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Politique

Côte d`Ivoire: le sort du chef de la banque ouest-africaine discuté à Bamako
Publié le samedi 22 janvier 2011   |  AFP


Canada
© Autre presse par DR
Philippe-Henri Dacoury-Tabley


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Les chefs d`Etat de l`Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) se sont réunis samedi à Bamako pour parler de la crise ivoirienne et décider du sort du gouverneeur de leur banque commune, un proche de Laurent Gbagbo soumis à des sanctions européennes.

"Nous aurons à nous pencher sur la crise post-électorale qui nous
précoccupe, également sur le fonctionnement des comptes de la Côte d`Ivoire
dans les livres de la BCEAO", la Banque centrale des Etats d`Afrique de
l`ouest, a déclaré le président malien Amadou Toumani Touré, à l`ouverture du
sommet.

"Il y a des conclusions qui existent et qui seront présentées aux chefs
d`Etat pour leur permettre de prendre les décisions appropriées", a ajouté M.
Toumani Touré, également président en exercice de l`Uémoa.
Cinq chefs d`Etat (Mali, Sénégal, Burkina Faso, Bénin et Togo), ainsi que
Guillaume Soro, Premier ministre d`Alassane Ouattara, président ivoirien
reconnu par la communauté internationale, étaient présents.


La position de l`Ivoirien Philippe-Henry Dacoury-Tabley, gouverneur depuis

deux ans de la BCEAO, banque d`émission de l`Uémoa, est difficilement tenable

au lendemain des sanctions qui lui ont été infligées par l`Union européenne
(UE).

Tout comme 86 autres personnes, dont le président sortant Laurent Gbagbo,

il lui est désormais interdit de voyager en Europe où ses avoirs ont été
gelés. Des sanctions qui visent également Denis N`Gbé, directeur national de
la BCEAO en Côte d`Ivoire.
Il est reproché à M. Dacoury-Tabley d`être passé outre une décision des
ministres des Finances de l`Uémoa, prise le 23 décembre à Bissau, de donner au

rival de M. Gbagbo, M. Ouattara, tous les pouvoirs de gérer les affaires liées

à cette institution et à la BCEAO.
Cela signifie en particulier que M. Ouattara et ceux qu`il a désignés sont
les seuls habilités, au nom de leur pays, à avoir accès aux comptes ivoiriens

de la banque centrale ouest-africaine.

Or selon une source haut placée proche de l`Uémoa, la BCEAO et son
gouverneur ont autorisé le décaissement de quelque 60 milliards de francs CFA
(91,5 millions d`euros) en faveur du régime Gbagbo depuis le 23 décembre.

Patrick Achi, porte-parole du camp Ouattara, a parlé de 100 milliards de
francs CFA (152,4 millions d`euros) qui auraient été récupérés par le régime

Gbagbo entre le 24 décembre et le 17 janvier sur le compte de la banque
centrale.

Couper les vivres au régime Gbagbo est considéré par la communauté
internationale comme une stratégie essentielle pour le pousser à céder

pacifiquement le pouvoir à M. Ouattara et éviter le recours à une intervention

militaire ouest-africaine pour le déloger, option envisagée.
Le Premier ministre kényan Raila Odinga, émissaire de l`Union africaine
(UA), qui a échoué lors de deux missions récentes à Abidjan à convaincre M.
Gbagbo de partir, a plaidé vendredi pour un isolement diplomatique et des

sanctions économiques et financières accrues. Il a présenté l`option militaire
comme un "dernier recours".

La Communauté économique des Etats d`Afrique de l`ouest (Cédéao) a menacé
de renverser militairement Laurent Gbagbo qui refuse de céder le pouvoir
depuis qu`il a été proclamé vainqueur de la présidentielle du 28 novembre par

le Conseil constitutionnel alors que la Commission électorale a déclaré M.

Ouattara élu.
Une telle opération risquerait de provoquer un bain de sang dans un pays où
près de 250 personnes sont mortes, de mi-décembre à mi-janvier, dans des
violences politiques, selon l`ONU qui a dénoncé le camp Gbagbo comme

responsable de la plupart des décès.

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