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Politique Publié le jeudi 20 janvier 2011 | L’expression

Résolution de la crise postélectorale :La diplomatie a montré ses limites

Le départ, hier, d’Abidjan, de Raila Odinga, après une médiation infructueuse consacre l’échec de la diplomatie dans la résolution de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire.

Il est parti hier matin. Après avoir bu le calice de l’amertume jusqu’à la lie. Et expérimenté avec affliction les qualités de roublard devant l’Eternel, de l’ancien chef d’Etat ivoirien Laurent Gbagbo. Avec le départ du médiateur de l’Union africaine (Ua) dans la crise ivoirienne, le Premier ministre kenyan, Raila Odinga, c’est la volonté de régler le problème ivoirien par la diplomatie qui vient de se briser. Une diplomatie qui aura désormais montré toutes ses limites et qui ouvre la voie à une intervention militaire prônée par les 15 membres de la Communauté économique des Etats de
l’Afrique de l’ouest (Cedeao). Alors que tous les pays du monde, comme toutes les institutions tant politiques que financières internationales, ont reconnu la victoire d’Alassane Ouattara à l’élection du 28 novembre et appelé au départ du président sortant, ce dernier refuse d’entendre raison et de céder pacifiquement le fauteuil présidentiel. De Nicolas Sarkozy à Barack Obama, tous
ont appelé à un règlement de la crise par voie diplomatique souhaitant que ce soient les pays africains eux-mêmes qui prennent les initiatives. Ainsi, dès début décembre, l’ancien président sud-africain Thabo M’Beki – qui avait déjà été médiateur dans la crise ivoirienne de
2004 à 2006 – est envoyé comme médiateur par l’Ua pour rencontrer Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo en plus du représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies, Young-Jin Choï. Il sera suivi dix jours plus tard, le 17 décembre, par le président de la Commission de l’Ua, Jean Ping, qui effectue une visite de quelques heures en Côte d’Ivoire pour remettre une
lettre de Goodluck Jonathan, chef de l'Etat nigérian et président en exercice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest à Laurent Gbagbo. Dans cette missive, Goodluck Jonathan demande à l’ancien chef d’Etat de quitter le pouvoir. Face aux atermoiements de ce dernier, les pays de la Cedeao menacent, le 24 décembre lors d’un sommet qui s’est
tenu à Abuja, de recourir à la force pour déloger Gbagbo. Peine perdue ! Les menaces et les appels à la raison laissent le Machiavel des lagunes indifférent. D’autant que dans son entourage, l’on ne croyait guère à l’éventualité d’une attaque militaire. Le 28 décembre, une première mission de la Cedeao, conduite par le président béninois Boni Yayi et ses homologues sierra-léonais Ernest Koroma et capverdien Pedro Pires

séjourne sur les bords de la lagune Ebrié pour tenter de convaincre l’ancien président. Devant l’impasse crée et entretenue par Gbagbo et son clan, les trois chefs d’Etats reprennent une nouvelle médiation, accompagnés cette fois d’un envoyé de l’Ua, le Premier ministre kényan
Raila Odinga. C’est lui qui, dans sa volonté de s’investir pleinement dans la résolution de la crise par le dialogue, va découvrir le boulanger qui sommeille en Gbagbo.

Pour l’époux de Simone, la diplomatie et le dialogue ne signifient rien d’autre que de s’aligner sur ses positions.
Après la médiation infructueuse de l’ancien leader nigerian, Olusegun Obasanjo les 9 et 10 janvier, envoyé en mission exploratoire par le président de la Cedeao, Raila Odinga se rend à nouveau à Abidjan. Après deux jours de discussions infructueuses avec l’ex-locataire du palais du Plateau, Raila Odinga a regretté que la «percée nécessaire» n'ait pas eu lieu et a dénoncé l'attitude de
Gbagbo. L'émissaire de l’Ua a aussi regretté que le boulanger de Mama n'ait pas tenu sa promesse de lever le blocus du Golf hôtel. «Gbagbo m'avait donné l'assurance que ce blocus serait levé hier (lundi, Ndlr) mais, pour la deuxième fois en quinze jours, il n'a pas tenu sa promesse», a-t-il révélé, amer. Avant d’indiquer que «le temps est compté», pour tenter de sortir pacifiquement de l'impasse politique en Côte d'Ivoire. Le départ de Raila Odinga, mais surtout son échec dans cette ultime médiation, a fini de convaincre les plus sceptiques quant à la nécessité d’engager l’action
militaire pour bouter Gbagbo du pouvoir et rétablir l’ordre constitutionnel dans le pays d’Houphouët-
Boigny.

M’Bah Aboubakar

Légende : Gbagbo donne raison à Anaky Kobenan qui a
toujours soutenu qu’il ne comprend que le langage de la
force.
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