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Côte d`Ivoire - Tunisie : Deux crises, deux cas d`école
Publié le lundi 24 janvier 2011   |  Autre presse


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guineeconakry.info - En ce début d’année 2011, sur le continent africain, exceptée sporadiquement la question des prises d’otages par AQMI, c’est la Côte d’Ivoire et la Tunisie qui occupent la Une de l’actualité. Elles s’imposent toutes les deux par la crise qui se joue à l’intérieur de chacune d’elle. Mais en dehors de ce début d’année, les deux situations ne semblent pas avoir de points communs...

Il n’y a qu’à voir l’issue proche de la révolution tunisienne et l’enlisement dans le contentieux ivoirien pour le comprendre.

En Tunisie, il est certes difficile d’arriver à calmer les manifestants. Mais les dernières annonces du gouvernement transitoire devraient avoir raison de la colère de la grande majorité des protestataires. Mais les Tunisiens en veulent plus. Ils ne veulent pas qu'on leur vole leur révolution. Sinon, à l’issue du premier conseil ministre de l’après-Ben Ali, tenu ce jeudi 20 janvier 2011, le gouvernement a adopté une loi d’amnistie générale qui sera bientôt soumise au parlement tunisien pour promulgation. Cela signifie concrètement que les charges qui pesaient sur près de 18 000 personnes vont être abandonnées. Que les prisonniers politiques vont recouvrer la liberté. Que les mouvements et partis politiques qui étaient interdits du temps de Zine El-Abidine Ben Ali sont de nouveau autorisés. Y compris les formations islamistes comme Ennahda.

Le gouvernement a aussi décidé de la séparation officielle et effective de l’ancien parti unique RCD (Rassemblement Constitutionnel Démocratique) et l’Etat. Mais aussi de la récupération des biens et des ressources de l’Etat que ce parti exploitait à ses propres fins. Les nouvelles autorités ont également entrepris d’aller à la traque des ressources que Ben Ali et les siens avaient soustraient sur le dos de l’Etat tunisien. Acte symbolique, un mandat d’arrêt national est émis contre l’ex-chef d’Etat. En Tunisie donc, la tendance est à la normalité. Cependant encore une fois, debout comme un seul homme et mobilisée, la ''Caravane de la libération'' a fondu sur Tunis et exige le départ de tous les caciques du Gouvernement. La primature est squattée par les populations en ébullition.

En Côte d’Ivoire, on en est encore très loin et le scénario est différent. Si en Tunisie c'est la rue qui a fait partir Ben Ali, en Côte d'Ivoire, Ouattara n'arrive toujours pas à réussir ses grèves ou ses ''villes mortes''. C’est même l’enlisement. La communauté internationale ne sait plus par où donner la tête. Laurent Gbagbo résiste à toutes les menaces. Au point que l’idée d’une intervention militaire, un temps mise de côté, est sur le point d’être remise au gout du jour. Sans pour autant qu’on ne sache si c’en est la solution. Mais est-ce qu’il y en a vraiment une pour le moment?

Comment se fait-il que la crise tunisienne qui a éclaté bien après celle de la Côte d’Ivoire, en soit aujourd’hui au stade d'une certaine résolution, pendant que du côté d’Abidjan, on se cherche encore ?

Il faut dire que les données ne sont pas les mêmes. En particulier, le problème en Côte d’Ivoire est né d’un contentieux électoral. Ce qui fait qu’il y en a qui sont partisans d’une part de Ouattara et de l’autre de Gbagbo. Donc, il y a une opposition entre les populations par le truchement de leurs leaders respectifs. Alors qu’en Tunisie, le soulèvement contre le régime de Ben Ali est homogène.

C’est l’ensemble de la population qui a décidé de chasser l’ex-président de la République. Pourtant, là-bas aussi, il n’est pas exagéré de dire que c’est une contestation électorale qui a été différée. Puisque le président Ben Ali n’a fait qu’un peu plus d’un an de son cinquième mandat, qu’il a eu en octobre 2009, à l’issue d’un scrutin qu’il avait remporté avec 89,62%.

Manifestement, de façon quasi subite, tout son électorat s’est retourné contre lui. A moins que les chiffres aient été fabriqués. Ce qui justifierait alors l’immense soulèvement de ces dernières semaines, en guise de contestation retardée.

Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info
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