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Crise postélectorale : Quand Yayé Dion Robert prêche le faux
Publié le samedi 15 janvier 2011   |  Le Patriote




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“Au second tour, le président de la CEI n’annonce pas les résultats et se trouve forclos selon les règles… Le Conseil constitutionnel prend le dossier en main pour donner les vrais résultats et en même temps, un candidat est proclamé vainqueur avec l’appui des puissances internationales comme la France, l’Amérique. Nous voyons dans ces conditions qu’il y a une iniquité quelque part.

Pourquoi n’ont-ils attendu ? Un certain Choï est venu, au nom des Nations unies, certifier le premier tour, après proclamation des résultats définitifs par le Conseil constitutionnel qui est l’équivalent de la Haute cour suprême en Côte d’Ivoire. Pourquoi n’a-t-il pas agi de la même manière pour le second tour ?

Cela veut dire qu’il y a une aberration, une tricherie ». Détrompez-vous ! Ces propos ne sont pas d’un militant engagé du FPI. Mais du très honorable docteur Yayé Dion Robert, chef de l’Eglise Baptiste œuvres et missions. Le pasteur s’est invité dans le débat postélectoral qui a cours en ce moment. Dans une interview qu’il a accordée à Fraternité Matin hier, il prétend que le candidat du RHDP n’a pas remporté le second tour de l’élection présidentielle. « Alassane a perdu. Il le sait très bien. Il le sait en son âme et conscience. Mais c’est la France et l’Amérique qui l’encouragent à rester dans le mal », lance-t-il de façon péremptoire. Mais de quoi parle l’homme de Dieu ?

D’une autre élection ou de celle dont tous les Ivoiriens ont été témoins il y a moins de deux mois ?

Si c’est du scrutin du 28 novembre dernier qu’il parle, il faut dire qu'il est en train de ruiner tout crédit qu’on a encore de lui. Pour le révérend Dion, il s’en tenir à la décision du Conseil constitutionnel qui a fait de Laurent Gbagbo le vainqueur du scrutin. Car « la loi vient de Dieu ».

C’est la raison pour laquelle, à ses dires, « la Bible dit que qui s’oppose à l’autorité s’oppose à l’ordre que Dieu a établi ». Le révérend va jusqu’à citer le chapitre 13 de l’épître aux Romains. Si l’on suit la logique du chef de l’église Baptiste œuvres et missions, le Conseil constitutionnel a décidé que Laurent Gbagbo est président. Tout le monde doit s’en tenir à cela. On aurait pu le suivre dans cette voie. Malheureusement pour lui, en démocratie, les choses ne se passent ainsi.

Dans un tel système, c’est le peuple qui décide et non un individu qui est aux ordres d’un candidat.

L’ordre dont parle M. Dion est décidé par le peuple qui est le seul souverain. Et Dieu qui ne fait jamais rien contre la volonté de son peuple, entérine cela. C’est la raison pour laquelle lorsque le peuple d’Israël a décidé de rompre avec la théocratie et de se choisir un roi, la Bible déclare que l’Eternel n’est pas allé contre cette volonté. Il a tout simplement averti les Israélites des éventuels abus que pourrait perpétrer le futur souverain. Aujourd’hui, tout le monde en Côte d’Ivoire, sauf ceux qui sont de mauvaise foi, connaît la volonté du peuple qui s’est clairement exprimée le 28 novembre dernier. L’élection présidentielle a eu lieu ce jour-là. On connaît le vainqueur. Il s’appelle Alassane Dramane Ouattara. Laurent Gbagbo et ses camarades qui savaient qu’ils ont perdu l’élection, ont tenté le tout pour cacher le verdict des urnes aux Ivoiriens. Pendant trois jours, les commissaires FPI ont multiplié sciemment les blocages dans le but d’empêcher la Commission électorale indépendante de proclamer les résultats. Les images montrant MM. Damana Pickass et Tokpa Véhi en train d’arracher et déchirer les fiches de résultats des mains de Yacouba Bamba, porte-parole de la CEI ont fait le tour du monde. Ce n’est donc pas faute d’avoir essayé que la CEI n’a pas pu proclamer les résultats dans le fameux délai des trois. Parlons-en de ce délai. Nullement par dans la constitution et dans le code électoral, il est écrit que la CEI doit impérativement rendre public les résultats de l’élection présidentielle. Par ailleurs, si l’on prend pour argument la jurisprudence qui s’est établie au premier tour de l’élection présidentielle, il faut rappeler à tous ceux qui ne manquent de s’appuyer sur ce prétexte que les résultats du premier tour ont été donnés par la CEI au-delà des trois jours auquel désespérément le camp de Laurent Gbagbo pour contester toute légalité aux résultats proclamés au Golf Hôtel par le président de la CEI, M. Youssouf Bakayoko. En dépit de tout ce que l’on peut reprocher de la manière et les circonstances dans lesquelles ces résultats ont été proclamés, tout le monde sait que c’est le président Alassane Ouattara qui a gagné. La victoire a été certifiée par l’ONU n’est aux antipodes du verdict des urnes qui est plus important que tout. Car étant l’expression du peuple. Contrairement à ce que soutient le docteur Dion, la certification de l’ONU ne s’est pas faite avant la proclamation des résultats. « Selon les règles, le Conseil constitutionnel vérifie tous les résultats avant qu’ils soient certifiés, mais voilà qu’un monsieur se réclamant de l’ONU fait la certification avant l’action dudit conseil. C’est du faux », accuse-t-il. Non mon révérend ! Ce n’est pas ainsi que les choses se sont déroulées. Et vous le savez. La certification est intervenue après que le président du Conseil constitutionnel ait annulé le vote dans sept départements et tenter d’inverser les résultats en faveur de Laurent Gbagbo. Ce n’est pas au président du Conseil constitutionnel de désigner le président de la République. Mais plutôt le peuple. Paul Yao N’Dré, en agissant au-delà des prérogatives que lui accorde l’article 64 du code électoral, a violé la loi et commis une injustice.

En demandant à Ouattara et à tous les Ivoiriens qui ont voté en majorité pour lui, vous n’êtes pas dans la vérité contrairement à ce que vous avancez dans l’interview. Pire, vous vous faites complice du complot contre le peuple de Côte d’Ivoire qui a cours en ce moment. Et c’est vraiment dommage pour un homme de Dieu respecté comme vous.

Jean-Claude Coulibaly


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