurent Gbagbo refuse de céder. C’est à se demander si l’option diplomatique peut-elle encore sauver Laurent Gbagbo qui semble s’accrocher au pouvoir au risque de sa vie ?

Les calculs du camp Gbagbo
Dans le camp de LMP, on reste persuadé que cette crise se terminera par le maintien de Laurent Gbagbo au pouvoir. A cet effet, on y met tous les moyens en passant par la manipulation à travers les médias d’Etat et des calculs politiciens pour essayer de gagner du temps. Dans le cercle restreint des cerveaux du régime Gbagbo, gagner du temps, c’est éviter une intervention militaire comme promis pour déloger l’ex-Chef de l’Etat. Pour ce faire, l’objectif est de demeurer dans cette situation confuse et ambigüe durant cette année 2011 pour contraindre l’organisation Ouest Africaine de reléguer au second plan, le dossier ivoirien. Pour cela, il faut jouer sur le fait que l’année 2011 étant une année électorale pour plusieurs pays africains tels que le Nigéria (9 avril 2011), Bénin (Mars 2011). Cela, pensent-ils, empêchera une intervention militaire du fait que la force de la Cedeao pourrait être commise dans ces pays pour veiller à la bonne tenue des élections. Le dossier ivoirien n’étant plus une priorité, le camp de LMP espère à ce moment là que son mentor demeurera au pouvoir. Mieux, il pourra essayer de renverser la situation en proposant éventuellement pour une sortie de crise, un gouvernement d’union au pouvoir. Comme on pourrait le constater, ce sont de petits calculs politiciens qui ne pourraient en aucun cas freiner la volonté de la communauté internationale, la Cedeao et l’UA de voir Gbagbo quitter le pouvoir.

La dernière ligne droite
En effet, avant l’envoi d’une force militaire en Côte d’Ivoire, les organisations africaines impliquées dans la résolution de la crise ivoirienne essaient à travers leurs émissaires de sauver la situation pour une sortie de crise pacifique. A en croire le Président élu, Alassane Ouattara, les jours de Laurent Gbagbo sont désormais comptés. Car, selon le Président de la République de Côte d’Ivoire, tout se jouera avant la fin de ce mois de janvier. Donc, avant les premières élections en Afrique. De ce fait, il est évident que le camp Gbagbo ne pourra pas jouer à ce jeu de cache-cache plus longtemps. Tout est désormais entre les mains de M. Gbagbo qui devra donc choisir la manière dont il souhaite quitter le pouvoir. Car les dés sont déjà jetés. Et la communauté internationale, la Cedeao et l’UA ne comptent pas se dédire en ce qui concerne la résolution de la crise ivoirienne. C’est pratiquement la dernière ligne droite pour M. Gbagbo pour être enfin raisonnable. Espérons qu’il saura saisir la seconde médiation de Raila Odinga.
Lance Touré



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