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Politique

Intellectuels, hommes de Dieu, société civile : Pour la Côte d`Ivoire, réveillez-vous !
Publié le jeudi 13 janvier 2011   |  Le Patriote




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Qu'arrive t-il à notre pays où les citoyens ne savent plus interpréter leurs propres signes et perdent la signification de leurs propres symboles ? Qu'est en train de devenir notre cher pays, naguère considérée comme « la terre bénie de Dieu », où les valeurs cardinales de l'unité, de la fraternité, de la solidarité et de la paix ont constitué les vecteurs d'une grande réussite et une stabilité citées en exemple, dans un continent en proie aux pronunciamientos les plus dérisoires et aux proclamations des hommes en vareuse, qui n'ont pas hésité à faire irruption dans le débat politique ? Pourquoi depuis dix ans en Côte d'Ivoire, les intellectuels, les hommes de Dieu et les tenants de la société civile, regardent, les deux pieds dans la rivière de leurs intérêts, notre pays se consumer et aller allégrement au chaos, pratiquement en chantant ? Pourquoi dire la vérité est devenu un délit depuis dix ans, sous la conduite aveugle de Laurent Gbagbo ? On se perd en conjectures devant une société balafrée et défigurée par ses propres enfants ? Sommes-nous devenus soudainement des êtres amnésiques, sans mémoire, qui, à force de donner dans l'égocentrisme et le nombrilisme, ne voient pas le danger qui guette, au coin de la rue ? Autant de questions trempées dans l'ancre de l'angoisse et de l'anxiété qui se précisent à nous depuis les lendemains du second tour de l'élection présidentielle du dimanche 28 novembre 2010. Depuis, que de frayeur et de tourments ne vivent les Ivoiriens, par la faute, la méchanceté, la mauvaise foi et l'égoïste d'un seul homme. Laurent Gbagbo ! Un mauvais perdant, un antidémocrate, arc-bouté à des considérations passéistes, surannées et de mauvais aloi, a choisi de mettre en péril la vie de la nation, par sa volonté de confiscation des rênes d'un pouvoir qu'il a perdu dans les urnes. C'est donc cet homme, sorte d'anti-Lumumba et vrai Idi Amin Dada, Pol pot et Hissène Habré, qui s'accroche envers et contre tous à un fauteuil qui n'est plus le sien. Depuis plus d'un mois, le présent et l'avenir ne sont pas rassurants pour nos compatriotes, qui se réveillent tous les matins, avec les décomptes macabres des organisations des droits de l'homme et les entraves à la vérité orchestrées par une télévision sectaire, partiale et partisane, semblable à la radio mille collines qui a planifié le génocide rwandais. A l'instar des ordures qui empestent le quotidien des Ivoiriens, les morts qui jonchent nos rues et nos morgues sont légions. Face à la folie meurtrière d'un homme seul, devant la frénésie des outrages et outrances, « le silence des agneaux » observé par l'intelligentsia, le clergé chrétien et musulman et la société dite civile, inquiète, déroute et assomme. Pourquoi les hommes de Dieu, qui nous enseigne chaque jour de dire la vérité et « d'aimer notre prochain comme nous-mêmes », se taisent-ils ? Pourquoi feignent de ne rien voir, de ne rien entendre et refuse de parler, comme les singes de la gravure ? Pourquoi entreprennent-ils de trouver une autre signification à la vérité ? Pourquoi nos guides religieux qui doivent nous indiquer la conduite à tenir, n'ont pas le courage de dire à Laurent Gbagbo qu'il a perdu l'élection présidentielle, qu'il n'est pas le choix de la majorité des Ivoiriens ? Pourquoi préfèrent-ils, pour la plupart, aller à la soupe populaire, adoptant la politique de l'autruche face aux tourments des populations. Ne voient-ils pas la soldatesque à la solde de l'ancien président vaincu, extraire de pauvres citoyens dans leur domicile, pour les faire passer de vie à trépas ? Ne savent-ils pas que depuis un mois, plus de 200 personnes sont tombés sous les balles assassines des tueurs de l'ancien régime ? Ne savent-ils pas que Laurent Gbagbo a fait venir des mercenaires du Liberia pour tuer ses concitoyens ? Ne voient- ils pas que toutes les victimes sont triés sur le volet ethnique et appartiennent toutes aux groupes Malinké et