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Le Ministre Joël N’guessan : "Voici les raisons de l’immixtion des hommes de Dieu dans le débat politique"
Publié le samedi 15 janvier 2011   |  Le Mandat




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L’intrusion des religieux et autres hommes de Dieu dans le débat politique sans que ces autorités spirituelles voire morales puissent être capables de vérité n’est pas fait pour plaire aux Ivoiriens qui le dénoncent. Au nombre de ceux-ci, un de ses illustres fils, le ministre Joël N’guessan, ex-Ministre des Droits de l’Homme.

Nous assistons depuis plus de 10 jours à des débats interminables sur le rôle des religieux dans la crise politique ivoirienne. Ce débat fait suite à la sortie d’un groupe d’évêques qui, dans une déclaration, ont nettement encouragé le Président sortant, Laurent Gbagbo, à ne pas céder le pouvoir au Président élu, Alassane OUATTARA. Des voix autorisées ont fustigé le comportement de ce groupe d’évêques. Ils sont accusés de complicité coupable, de compromission et de corruption avec Laurent Gbagbo qui les aurait achetés. Loin de moi l’idée de m’introduire dans un débat qui concerne les chrétiens fidèles catholiques. Je suis de la grande famille des Evangélistes et j’ai eu en son temps à me prononcer sur l’inconstance et l’irresponsabilité sociale et spirituelle de certains de nos « Pasteurs ». A cette occasion, je n’ai pas manqué de dire que certains « Guides religieux » sont les fossoyeurs de la vérité et de la justice en Côte d’Ivoire. Prenant « Dieu » comme paravent, ils abreuvent leurs fidèles de mensonges et arrivent ainsi à les assujettir moralement et parfois spirituellement en vue de les gruger financièrement. Ils ont aussi été très souvent inspirateurs et à la base de certaines décisions hasardeuses qui ont conduit la Côte d’Ivoire dans le chaos actuel. Souvenons-nous de ces nombreuses journées de jeûne et prière imposées au « peuple de Dieu » par les « Pasteurs » pour « délivrer » la Côte d’ Ivoire. On a constaté qu’au terme de ces journées de « délivrance spirituelle », sous le prétexte que « Dieu leur a dit » ou du moins que « Dieu leur a communiqué une vision claire », ces « Guides spirituels » ont conseillé au Chef de l’Etat de reprendre les hostilités pour mettre fin à la crise ivoirienne. La suite on la connait, leur soit disant « Dieu m’a dit » ont endeuillé des milliers de familles. Aujourd’hui encore, s’éloignant de la Vérité et de la Justice qui doit caractériser tout enfant de Dieu, ils incitent Laurent Gbagbo à se maintenir au pouvoir, même si cela doit aboutir à une guerre civile. On dénombre officiellement plus de 230 morts. Le décompte final sera nettement plus élevé. Leur incapacité à dire la Vérité pousse bon nombre de chrétiens à dire qu’ils ont monnayé leur conscience contre de l’argent. Heureusement qu’il en existe parmi eux qui osent dire la Vérité.

Sinon cela aurait jeté l’opprobre sur l’ensemble des « Dignitaires chrétiens ». C’est le lieu de nous interroger sur les raisons de l’immixtion de nos « Hommes ou Femmes de Dieu » dans le débat politique. Il est vrai que le Chrétien, le Musulman, le Bouddhiste, etc. ne peuvent pas être indifférents à la chose politique. Ils ont des citoyens de la Cité. Ils sont par conséquent nécessairement touchés ou concernés par les décisions et agissements des hommes politiques dont la mission première est de gérer la Cité, au sens du Philosophe Platon. Mais, de là à prendre des positions pour soutenir un Président démocratiquement battu à l’élection présidentielle, c’est se rendre ridicule. En même temps qu’on s’interroge sur l’immixtion des Hommes ou des Femmes de Dieu sur le terrain politique, il faut se demander pourquoi, nos hommes politiques ont cette propension à s’entourer de « Guides spirituels » qu’ils entretiennent à grands frais. N’ont-ils pas confiance en leurs conseillers dont les avis devaient suffire pour prendre les décisions appropriées dans l’intérêt du Peuple ?

Pourquoi les conseillers pour les affaires religieuses se transforment très rapidement en « conseillers spirituels » une fois qu’ils sont nommés à côté du chef. A mon avis, toutes ces dérives sont dues au fait que nous avons oublié que notre pays, la Côte d’Ivoire, est un Etat laïc. Les premiers à l’avoir oublié (ou du moins qui font semblant de ne pas s’en souvenir) sont, le Chef de l’Etat, Laurent Gbagbo et son entourage immédiat. Ils se sont offert une pléiade de courtisans religieux qui les abreuvent sans cesse de « certitudes spirituelles » les éloignant, au fil du temps, de la Vérité et de la Justice. A ceux-là, je voudrais rappeler les points suivants :

EXTRAITS DE LA CONSTITUTION IVOIRIENNE

Article 30

La République de Côte d`Ivoire est une et indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure à tous l`égalité devant la loi, sans distinction d`origine, de race, d`ethnie, de sexe et de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son principe est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple.

Article 31

La souveraineté appartient au peuple. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s`en attribuer l`exercice.

LA LAÏCITE

La laïcité désigne la séparation du civil et du religieux dans l`État ; il s`agit de la sécularisation des institutions politiques d`un État, à savoir que cet État ne s`adosse à aucune religion officielle, ni ne suppose quelque onction divine. Le principe de séparation des pouvoirs politique et administratif de l’État du pouvoir religieux en est une application. Au sens contemporain, elle est le principe d`unité qui rassemble les hommes d`opinions, religions ou de convictions diverses en une même société politique, distincte par conséquent d`une communauté. Dans une perspective laïque, les croyances et convictions qui ont rapport à la religion (religions proprement dites, croyances sectaires, Déisme, Théisme, Athéisme, Agnosticisme, spiritualités personnelles) ne sont que des opinions privées, sans rapport direct avec la marche de l`État. Dans un Etat laïc, les Institutions ne sont soumises à aucune contrainte ni même ne relèvent d`aucune justification de nature religieuse, spirituelle ou théologique. C’est parce que nos religieux (à l’ivoirienne) ne savent pas (ou refusent de savoir) ces choses qu’il existe des prises de position antinomiques et souvent anachroniques au sujet de la crise ivoirienne.

Peut-être que si nous sommes d’accords avec ces concepts et que nous en adoptions les attitudes conformément à notre Loi fondamentale, les religieux et les gouvernants parleraient le même langage dans l’intérêt de la Démocratie.


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