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Politique Publié le mercredi 26 janvier 2011 | Nord-Sud

Albert Tévoédjré à propos de la certification des élections - « Quand on signe un accord, on l’a signé »

L’ancien Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en Côte d’Ivoire, le Béninois Albert Tévoédjré, interrogé, hier, par l’Onuci qu’il a dirigée, estime que les acteurs au conflit ivoirien doivent respecter leurs engagements vis-à-vis de l’Organisation internationale.

Pr Albert Tévoèdjré, comment réagissez-vous à la crise post-électorale en Côte d’Ivoire ?
J’espère que toutes les décisions qui ont été prises avant les élections vont permettre à tous de retrouver une démocratie véritable en Côte d’Ivoire, qu’elles seront respectées par les uns et par les autres. Que l’accompagnement de la communauté internationale et toutes ces institutions qui n’ont aucune raison d’en vouloir un tel ou à un tel, permettent à chacun de retrouver les marques de la raison et de la solidarité.

Pour quelqu’un qui connaît bien la crise ivoirienne, est-ce que cette situation était prévisible ?
Pas à ce point. Je pense qu’après les accords et les efforts que nous avons tous accomplis pour que tout le monde puisse aller aux élections, en bénéficiant de l’accompagnement technique de la communauté internationale, nous pouvions faire l’économie d’une crise, totalement inutile et dangereuse. Qui cause des pertes en vies humaines. Déjà, on parle de millions d’euros qu’il faut mobiliser pour l’action humanitaire en Côte d’Ivoire. Tout ceci n’est pas nécessaire, c’est périlleux pour la région.

Alors aujourd’hui, certaines personnes semblent accuser l’Onuci d’avoir certifié ces élections, on parle d’ingérence, de souveraineté ?
Mais non. Soyons sérieux, quand on signe un accord, on a signé un accord. L’accord prévoyait la certification par l’Onu. L’Onuci a certifié les résultats du premier tour, elle a certifié le deuxième tour. Comme cela a été demandé par les partenaires. Qui se sont mis d’accord sur cela. Le temps passe, on a déjà perdu dix ans dans la crise. Je pense qu’il faut en finir. Que toute la Côte d’Ivoire, toutes les ethnies confondues, sachent que c’est l’avenir de leurs enfants qui compte.

Et d’ailleurs, le camp Gbagbo récuse désormais cette médiation. Vous pensez qu’on pourra avancer encore ?
On pourra avancer quelles que soient les opinions. Tout le monde a un peu le dos au mur, n’est-ce pas ? Quelles que soient les forces civiles, la raison l’emportera. Il y a encore de l’espoir pour cela. Et que toutes les forces spirituelles, sociales, les amis de la Côte d’Ivoire haussent un peu le ton et obligent les uns et les autres à respecter leurs engagements. J’ai confiance, la crise finira bien. Il faut que la Côte d’Ivoire survive, l’Afrique a besoin de cela.
Vous parlez de spiritualité, y a-t-il un aspect spirituel à cette crise ?
Oui, il y a un aspect spirituel à cette crise. Il y a le fait que nous sommes recroquevillés sur nous-mêmes. Nous ne pensons pas surtout au peuple que nous servons. Tout pouvoir qui est au service, est un pouvoir qui est utile. Mais dès que le pouvoir ne sert plus et des gens meurent, il y a un problème quI est posé, qui est spirituel.

Est-ce que vous pensez que la solution à la kenyane ou à la zimbabwéenne est souhaitable ?
Non, pas du tout. Ici, il y a eu des élections, il y a des résultats qu’on les respecte.

Vous pensez donc qu’on peut encore trouver une solution pacifique à la crise ?
On doit trouver une solution pacifique…

Mais certains parlent d’intervention militaire ?
C’est depuis dix ans qu’on parle de l’intervention militaire en Côte d’Ivoire. Depuis dix ans toutes les forces y sont présentes, ce n’est pas aujourd’hui. C’est depuis dix ans que l’on a été obligé d’utiliser la force pour empêcher que la paix soit noyée.
Propos recueillis
sur Onuci-Fm par Bidi Ignace


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