Akan ? Et que ceux qu'on assassine ont le tort de porter les patronymes Bamba, Koné, Doumbia, Traoré, Koffi, Kouakou, Kouamé…. ? Nos guides religieux n'ont-ils pas entendu les complaintes de la famille Diabaté, sans nouvelle de leur rejeton, Diabaté Mamadou, depuis octobre 2010 ? Ou encore de Serifou Matila dont la famille a été menacée Yopougon au lendemain des exactions qui ont suivi le second tour de la présidentielle ? Pourquoi nos religieux qui s'insurgent contre la communauté internationale, ne crachent-ils pas leurs vérités au mauvais perdant, Laurent Gbagbo, en l'invitant à partir du pouvoir ? Ou bien, sont-ce les espèces sonnantes et trébuchantes qu'ils ont reçues qui obstrue leur visibilité, au point de remettre en cause les principes de vérité, de droiture qui doivent guider leur mission?
Quand aux intellectuels, on se demande s'il en existe encore sur notre territoire. Devant la tragédie programmée, ils se terrent, s'ils n'errent pas carrément, englués dans des calculs mesquins et réducteurs. Pourquoi les Ouraga Obou, Séri Bailly et bien d'autres savants de gauche, de droite, n'empruntent-ils au courage et à l'honnêteté d'un grand homme comme Francis Wodié, qui s'est levé pour dire non à l'imposture, à la forfaiture Gbagbo, avant de se ranger dans le camp du Président élu, Alassane Ouattara ? Qu'est- ce qui empêche nos académiciens de l'ASCAD à sortir de leur mutisme pour remonter les bretelles à Gbagbo ? Pourquoi se taisent-ils ? Qu'on t-ils perçu pour renoncer ainsi à l'éthique et à la morale qui fondent leur rôle de penseurs et d'éveilleurs des consciences. Ces taons qui nous empêchent de tourner en rond ? N'ont-ils pas compris avec le philosophe Ahmadou Hampaté Bah qui disait à juste titre qu' « entre ma vérité et ta vérité, il y a la Vérité » ? Honte et déshonneur pour nos intellectuels qui se complaisent dans le silence approbateur, lâche, pitoyable, et qui refusent de suivre les traces d'un Wolé Soyinka qui a toujours pris position pour les peuples en proie aux errements et hérésies des dictatures. Un homme de droiture qui met son savoir et sa science au service des opprimés. Ou encore, comme un Ken Saro Wiwa, qui s'est sacrifié pour la survie du peuple Ogoni du Nigeria. C'est vrai, nos intellectuels sont tellement englués dans les voies de compromission qu'ils ne peuvent plus réfléchir, s'ils ne sont pas atteints de cécité et de ménopause. Que dire encore de la société civile ? Durant cette crise, elle s'est révélée plus politique que les hommes politiques, avec ses déclarations indéchiffrables, à la lisière de la langue de bois et du clair-obscur dégoutant et dégoulinant de partialité. Mieux vaut sans doute se taire, plutôt que de donner dans le verbiage creux qui n'apporte rien au débat et dont Laurent Gbagbo ne s'en fout pas mal. Vous de la convention de la société civile, pourquoi aimez- vous tant ergoter et pinailler, alors qu'il s'agit purement et simplement de dire à Gbagbo qu'il a perdu et qu'il doit rendre le tablier.
Il faut le dire sans sourciller. Depuis dix ans, la vérité est devenue un délit en Côte d'Ivoire. Et ce sont ceux qui mettent qui sont présentés comme les hommes vertueux. Une société qui va à la renverse et qui ne fait rien pour sauver la situation. Agré, Kutwa, Koudouss, Barthélemy Kotchi, Jacqueline Oble, Ouraga Obou, N'gouan Patrice …, ne vous mettez pas dans une posture de victimaires. Quittez les sentiers battus du mutisme et du mensonge, pour dire la vérité sur le second tour de la Présidentielle. Vous savez très bien que le despote Gbagbo a perdu devant Alassane Ouattara et qu'il doit quitter le pouvoir. Si vous ne le faites pas, si vous contempler les étoiles du ciel pendant que sur terre, vos compatriotes subissent la barbarie d'un mauvais perdant, vous serez rangés dans la longue liste des gens qui ont regardé mourir le peuple, sans mot dire et sans maudire le despote mal éclairé et sans éclairage. Pendant qu'il est encore temps, sortez de votre profond sommeil, qui a tout l'air d'un coma volontaire, pour aider à neutraliser un solitaire qui a choisi de mettre en mal l'unité nationale.

Bakary Nimaga


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