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Guillaume Soro depuis Bamako : “Nous maîtrisons désormais les finances publiques”
Publié le mardi 25 janvier 2011   |  Nord-Sud


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© AFP par HABIB KOUYATE
Photo: Guillaume Soro, le premier ministre d`Alassane Ouattara lors de son arrivée au sommet à Bamako


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Le Premier ministre se dit satisfait des décisions du 15e sommet de l`Uemoa à Bamako. Invité de la chaîne panafricaine, Africable, il est revenu sur l`impasse politique dans son pays.


On a l`impression que vous avez signé un pacte avec le destin de la Côte d`Ivoire : leader estudiantin à 22 ans, chef rebelle à 30 ans, Premier ministre de Gbagbo à 35 ans et ensuite Premier ministre d`Alassane Ouattara. Comment se peut-il que vous soyez là à chaque rendez-vous décisif?

Avant de venir à cette question, je veux déjà faire un commentaire sur votre introduction. Quand vous dites Premier ministre ou gouvernement reconnu par la communauté internationale, c`est à croire qu`on met la communauté internationale au-dessus du suffrage clair exprimé par le peuple de Côte d`Ivoire; qu`on met la communauté internationale au-dessus du verdict des urnes et de l`expression démocratique du peuple de Côte d`Ivoire. Le peuple de Côte d`Ivoire, le 28 novembre 2010, a élu une personne. C`est bien M. Alassane Dramane Ouattara qui, au regard des principes de la démocratie, au regard du mécanisme électoral mis en œuvre dans notre pays, est bel et bien le président de la République de Côte d`Ivoire. Donc, j`aurais préféré que vous disiez président élu et reconnu par la communauté internationale.

Je sais que vous êtes légaliste. Si on se réfère à la Constitution de la Côte d`Ivoire, il y a un président légal, légitimé par le Conseil constitutionnel et un autre qui a été élu par la majorité des Ivoiriens. On a ce petit problème en se fiant à la constitution…

Tout ceci fait confusion. C`est pourquoi peut-être en ma qualité de Premier ministre qui a organisé les élections, me faut-il vous donner quelques éléments précis. Dans une république, on ne peut pas créer deux institutions qui jouent exactement le même rôle. Le rôle du Conseil constitutionnel (Cc) n`est pas de proclamer un président de la république. Il revient à la Commission électorale indépendante (Cei) d`organiser les élections et de proclamer les résultats provisoires de l`élection.

Qu`est-ce que ça veut dire? Cela veut dire que la Cei, de bout en bout, organise l`élection jusqu`au comptage des bulletins de vote issus des bureaux de vote. C`est cela le travail de la Cei. Quand elle a fini de compter les bulletins de vote, elle donne les résultats. A savoir, le nombre de voix obtenues par chaque candidat. Quel est le rôle du Cc? Son rôle, c`est de recevoir les réclamations éventuelles des candidats, d`apprécier l`environnement électoral, de mesurer la sincérité des résultats de l`élection et de s`assurer que l`élection s`est déroulée de façon régulière au regard de la constitution. Alors, si le Cc se substitue à la Cie pour compter les bulletins de vote, ce n`est pas son travail. C`est pourquoi en Côte d`Ivoire, il y a forfaiture. Pourquoi, parce qu`une institution dont le rôle n`est pas de compter les bulletins de vote, s`est autosaisie de prérogatives qui sont celles d`une autre institution, à compter les bulletins de vote et à proclamer un vainqueur. Ceci c`est la forfaiture. Pour terminer, il n`y a qu`une seule institution, la Cei, qui a proclamé les résultats provisoires. Et le Cc pouvait endosser ces résultats ou invalider l`ensemble du scrutin.

Vous avez parlé de forfaiture mais les prémisses de ce hold-up électoral étaient là. Puisque Robert Beugré Mambé de la Cei a démissionné et l`institution a été dissoute par le président Laurent Gbagbo. A l`époque, on n`a presque pas entendu le Premier ministre de Laurent Gbagbo…
Justement, elle peut remonter plus loin mais, j`en viens au moment que vous avez évoqué.

Evidemment, il y a dans l`histoire des nations des moments où on doit prendre des décisions. A l`époque, c`était en janvier 2010. Alors que nous sommes en train de finaliser la liste électorale, le président d`alors m`a saisi parce que, selon lui, le président de la Cei d`alors M. Beugré Mambé aurait fait des fraudes sur la liste. Bien que je n`en étais pas convaincu, j`étais de ceux qui disaient à M. Robert Mambé de ne pas mettre au devant sa personne et que si sa démission pouvait permettre à la Côte d`Ivoire de faire des progrès vers l`élection, il fallait le faire. M. Beugré Mambé a démissionné. M. Youssouf Bakayoko a été élu. Nous avons repris la liste électorale, nous l`avons vérifiée de bout en bout. Je dois vous le signaler qu`au bas de cette liste électorale, M. Laurent Gbagbo a paraphé, M. Bédié a paraphé, M. Alassane Dramane Ouattara a paraphé et moi-même, j`ai fait autant pour dire que la liste électorale était de qualité. Donc à l`époque, j`ai réagi. D`ailleurs, j`ai accordé une interview à un de vos confrères pour dire que je n`étais pas convaincu de la culpabilité de M. Mambé. Mais, je considérais qu`il avait de la responsabilité en tant que président de la Cei.

On va sortir de cette bataille de légitimité puisque, pour les Ivoiriens, l`essentiel c`est de savoir pour qui le peuple a voté. Vous avez été reconduit Premier ministre d`Alassane Ouattara. Est-ce que c`est lui qui a fait la proposition ou bien c`est vous qui vous êtes proposé?

