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Crise post-électorale - Ces Français qui soutiennent Laurent Gbagbo
Publié le vendredi 14 janvier 2011   |  L'Inter




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Dans l'orbite du clan Gbagbo gravite une cohorte de Français. Visite guidée de cette Légion blanche, galaxie insolite et disparate, qui s'étend de la gauche du PS à la droite de la droite.

Etrange tribu. Au sein de la cohorte des zélateurs français de l'Ivoirien Laurent Gbagbo, le gardien du dogme socialiste côtoie le dandy mitterrandien, l'ancien néo-fasciste ou le souverainiste sarkophobe. On retrouve dans cette garde blanche l'ami à la fidélité aveugle, le vieil avocat narcissique tenaillé par la soif d'exister encore, le tiers-mondiste aussi cabotin que dévoyé, quelques orphelins inconsolés de Jacques Foccart, marabout africain de l'ère gaulliste, un ex-ambassadeur et une poignée d'affairistes. Le breuvage favori de cette troupe disparate ? Un cocktail fait de culpabilité coloniale, de cupidité et d'anti-américanisme, voire d'islamophobie, le tout relevé dans certains cas de cupidité pure et simple.
Face à son vainqueur, le très libéral musulman dioula Alassane Ouattara, relégué au rang de "candidat de l'étranger", le socialiste repenti Gbagbo serait ainsi le meilleur garant des intérêts de l'Occident. A commencer par ceux d'une France dont il flétrit les sombres desseins mais aura cajolé au gré de contrats dorés sur tranche les capitaines d'industrie, tels Vincent Bolloré et Martin Bouygues, très en cour à l'Elysée. Héraut de la lutte pour l'indépendance authentique, Gbagbo offre une cure de jouvence aux vétérans de la Françafrique. Si tel juriste invoque l'argument de la fraude électorale ou dégaine les arguties institutionnelles, notre galaxie est peuplée d'adeptes de la théorie du complot. Haro sur la conspiration impérialiste orchestrée par les Etats-Unis, avides de bouter la France hors du pays des Eléphants...

Roland Dumas et Jacques Vergès, le retour des chevaux de retour
"Trente ans de droit, tout le reste de travers." La formule de Coluche sied à merveille au tandem d'octogénaires accourus fin décembre à Abidjan. Ni le ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand, ni "l'avocat du diable" ne font figure de néophytes sur l'échiquier ivoirien. Lorsque Gbagbo envisage de poursuivre l'armée française pour la répression meurtrière par la force Licorne d'émeutes survenues à Abidjan en novembre 2004, il recrute à grand frais Dumas pour une "consultation juridique" dont il n'a nul besoin. Pied de nez à Paris et investissement avisé: cinq ans plus tard, le chef d'Etat sortant peut miser sur le zèle de celui qui présida le Conseil constitutionnel, aïeul français de l'instance aux ordres à laquelle il doit son triomphe imaginaire. On notera au passage que le plaideur friand de mocassins Berlutti cède volontiers à la complotite: il doute à voix haute de la "version officielle" des attentats du 11 septembre, et déplore la "cabale" ourdie contre l'amer humoriste Dieudonné; en 2006, on le vit ainsi poser dans les coulisses d'un gala de l'ex-comparse d'Elie Semoun au côté de Bruno Gollnish et de Jany Le Pen. Sur un registre moins sulfureux, l'ex-député de la Dordogne gratifia de lettres de recommandation l'avocat Louis Alliot, ancien secrétaire général du Front national, compagnon et bras droit de Marine Le Pen.
En bateleur madré épris de provoc', Jacques Vergès s'efforce de faire vibrer la corde de l'anticolonialisme. Corde élimée et distendue au grès de maints combats douteux. Celui qui défendit Klaus Barbie, le terroriste Carlos, le Khmer rouge sang Khieu Samphan ou le "duce" serbe Slobodan Milosevic, doit une partie de sa fortune au syndicat des satrapes africains. Citons le dictateur Malien Moussa Traoré, le défunt Togolais Gnassingbé Eyadéma, alors visé par un rapport accablant d'Amnesty International, le Centrafricain François Bozizé, le Camerounais Paul Biya ou le trio formé par Omar Bongo (Gabon), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et Idriss Déby (Tchad), lorsqu'ils assignèrent en diffamation François-Xavier Vershave, auteur d'un essai accusateur intitulé "Noir Silence". Souple d'échine, Vergès fut un temps le conseil d'un certain Ouattara, au temps où celui-ci bataillait pour que fut reconnue sa citoyenneté ivoirienne... En 2006, le pionnier de la "défense en rupture" commit à la demande du clan Gbagbo, et moyennant de copieux droits d'auteur, un bref opuscule -85 pages amplement illustrées- dénonçant les "massacres" imputés à la rébellion nordiste. Procès fondé s'agissant des exactions commises à Bouaké, fief des insurgés; mais hasardeux quant aux tueries survenues dans le sud-ouest.

