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Politique

Deuxième défaite de Gbagbo, ADO l’avait pourtant prévenu: “Ne me force pas à t’humilier”
Publié le mardi 25 janvier 2011   |  Le Mandat


Laurent
© RFI


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Défaite politique

En politique, la théorie et la pratique sont deux choses très différentes. Laurent Gbagbo l’a appris à ses dépends après plus d’une trentaine d’années de carrière politique couronnée par un cinglant et cuisant échec. En effet, ce pur théoricien, viscéralement opposé aux idéaux du Président Félix Houphouët-Boigny, Père-Fondateur de la Côte d’Ivoire, après s’être présenté dans l’opposition comme le défenseur des populations défavorisées et des paysans, a été mis à l’épreuve pendant plus de dix ans après son arrivée calamiteuse au pouvoir en octobre 2000. Il a été confronté à l’épreuve de la pratique. Durant cette période, Laurent Gbagbo, pour la majorité des Ivoiriens a été la plus grande déception. A preuve, il n’a tenu aucune de ses promesses. En effet, non seulement, l’école et l’Assurance Maladie Universelle (AMU) et l’école gratuite n’ont jamais pris effet comme il l’avait promis. Le comble c’est que le café et le cacao n’ont jamais été aussi vendus à 3000 F Cfa le kilogramme comme il en avait fait la promesse. Pire, il n’a pas été capable d’assurer l’intégrité de l’Etat, puisque la Côte d’Ivoire a été coupée en deux. Les Ivoiriens qui croyaient en Laurent Gbagbo qui leur demandait de dormir les deux yeux fermés, parce qu’avec lui, ils étaient en sécurité, ont été tirés de leur sommeil le 19 septembre 2002 par des crépitements d’armes automatiques. Depuis ce jour, les Ivoiriens ont compris qu’ils ne pouvaient plus avoir confiance en Laurent Gbagbo et en la politique de la refondation. En 2004, Laurent Gbagbo, ordonne à l’armée ivoirienne de bombarder le Nord du pays, « partie inutile », d’après lui. Pis, des jeunes sont utilisés comme chairs à canon pour soutenir son pouvoir. Malgré cela, aucune politique d’emploi n’a été mise en place. La corruption, le favoritisme, le népotisme et le clientélisme font rages dans les concours d’entrée à la Fonction Publique, notamment la Police, la Gendarmerie et l’Ena (Ecole Nationale d’Administration).

Incapable d’organiser les élections

Pendant, ce temps, Laurent Gbagbo, ‘’l’enfant des élections’’ ruse avec tout le monde pour ne pas tenir les échéances électorales malgré la fin de son mandat en 2005. Entre temps, le Palais présidentiel, cette Institution respectée et respectable du temps de ses prédécesseurs est souillée sous la refondation. Les emplois fictifs pléthoriques, l’abus de confiance, l’homosexualité et le racket sont érigés en règles d’or de gouvernance. La cerise sur le gâteau, c’est le déversement en 2006, de déchets hautement toxiques en Côte d’Ivoire faisant plusieurs morts et des cas graves. Cela, du fait de la cupidité des dirigeants Fpi. Ces faits ont fini par convaincre plus d’un y compris ses propres partisans que la politique de ‘’la Refondation’’ est un vrai désastre. Conscient de ce fait, Laurent Gbagbo suscite ainsi la mort du Fpi au profit de LMP (La Majorité Présidentielle), composée des cadres de plusieurs partis dont le PDCI. Cela pour essayer de rivaliser avec le Rhdp lors des échéances électorales. Le Fpi déjà minoritaire, sa reconversion en LMP ne va pas lui être profitable, parce que Laurent Gbagbo avait simplement échoué dans sa politique. Cela va se concrétiser le 28 novembre 2010, au cours du second tour de l’élection présidentielle qui a opposé LMP (coalition de huit partis politiques) avec Laurent Gbagbo contre le Rhdp+ UPCI (coalition des cinq partis de l’opposition les plus représentatifs) avec à leur tête le Dr Alassane Ouattara. Pour rompre avec ce régime destructeur, les Ivoiriens ont voté en masse (plus de 80 % du taux de participation) et attendu avec la même ferveur le résultat de ce scrutin. Malgré les intimidations et autres subterfuges, la vérité des urnes est implacable. Laurent Gbagbo perd les élections avec 45% des voix contre plus de 54% au profit de son challenger, Alassane Ouattara.