La règle veut que ce soit le président qui nomme le Premier ministre. Donc, je ne me suis pas auto-proposé.

Mais vous pouviez également refuser…

Bien sûr. Alors ma responsabilité était simple. J`ai investi de l`énergie à amener les Ivoiriens à une élection au péril de ma vie. Puisque j`ai échappé à des attentats. Et, nous avons enfin réussi à convaincre les acteurs ivoiriens d`aller aux urnes. Le peuple de Côte d`Ivoire et de façon exceptionnelle, a voté à 84% de taux de participation au premier tour, à 81% au second tour. Le peuple de Côte d`Ivoire a choisi son président. J`aurais pu dire que ma mission est terminée, je me serais retiré lâchement. Je ne sais où mais je n`aurais pas été fier de moi-même parce que le travail pour lequel j`ai tant risqué ma vie, pour lequel je me suis totalement investi, n`a pas connu un aboutissement définitif. C`est pourquoi quand le président élu, auprès de qui je suis allé rendre ma démission et la démission de mon gouvernement, m`a demandé de reprendre le poste de Premier ministre, j`ai accepté. Parce que je considérais qu`il fallait que je me mette du côté de la vérité. Et la vérité en Côte d`Ivoire, c`est que M. Alassane Dramane Ouattara a gagné l`élection.

Aujourd`hui, vous représentez la Côte d`Ivoire au 15ème sommet des chefs d`Etat et de gouvernement de l`Uemoa. Quelles étaient vos attentes avant de venir à Bamako ?

Nous étions déjà très contents de venir ici à Bamako en terre du Mali. Vous savez les relations que nous avons avec le Mali. Nos peuples sont les mêmes au-delà des frontières qui nous divisent d`ailleurs injustement. Je suis venu représenter le président de la République de Côte d`Ivoire à ce sommet. Et évidemment, nous attendions des mesures fortes. Je peux dire au terme du sommet que je suis totalement satisfait parce que la session a répondu à nos attentes. Des décisions ont été prises en ce qui concerne la Bceao pour permettre au gouvernement légitime, et au président élu par le peuple de Côte d`Ivoire, de disposer de la maîtrise des finances publiques de notre pays afin d`accroître ses moyens de travail et d`accroître ses prérogatives sur l`Etat de Côte d`Ivoire.

Le nouveau gouverneur de la Bceao va donc être désigné par Alassane Ouattara. Est-ce qu`on peut avoir des idées sur la personne?

Cela relève du président de la République. Seul le président de la République sait qui il proposera. Nous avons déjà été heureux de savoir que les autres pays, dans une solidarité unanime, ont reconnu que le poste de gouverneur devrait être maintenu pour la Côte d`Ivoire et que c`est bel et bien le président Alassane Ouattara qui doit proposer le prochain gouverneur.

La situation actuelle relève de l`impasse. Selon vous jusqu`à quand elle peut durer ; jusqu`à quand Laurent Gbagbo peut se maintenir au pouvoir?

Je ne suis pas devin mais, je sais le combat des peuples pour la démocratie, lorsque le peuple est déterminé et résolu, il aboutit toujours. Ailleurs, cela a pris un mois, d`autres deux semaines, six mois, un an, je n`en sais rien. Mais, je sais une chose, à partir du moment où dans un pays, 84% du corps électoral s`est mobilisé pour participer à une élection ; tous ces Ivoiriens qu`on veut réduire au silence ; tous ces Ivoiriens qui ont choisi leur candidat ne resteront pas insensibles ou timorés. Donc, je suis convaincu que ce peuple est déterminé et il se donnera les moyens de sa révolution.

Mais, on a du mal à vous croire puisque ce peuple-là dont vous parlez, on ne le voit pas généralement à l`occasion des journées «pays mort». On a l`impression qu`il ne vous suit pas…

Vous savez quand vous êtes à plusieurs milliers de kilomètres d`Abidjan et que vous n`avez pas encore vu les chars dans les rues et que vous n`avez pas entendu les détonations des kalachnikovs en train d`abattre des citoyens aux mains nues, dans leur quartier, il est effectivement peut-être facile de dire ce que vous dites. Mais moi qui suis à Abidjan, qui, pour une simple marche, ai vu des mercenaires encagoulés avec des kalachnikovs, rentrer dans les quartiers, quelque fois pour extirper des citoyens de leur maison et les abattre, évidemment, je peux comprendre que la population à Abidjan soit apeurée. Mais ceci dit, je peux vous assurer, que bien que le gouvernement ait été confiné dans un hôtel, face à un blocus imperméable, dont l`objectif est de réduire sa capacité d`impacter la vie à Abidjan, je pense que les mots d`ordre qui ont été lancés, ont été, de mon point de vue, un succès.

Comment est-ce que vous avez fait pour vous retrouver à Bamako, sachant qu`il y a un blocus autour du Golf hôtel, votre Qg?

Vous savez, j`en ai vu des vertes et des pas mûres ; et je me suis donné les moyens d`être à Bamako.

Comment?
J
e dis, je me suis donné les moyens d`être à Bamako. Ce n`est pas sur un plateau de télé que je dirai comment j`ai réussi. Mais, le plus important pour moi, c`était de venir à Bamako, de participer au sommet de l`Uemoa et aujourd`hui, cette institution-instance reconnaît que c`est bel et bien M. Ouattara qui a gagné l`élection et qu`il lui revient de droit de désigner le gouverneur et c`est une bonne chose pour notre pays.

Propos retranscrits par Cissé Cheick Ely


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