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Crise postélectorale/Les ministres Achi Patrick et Amadou Gon : ‘‘Gbagbo a commis un acte impensable
Publié le vendredi 28 janvier 2011   |  Le Mandat


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© Autre presse par DR


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Le ministre Patrick Achi des Infrastructures Economiques et porte-parole du gouvernement, représentant le ministre Charles Koffi Diby de l’Economie et des Finances en mission, et le ministre Amadou Gon Coulibaly, Secrétaire général de la présidence ont animé une conférence de presse hier matin, au Golf Hôtel. A leur côté, le Directeur générale de la comptabilité publique. C’est le ministre Amadou Gon, Secrétaire Général de la présidence qui a ouvert la conférence en ces termes :
Nous avions pris l’habitude de communiquer avec la presse mais cela a été interrompu avec le blocus autour du Golf depuis plusieurs mois. Pour revenir à l’actualité du jour, le sujet le plus brûlant et préoccupant est celui des finances publiques, et particulièrement la situation de la BCEAO. C’est sur ce point que nous voulons consacrer l’essentiel de cette conférence de presse. Pour rappel, le ministre de l’économie et des finances par intérim le ministre Achi Patrick viendra tout à l’heure sur les détails. Vous savez que Monsieur Laurent Gbagbo a pris un décret dans un contexte illégitime et illégal demandant la réquisition de la banque et de son personnel. Face donc à cette décision illégale, et illégitime comme je vous l’ai indiqué, le gouverneur de la banque centrale a décidé de la fermeture de toutes les banques sur le territoire national. Et ceci est conforté par un communiqué du Président de la République qui, pour préserver la banque parce que la Côte d’Ivoire a des responsabilités dans le cadre de la convention de siège signée avec la banque, de préserver cet outil. Donc de préserver en tant que président de la République les intérêts des Ivoiriens et ceux de l’Etat.