Cet échec, qui voit s’écrouler de façon lamentable plus d’une trentaine d’années de carrière politique, Laurent Gbagbo le digère mal et tente par tous les moyens de confisquer le pouvoir.

Défaite diplomatique

Les jours avancent et l’avenir s’assombri de plus en plus pour Gbagbo. Après plus d’un mois de sa tentative de confiscation du pouvoir, les choses ne semblent pas aller pour le mieux pour l’ex-président ivoirien, contrairement à ce qu’il s’était fixé comme schéma. Au plan des relations avec l’extérieur, la situation évolue de mal en pis. Tout s’écroule autour de l’ex-locataire du Palais présidentiel d’Abidjan. Un véritable revers diplomatique qui vient accroitre l’isolement et l’oblige à vivre désormais en vase clos. La Cedeao, L’Union Africaine, l’Union Européenne, les Nations Unies, l’Amérique, ont de façon unanime reconnu la victoire du Président Alassane Ouattara et condamné la confiscation du pouvoir par Laurent Gbagbo. Les lourdes conséquences, des décisions de la communauté internationale, n’ont pas tardé à se faire ressentir sur le front diplomatique. Cela n’est un secret pour personne. Les diplomates des pays membres l’UE, de la Cedeao, l’UA, des Usa et des Nations Unies ne sont plus accrédités auprès du gouvernement Gbagbo, mais plutôt auprès de celui du Président élu, Alassane Ouattara. Par conséquent, les Ambassadeurs nommés par Laurent Gbagbo, sont indésirables dans les pays étrangers. Un cinglant affront diplomatique qui s’est traduit dans les faits, le 22 décembre dernier. En effet, l’Ambassadeur Youssouf Bamba, nommé par le Président Alassane Outattara en remplacement d’Alcide Djédjé a été reconnu par les Nations Unies. Suivra ensuite, la nomination de l’Ambassadeur Diabaté Daouda accrédité par le gouvernement Obama des Usa. Dans la même foulée, le Canada et la Grande-Bretagne avaient retiré fin décembre 2010 les accréditations des Ambassadeurs ivoiriens nommés par Laurent Gbagbo dans leurs pays. Ils avaient par la même occasion indiqué qu’ils ne reconnaissaient que les représentants nommés par Alassane Ouattara.

Mais, Gbagbo qui continue de vendre des chimères à ses partisans naïfs, a franchi le rubicond en tentant d’appliquer le principe de réciprocité régissant les relations diplomatiques. Ainsi, le 7 janvier 2011, le porte-parole de son gouvernement factice, Ahoua Don Mello, a annoncé la fin des accréditations des Ambassadeurs du Canada et de Grande-Bretagne en Côte d’Ivoire. Nicholas James Westcott, Ambassadeur de Grande Bretagne et Marie-Isabelle Massip, ambassadrice du Canada, ont formellement été invités à quitter Abidjan dans les brefs délais par le gouvernement de Laurent Gbagbo. Une décision ridicule qui est restée lettre morte. Londres et Ottawa ayant signifié à Gbagbo qu’il n’était pas leur interlocuteur. La preuve, leurs représentants sont encore là, sur les bords de la Lagune Ebrié. Mais, le président sortant qui n’a certainement pas tiré les leçons de la gifle diplomatique va récidiver. Le samedi 22 janvier dernier, le gouvernement illégitime de l’ex-président Gbagbo dit avoir retiré l’accréditation à l’Ambassadeur de France, Jean-Marc Simon, qui la lui avait présenté le 7 juillet 2009 dernier. Cette décision est considérée "comme nulle, non avenue et dépourvue de tout effet juridique", a riposté le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué. La décision de retrait a été prise en réponse à "une note verbale du ministère (français) des Affaires Etrangères signalant qu`ils avaient accrédité Ali Coulibaly comme Ambassadeur de Côte d`Ivoire en France". En marge de cette nouvelle défaite diplomatique Gbagbo et ses proches sont déclarés persona non grata dans certains pays d’Afrique, dans toute l’Europe et aux Etats Unis. Tous ses fusibles diplomatiques ont sauté. A cause de son entêtement, il se retrouve seul sans relations extérieures. Peut-on vraiment prétendre diriger un pays à l’ère de la mondialisation sans être ouvert sur l’extérieur ? Il faut être un Gbagbo pour le croire !

