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Lettre ouverte au Général Kassaraté : "Général, tu ne peux pas cautionner toute cette barbarie"
Publié le samedi 15 janvier 2011   |  Le Patriote


Gendarmerie
© Ministères par Gendarmerie nationale
Lundi 6 décembre 2010. Abidjan. Salle de conférence "Général Oumar N’daw" du Commandement Supérieur de la Gendarmerie Nationale


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Bonjour mon Général !

Au village, je dirais plutôt, bonjour grand frère Boua (Général, permettez-moi de vous tutoyer ici comme d`habitude et d`utiliser les termes habituels. Je t`ai toujours appelé ``grand frère`` et toi, tu me l`as toujours bien rendu en m`appelant `` petit frère``.)

Grand frère Boua, permets-moi de t`adresser cette lettre ouverte. Sache grand frère que je suis l`un de tes admirateurs et ce, depuis notre jeune âge. Te souviens-tu grand frère, lorsque tu étais au CM2 et moi au CE2 ? Tu avais 11 ans et moi, 9. Tu as cette année-là, présenté le concours d`entrée à l`EMPT (Ecole Militaire Préparatoire et Technique) de Bingerville. Tu fus le seul admis à cette prestigieuse école à cette époque dans notre département. Faisant du coup, la fierté de ta ville, de ton village et de ton établissement, l`EPP Tabou 2. Ce furent Bingerville, Saint-Louis du Sénégal et la France qui t`ont accueilli pour poursuivre ton apprentissage militaire.

Aujourd`hui, je peux affirmer sans me tromper, que tu es l`un, sinon le seul haut gradé de ce pays qui ait appris le métier des armes depuis la culotte courte, dans toute sa progression. Ce n`est pas après des diplômes universitaires, comme certains, que tu t`es retrouvé dans l`armée. Pour moi, tu es l`officier le plus accompli. Celui qui force mon admiration.

De retour au pays, tu as servi avec abnégation, droiture et humilité ton pays, la Côte d`Ivoire que tu continues de servir. Abidjan, Séguéla, Bouaké, Abidjan, etc.

Grand frère, la Côte d`Ivoire a connu beaucoup de soubresauts. Tu es resté jusque-là dans la droite ligne, servant ton pays, sans te mêler de politique. Comme la grande muette, tu es resté muet, loin des bruits assourdissants, faisant seulement ton travail. Rien que ton travail.

Mais vois-tu grand frère, la grande muette est devenue bavarde et politique. Même très bavarde et très politique. Est-ce volontairement que tu t`y mêles ou c`est contre ton gré que tu t`y retrouves ?

Je dirais entre nous « aho na bôh » - enlève ton pied dans ça. Te connaissant, tu ne peux pas cautionner toute cette barbarie, toutes ces tueries qui endeuillent des milliers de familles. Toi qui, dans la discrétion, envoie des personnes à la Mecque, lieu saint de l`Islam.Grand frère Boua, les étoiles que tu portes, tu les mérites. Oui, tu les mérites vu ton brillant parcours. Tu dois en être fier.

Tu ne dois pas te sentir redevable de qui que ce soit. La presse n`écrivait-elle pas : « … Les Généraux Mangou (Chef d`état-major), Kassaraté qui commande la gendarmerie et Brindou M`bia (patron de la police nationale) ont demandé à leurs hommes de ne pas tirer sur les manifestants aux mains nues ». (Le Patriote N° 3349, p 5 du lundi 20-12-2010). Ce n`est pas pour rien que le Premier Ministre Soro Guillaume vous félicitait en ces termes, il y a quelques jours : « Je voudrais, au nom du gouvernement, très sincèrement féliciter publiquement, la gendarmerie nationale qui a refusé de s`associer aux massacres de ce jour, féliciter les forces armées nationales qui ont refusé, la police ainsi que les FDS-CI, de participer aux massacres. Le constat fait par nous est clair, que face au refus du Gal Mangou, du Gal Kassaraté, du Gal Brindou, responsables de ces forces, de massacrer la population ivoirienne. ». Mais depuis, de l`eau a coulé sous les ponts.

Grand frère Boua, si de tes bureaux feutrés et vitrés, tu n`entends pas les cris de détresse du petit peuple, ni ne vois ce petit peuple gisant chaque jour dans son sang, par cette lettre, je te transmets ces cris de détresse et ces atroces scènes d`une autre époque.

Au secours grand frère Boua ! Je sais qu`avec l`aide de Dieu et les bénédictions de tous ceux que tu as envoyés sur les lieux saints, tu peux faire quelque chose pour le peuple.

Grand frère Boua, espérant que tu liras et reliras plusieurs fois cette lettre, je souhaite que tu fasses que demeure à jamais dans mon esprit cette image idéale que j`ai toujours gardée de toi.

Bien à toi grand frère et que Dieu tout puissant nous garde.

Un petit frère qui t`admire


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