Le ministre de l’Economie et des Finances
par intérim Patrick Achi
Je voudrais, sur cette question de finances publiques faire un bref rappel historique parce que la presse a certainement suivi de près la démission de l’ancien gouverneur de la BECEAO, Philippe-Henry Dakouri Tabley. Mais il est bon de revenir sur les évènements qui l’ont conduit à cette démission pour que nul n’en ignore les raisons. Dès la proclamation des résultats définitifs des élections suivie de la formation du gouvernement le 5 décembre 2010, le Président de la République, le Président Alassane Ouattara a écrit au gouverneur de la BCEAO lui demandant, suite à cette proclamation des résultats définitifs, de lui permettre d’avoir le contrôle des comptes de l’Etat logés à la BCEAO. Une lettre qui lui a été adressée le 5 décembre. Le 07 décembre, si vous vous souvenez, la conférence de chefs d’Etat à Abuja confirmait que Alassane Ouattara était le président élu de Côte d’Ivoire. A la rigueur, à partir du 8 décembre 2010, seule la signature du Président Alassane Ouattara et de ses représentants devrait être reconnue par les instances monétaires et, en tout état de cause, par la BCEAO, agence nationale. Mais, cela n’a pas été le cas. Et on a été comme ça jusqu’au 23 décembre, malgré les courriers adressés à la direction nationale de la BCEAO, malgré les courriers adressés au gouverneur de la BCEAO à Dakar. Ici à Abidjan, le Directeur national ne répondait pratiquement plus aux coups de fil et les courriers restaient sans suite. Le courrier lui indiquant la nomination du nouveau Directeur général du trésor n’a véritablement pas fait objet de suite. Et le 23 décembre, le conseil des ministres de l’UEMOA en Guinée Bissau statuant sur la question, a clairement indiqué que seule la signature d’Alassane Ouattara et de ses représentants était reconnue dans l’Union monétaire et que seul ses représentants et lui-même avaient en charge en ce qui concerne la place d’Abidjan et, d’une façon générale, les réunions et les actes concernant l’Union, seul le président Ouattara et ses représentants avaient la qualité d’agir. Instruction a été donnée dans le communiqué de ce conseil des ministres des Finances au gouverneur de la BCEAO, d’instruire les différents établissements bancaires et financiers de l’Union ainsi que la banque centrale à Abidjan, de ne laisser opérer sur les comptes de l’Etat logés à la BCEAO que les signataires représentant le président Alassane Ouattara. Rien n’a été fait. On a ainsi laissé faire, depuis le 23 décembre jusqu’au 30. Le 30, le premier ministre a demandé au ministre Diby Charles Koffi d’effectuer un voyage à Dakar pour rencontrer personnellement le gouvernement de la Bceao et discuter avec lui des modalités de mise en œuvre concrète et des dispositions arrêtées le 23 lors du conseil des ministres de l’UEMOA. A la suite de cette rencontre avec Diby, le gouverneur a manifesté son ouverture et son intention de coopérer. On attendait donc qu’à partir du 03 janvier, ici à Abidjan, à la direction nationale de la BCEAO, des instructions soient données. Le 03 janvier, rien n’a été fait. Et on a continué ainsi jusqu’au 06 janvier. Pendant toutes cette période, les anciens signataires continuaient malgré les instructions qui ont été données à la direction nationale que toutes les accréditations des comptables anciens étaient suspendues, on continuait de laisser ces comptables signer et tirer les ressources de l’Etat, du trésor, du compte du trésor logé à la BCEAO. Le 06 janvier, nous avions le conseil des ministres à Bamako. A ce conseil, le premier ministre à demandé que le ministre Charles de l’Economie, le ministre Mabri, du plan et le directeur général du trésor et de la comptabilité publique ici présents, Monsieur Koné se rendent à Bamako, aux instances naturellement qui se réunissaient mais également pour rencontrer le gouverneur afin de discuter avec lui pour voir s’il y avait des difficultés particulières à l’application des dispositions du conseil des ministres du 23 à Bissau. Ils ont discuté et là encore, le gouverneur a manifesté son intérêt de coopérer. Ils sont donc revenus et il faut dire que déjà avant le départ de Mabri et de Diby à Bamako, le gouverneur a eu au téléphone le premier ministre et le gouverneur a appelé le chef de l’Etat. Le gouverneur a eu au téléphone le Président Alassane Ouattara et il lui a garanti sa volonté d’appliquer les dispositions qui ont été prises au conseil des ministres des finances à Bissau. Mais, rien n’y a fait. On a continué. C’est ainsi que le 10 janvier, le premier ministre a demandé la révocation du gouverneur national de la BCEAO puisqu’il est notre interlocuteur direct ici à Abidjan, il ne met en œuvre aucune instruction, on part du principe qu’il a dû certainement recevoir les instructions du gouverneur et qu’il n’applique pas. A ce niveau aussi, rien n’y a fait. Le 14 janvier, le premier ministre renvoie encore Mabri à Dakar pour une dernière rencontre avec le gouverneur de la BCEAO pour qu’il puisse véritablement savoir s’il y a des blocages et des empêchements qui font qu’ici à Abidjan, le Directeur national et le personnel de la BCEAO continuent de ne pas appliquer les instructions du conseil des ministres. Cette réunion du 14 janvier, malheureusement encore, n’a pas donné de suite puisque les jours suivants, sur les comptes, continuaient d’être retirées des ressources sous des signatures non autorisées et illégales. C’est dans ce contexte et après avoir épuisé tous les recours de dialogue, de discutions, d’échange, étant entendu que la révocation du gouverneur n’était pas à l’ordre du jour, c’était vraiment le dernier recours. Mais le gouverneur n’a offert aucune autre alternative au gouvernement que de demander sa révocation. C’est ainsi qu’à la conférence des chefs d’Etat du 22 janvier, vous l’avez tous suivi, le gouverneur a démissionné. Suite à cette démission, la logique c’est que le nouveau représentant puisse gérer un certain nombre d’activités qui lui était dévolues initialement. Donc un gouverneur intérimaire a donc été désigné et à charge pour lui de désigner ici un nouveau Directeur national qui puisse gérer les opérations d’Abidjan. C’est au moment où cela doit se faire qu’avec grande surprise que nous avons reçu