Défaite économique: Toutes les finances coupées

En suspendant l’exportation du café et du cacao pour une période d’un mois, en plus du gel de ses avoirs et autres sanctions financières, le Président Alassane Ouattara et son gouvernement coupent toutes les ressources à Laurent Gbagbo. Ce, pour le contraindre à partir.

L’étau se ressert sur l’ex-président qui refuse de céder le pouvoir d’Etat. Après la suspension et le gel des avoirs de Laurent Gbagbo et de ses proches par la communauté internationale, le gouvernement de Soro Kigbafori Guillaume vient de frapper un grand coup. Dans un communiqué, « Le gouvernement informe les opérateurs économiques de l’arrêt immédiat de toute exportation de café et de cacao à compter du lundi 24 janvier 2011 et ce, jusqu’au 23 février 2011 ». Par conséquent, « les enregistrements des exportations de café et de cacao dans le SIGEC 4 sont suspendus ». Ainsi, la douane va perdre le DUS (Droit Unique de Sortie) qui se chiffre à coups de milliards de francs CFA par mois. Le Comité de Gestion de la Filière Café et Cacao (CGFCC) se retrouve dans de beaux draps. Les robinets de la parafiscalité sont ainsi suspendus pendant cette période. Gilbert Anoh et ses amis auront du mal à jouer leur rôle qui consiste à soutenir financièrement l’ex-Président, Laurent Gbagbo. Quant aux sociétés exportatrices, Cargill, ADM, SACO … elles sont contraintes de surseoir à leurs activités internationales durant cette période.

Du coup, plus de taxes sur le cacao à verser à l’Etat illégitime de Laurent Gbagbo.

Les producteurs épargnés

Ce communiqué du gouvernement Soro à l’attention des exportateurs de café et de cacao est bien clair. Les producteurs de ces deux importantes matières premières sont épargnés. « Durant cette période, la commercialisation intérieure du café et du cacao est autorisée ». Ce qui veut dire que les producteurs vont continuer de vendre leurs produits. « C’est une décision qui concerne les exportateurs. Nous, producteurs, allons continuer à vendre notre cacao et notre café. Si elle (la décision) peut aider le Président Alassane Ouattara à chasser Laurent Gbagbo du pouvoir, c’est une bonne chose », soutient Famo Diomandé, planteur à Lakota que nous avons joint au téléphone. Ce dernier est contre le blocage des activités. « Il faut faire vite pour enlever Gbagbo du pouvoir car les activités marchent au ralenti », poursuit-il. Les coopératives peuvent continuer leurs activités de ramassage et de vente de café et de cacao. Ainsi que les acheteurs agréés et leurs pisteurs.

Sanctions à l’horizon

Des sanctions sont prévues pour les opérateurs économiques qui ne respectent pas cette décision. « Le gouvernement rappelle que les contrevenants à cette mesure seront considérés comme finançant les activités de l’administration illégitime de Monsieur Laurent Gbagbo et s’exposent à des sanctions internationales, sans préjudice des poursuites pénales des juridictions nationales ». Ce qui est clair. Du côté des multinationales, on veut respecter la décision. « Nous sommes obligés de respecter ce communiqué du gouvernement de Guillaume Soro qui est celui du Président élu de la Côte d’Ivoire. Ça va nous pénaliser un tant soit peu, mais nos partenaires de l’Europe ou d’Amérique seront informés des contraintes que nous avons en Côte d’Ivoire », a tenu à préciser un cadre d’une multinationale qui a requis l’anonymat.

Menace de casse des agences de la BCEAO

Contraints de toute part, l’ex-Président Laurent Gbagbo et son clan peaufinent des plans de casses de banque comme de vulgaires bandits. Des jeunes patriotes sont actuellement préparés à Abidjan pour être convoyés à Daloa. Objectif : attaquer l’agence de la BCEAO de la localité. Après leur forfait, les médias favorables à l’ex-pouvoir diront que « c’est le signe du mécontentement des populations locales du fait de la « démission forcée » de Philippe-Henri Dacoury-Tabley au poste de Gouverneur de la BCEAO ». Argument fallacieux pour en masquer le vrai mobile. « C’est un pillage des fonds destinés à renflouer le butin de guerre de Laurent Gbagbo », selon une source bien introduite au sein de la galaxie patriotique. Au Gouverneur intérimaire, Jean-Baptiste Compaoré, de prendre des dispositions fermes afin de sécuriser les fonds des agences de la BCEAO en Côte d’Ivoire.

Par LANCE TOURE ,
Jérôme N’dri
et FULBERT BILE


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