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Afrique: Montée des violences en Côte d’Ivoire
Publié le lundi 17 janvier 2011   |  Autre presse


Crise
© Reuters
Mercredi 12 janvier 2011. Abidjan. Affrontements meurtriers entre des éléments des Forces de défense et de sécurité et la population dans la commune d`Abobo.


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Lhumanite.fr - La Côte d’Ivoire « n’est pas en situation de guerre civile », a estimé Laurent Gbagbo, ce mercredi, devant les caméras de Canal Plus. Mais les violences montent progressivement, et cette issue n’est pas exclue. Abidjan, correspondance.

Par certains côtés, la situation à Abidjan ressemble à celle du coup d’État mené par la rébellion en 2002. Le camp d’Alassane Ouattara contrôle l’Hôtel du Golf, à Abidjan, la partie nord et ouest du pays tenue par la rébellion armée, enfin les grands quartiers « dyoula » d’Abidjan, comme Abobo et Anyama. Majoritaire dans la capitale, le camp de Laurent Gbagbo compte sur l’armée, la gendarmerie et la garde présidentielle, ces « corps habillés » qui jouent un rôle central dans la crise. Téléguidés par la « communauté internationale » les deux corps expéditionnaires, l’Onuci et la force Licorne, comptent 10 000 soldats et commencent à faire partie du problème : reconnaissant et soutenant Ouattara, ils sont contestés par Laurent Gbagbo.

Les événements dramatiques d’Abobo, ces derniers jours, montrent à quel point la violence, dans un quartier quasi homogène pro-Ouattara, connaît une inquiétante escalade. Aux morts civils (plus de 200 dans le pays depuis la fin des élections) correspondent les morts des forces de défense et de sécurité (FDS) du régime Gbagbo, une dizaine en trois jours à Abobo. Le général Mangou a adressé un sévère avertissement à la fois aux rebelles infiltrés à Abobo et à « l’armée du Sebroko », à savoir le QG du contingent de l’Onuci, qui tend à devenir une faction combattante à Abidjan.



un profond malaise en milieu rural

En province, la situation est plus mouvante, selon l’importance des communautés « dyoula » dans les villes de l’intérieur et des conflits fonciers ravivés par la crise politique. Dans les villes de Gagnoa, Lakota et surtout Duékoué (34 morts) à l’Ouest, les affrontements entre nordistes et autochtones ont causé des morts et des blessés cette semaine. Les violences en zones rebelles s’exercent contre les fonctionnaires sudistes, qui, comme en 2002, préfèrent mettre à l’abri leur famille, et pour certains fuir vers Abidjan. Mais les 30 000 réfugiés ivoiriens au Liberia sont le symptôme d’un profond malaise en milieu rural, les autochtones de l’Ouest, en particulier, ont reçu des migrants sahéliens, du Mali ou du Burkina, qui sont parfois devenus majoritaires – alors qu’il n’y a plus de terres libres pour la culture du café et du cacao, la structure foncière est déséquilibrée et les conflits inévitables. Depuis deux ans, les rebelles des Forces nouvelles imposent, moyennant finance, des migrants dans les forêts encore libres. Il est à craindre qu’en retour, les millions de Sahéliens en zone loyaliste soient poussés à repartir dans leur pays d’origine, dès lors déstabilisés.

Dans cette perspective, les morts d’Abidjan ne seraient que le début de ce que la « presse bleue », favorable à Laurent Gbagbo, n’hésite pas à appeler la « deuxième guerre d’Alassane Ouattara » par référence à une possible stratégie insurrectionnelle. Et une implication militaire des Nations unies, ou une intervention militaire extérieure, pourrait multiplier les massacres. Sauf si la négociation et le dialogue entre les deux camps s’imposent, ce que peuvent favoriser la « communauté internationale » et la diplomatie française, au lieu de souffler sur les braises du conflit.

Michel Galy

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