comme vous certainement, ce décret de réquisition, en violation d’abord illégitime puisque celui qui émet ce décret n’en a aucun pouvoir. Il n’est plus président et un ancien président ne peut pas prendre de décret. Il viole de façon grave les accords de siège qui ont été passés avec l’Union monétaire et on n’est tous là, stupéfaits qu’on puisse atteindre dans cette crise un niveau aussi bas de comportement. En tout état de cause, la banque centrale n’a pas mis beaucoup de temps à réagir et vous devrez certainement être au fait du courrier qu’elle a fait à la Côte d’Ivoire pour dire que ces décisions qui ont été prises naturellement contredisent les textes dans la mesure où les locaux de la banque centrale sont inviolables. Elle a vigoureusement protesté contre cette décision de réquisition ainsi que celle de nomination d’un Directeur national. Prise en violation flagrante des engagements internationaux pris par l’Etat de Côte d’Ivoire, en particulier par le traité de l’UEMOA. Je reprends les termes exacts du courrier du gouverneur par intérim de la BCEAO, Jean Baptiste Compaoré, « et conséquemment la BCEAO à Dakar ainsi que toutes les agences de la BCEAO installées sur le territoire de la Côte d’Ivoire sont fermées jusqu’à nouvel ordre », (voir communiqué P.8) .Voilà pour ce bref rappel historique. Et pour conclure, pour chuter dessus en disant que véritablement on a un problème entre le 23 décembre et le 22 janvier où la décision de démission du gouverneur a été prise, période à laquelle les ressources ont été illégalement subtilisées dans l’ordre de 157 milliards. Nous sommes dans une situation aujourd’hui qui conduit inéluctablement la Côte d’Ivoire à une grave crise pluridimensionnelle.
Après cette intervention du ministre Achi, les journalistes ont exposé des préoccupations à travers des questions, à savoir, quel est l’effet sur le marché de l’action de M. Gbagbo à la BCEAO ? Où se trouve l’argent de la BCEAO ? Est-ce que Gbagbo peut y toucher ? Le président va-t-il s’arrêter aux condamnations de principes ? Quelles est la réaction des exportateurs de cacao à propos des mesures de suspension décidées par le Président et aussi de savoir si le gouvernement légal du Président Alassane Ouattara peut éviter les sorties de cacao ivoirien vers d’autre pays limitrophes.
Le ministre Achi a fait remarquer que sans la banque centrale, les banques commerciales ne peuvent pas fonctionner. Il a donc prévenu que dans les jours qui viennent, on va constater une baisse des capacités financières des banques et cela va entrainer un assèchement financier. Quant à l’invitation de Gbagbo demandant aux banques d’avoir des comptes au Trésor, ce qui est une intention d’aller vers une nouvelle banque centrale, le ministre a estimé que le pouvoir illégitime ne leur offre aucune garantie ainsi pour accepter une telle action. Selon le ministre, l’important est que l’on ramène Gbagbo à la raison pour qu’il évite au pays un chao économique. Concernant les fonds de la BCEAO dont la presse a fait état de la main mise de Gbagbo qui les aurait retirés pour les dépenser au palais présidentiel, le ministre a d’abord déploré cet agissement. Et le ministre d’ajouter qu’heureusement, les responsables de la banque ont réduit la masse d’argent circulant à la BCEAO depuis la crise. Techniquement, cela s’appelle un fonctionnement à flux tendu. Ce qui a permis à l’institution de perdre moins d’argent que ça aurait pu coûter. Mais dans tous les cas, a dit le ministre, c’était impensable que Gbagbo agisse ainsi pour discréditer la Côte d’Ivoire. Ce qui est encore déplorable, c’est que cet argent serve à acheter des armes et à entretenir des milices et des mercenaires. Abordant la question relative au cacao, le ministre estime qu’environ 80% des exportations suivent le mouvement. Après avoir annoncé que les mesures durent sur une période d’un mois, le ministre a insisté sur le fait que ces mesures arrangent l’image du cacao ivoirien fortement écornée car sa vente sera destinée à financer l’acquisition des armes en vue de perpétrer des tueries des viols et des malversations. Une telle étiquette allait miner pendant longtemps notre cacao pour être considéré comme le cacao de la honte. Il ressort ainsi clairement que cela évite à la Côte d’Ivoire, de connaître un deuxième problème d’image après l’affaire des "enfants esclaves "dans les plantations de cacao. Les acteurs du secteur savent ce que le pays a dû payer en termes de campagne de communication sur ce dossier. En ce qui concerne la fuite du cacao, vers les pays limitrophes, le ministre n’a estimé que la période d’un mois n’est pas excessive pour que les opérateurs puissent conserver le cacao. Le risque de fuite est donc inexistant, peut-on en déduire. Après une seconde série de question, des journalistes, relativement au sommet de l’Union Africaine, à Addis-Abeba, et le comportement de certains chefs d’Etat supposés soutenir Gbagbo, il est revenu au ministre Amadou Gon Coulibaly, Secrétaire général de la présidence de prendre la parole.

Le ministre Amadou Gon Coulibaly
Le ministre à d’abord rappeler le fait que l’élection du président Alassane Ouattara ne souffre d’aucune contestation auprès des institutions sous-régionales et continentales. Ce sont d’ailleurs les institutions africaines qui ont annoncé le processus qui est en cours. A savoir invitation par voie diplomatique à Gbagbo de quitter le pouvoir et l’usage de la force légitime. Gbagbo n’est reconnu nul part dira le ministre. Et cela traduit qu’il ne peut avoir d’ambassadeur nulle part. Gbagbo sait dans quelle impasse il s’est mis. Dans le but de conserver le pouvoir, Gbagbo et ses amis posent des actes qui entraînent la honte pour toute une nation. Les conséquences de leurs actions à la BCEAO peuvent avoir des conséquences inimaginables et nous devons tout faire pour les faire partir car, le peuple ivoirien ne mérite pas ça. Concernant le départ éventuel du Président à Addis-Abeba, le ministre a promis des précisions en temps opportun. Comme on le voit, la situation causée par Gbagbo est désagréable mais il y a des raisons d’espérer qu’il partira très bientôt car le Président Ouattara et le gouvernement y travaillent.
GEORGES AMANI



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