Guy Labertit, le s'il-n'en-reste-qu'un
Délégué national pour l'Afrique du Parti socialiste jusqu'en 2006, cet ancien prof d'espagnol escorterait en enfer le "camarade Laurent", auquel le lie une amitié inoxydable, forgée à l'époque où il hébergea dans son 3-pièces de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) le turbulent gauchiste contraint à l'exil par Félix Houphouët-Boigny, autocrate francophile. Parmi les inconditionnels, avant tout guidés par la loyauté, sinon par une forme d'idéalisme, on peut encore ranger le professeur de droit public Albert Bourgi, frère distant de Robert, l'émissaire officieux de l'Elysée sur le continent. Ou le député PS-canal historique des Landes Henri Emmanuelli, surnommé le "jumeau blanc" de Laurent pour avoir comme lui vu le jour le 31 mai 1945.

Jean-François Probst, le bateleur foccartien
Pieux disciple de Jacques Foccart jadis initié à l'Afrique en Côte d'Ivoire, l'ancien maire de Bois-Colombes (Hauts-de-Seine) a mis sa gouaille, son culot et son sens des réseaux au service de Jacques Chirac, de Michèle Alliot-Marie, puis de Jean Tiberi, mais aussi de divers despotes subtropicaux. C'est notamment sur les ondes de Kernews FM, radio basée à La Baule, que ce "consultant international" martèle un plaidoyer fondé sur l'exécration du "machin" onusien, le péril chinois, le danger islamiste et les méfaits d'une CIA supposée téléguider Ouattara.

Bernard Houdin, le « facho » reconverti
Le passé de ce lobbyiste fervent, enclin à harceler courtoisement les rédactions parisiennes, mérite le détour. Conseiller spécial de Laurent Gbagbo pour l'Environnement et la Salubrité, il accéda dans une vie antérieure -en novembre 1972- à la direction du Groupe union défense, ou Gud, phalange estudiantine d'extrême-droite. A l'en croire, rien ne menace davantage la terre de son enfance que le péril cosmopolite, évidemment incarné à ses yeux par Ouattara. Ce mercredi 12 janvier, on le croisait encore dans le hall de l'hôtel Pullman d'Abidjan: il s'apprêtait à filer vers l'aéroport pour regagner le front hexagonal, au terme d'un séjour-éclair passé pour l'essentiel dans les antichambres de la présidence.
D'autres indices attestent cette déroutante parenté entre l'extrême-droite et Gbagbo l'intransigeant. Le 18 décembre, des Ivoiriens de France acquis à sa cause ont défilé à Paris, place de la République, sous une banderole ainsi libellée: "Un seul peuple, une seule Nation, un seul Guide". Ce qui, dans la langue de Goethe et de Goebbels, donne "Ein Volk, ein Reich, ein Führer."
Conseiller à la communication de Jean-Marie Le Pen de 1984 à 1994, Lorrain de Saint-Affrique fraya un temps dans l'entourage de "Laurent." Quant au site web de la présidence ivoirienne, il fut en partie conçu par Samuel Maréchal, gendre du "menhir" de la Trinité-sur-Mer. A l'insu, paraît-il, du grand chef. Parmi les apôtres de ce dernier, l'avocat Marcel Ceccaldi, naguère conseiller juridique du FN auprès de Marine. Est-ce le fait du hasard si celle-ci "juge sévèrement la précipitation" avec laquelle Nicolas Sarkozy reconnut la victoire de son ami Ouattara?
Autre intermittent du spectacle, Philippe Evanno, ancien délégué général de la très droitière Union nationale inter-universitaire (Uni), syndicat étudiant fondé à l'initiative de Foccart afin de contrecarrer la subversion soixante-huitarde. S'il préside un Institut de prospective africaine, Evanno s'illustra dans une tentative rocambolesque de libération des journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot, otages en Irak. Avec, déjà, le concours de Gbagbo. "Cerveau" de cette équipée, le député UMP de Seine-et-Marne Didier Julia. Lequel dénonce aujourd'hui, au nom de l'intégrisme gaulliste, la posture adoptée par le locataire de l'Elysée. A Abidjan même s'active depuis des lustres Liliana Lombardo, autrefois membre du Conseil national du RPR au titre des Français de l'étranger, et qui rompit avec la Chiraquie en 2004 pour rallier les époux Gbagbo. Très proche de la Première dame Simone, cette transfuge a introduit dans le sérail son fils Cédric, conseiller à la présidence.

Frédéric Lafont, le prétorien épinglé
A son grand dépit, l'ancien sous-off de la Légion étrangère figure parmi les 59 personnages visés par les sanctions de l'Union européenne (UE). Implanté aussi au Togo, en Guinée ou au Sénégal, il règne à Abidjan sur un petit empire: deux sociétés de sécurité, des hôtels, des restaurants et une compagnie d'aviation. "Outré", Lafont fait valoir qu'à la demande de l'UE, il a affrété fin novembre un avion afin de porter secours à 18 observateurs menacés en plein fief ouattariste. Pas de quoi toutefois escamoter ses antécédents: selon La Lettre du Continent, le patron de Sophia Airlines a décroché à l'automne 2010 un contrat portant sur l'équipement du Cecos, unité d'élite et pièce maîtresse du dispositif sécuritaire de Gbagbo. "Je n'ai croisé celui-ci que deux fois", objecte l'intéressé. Nul besoin de fréquenter assidûment l'ami Laurent. Lui sait sur qui compter; et à quel prix.

Source: L'Express.fr


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