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Économie Publié le vendredi 4 février 2011 | AFP

Côte d`Ivoire: Laurent Gbagbo en proie à des difficultés financières (ONU)

© AFP
Crise post-électorale : Le président Gbagbo accorde une interview à Canal+
Mardi 11 janvier 2011 à Abidjan
NEW YORK (Nations unies) - Le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo a des difficultés croissantes pour payer les fonctionnaires et l`arrêt des financements africains pourrait favoriser son rival Alassane Ouattara, a souligné vendredi un haut responsable de l`ONU.

"En décembre il (Laurent Gbagbo) a payé tout le monde. En janvier, il a
retenu les salaires des enseignants et les pensions des retraités. Nous ne
savons pas si c`est un retard. Nous devons observer de près comment cela
évolue", a expliqué le chef de l`opération de l`ONU dans le pays (Onuci), Choi
Yong-Jin, à des journalistes après avoir exposé la situation au Conseil de
sécurité.

"Il doit rencontrer d`énormes difficultés pour continuer à avoir des
ressources financières", a dit M. Choi aux journalistes.

M. Gbagbo doit payer 55.000 soldats et 104.000 fonctionnaires, a relevé M.
Choi. Les diplomates en poste à l`ONU estiment qu`il a besoin d`entre 100 et
150 millions de dollars par mois pour les payer.

Or, sept ministres des Finances de l`Union économique et monétaire
ouest-africaine (Uémoa) ont demandé le 23 décembre à la Banque centrale des
Etats d`Afrique de l`Ouest (BCEAO) d`autoriser uniquement les représentants du
président ivoirien "légitimement élu", Alassane Ouattara, à gérer les comptes
du pays.

La Côte d`Ivoire n`a ni monnaie propre, ni banque centrale. Les seules
ressoures de Laurent Gbagbo proviennent désormais des exportations de cacao et
des profits tirés de l`exploitation du port d`Abidjan.

M. Choi a expliqué que cet aspect était crucial pour l`avenir de Laurent
Gbagbo et que le manque de ressources financières pourrait permettre à son
rival Alassane Ouattara, reconnu internationalement comme le nouveau chef de
l`Etat, de prendre les rênes du pouvoir.

Cette question "est cruciale car elle va décider de l`orientation des
événements à venir", a-t-il souligné.

M. Choi a encore expliqué qu`il y a eu plusieurs retournements de situation
au cours des deux derniers mois, depuis que la crise a éclaté avec le refus de
M. Gbagbo de céder le pouvoir.

"Le camp de Ouattara avait une dynamique en sa faveur car il a gagné les
élections", a dit M. Choi. Mais après l`annulation d`une marche anti-Gbagbo le
16 décembre, le président sortant a repris les choses en mains.

"Maintenant, avec la décision de la BCEAO en faveur du président Ouattara,
la balance penche de nouveau en sa faveur", a-t-il dit.

L`Union européenne et les Etats-Unis ont imposé des sanctions contre
Laurent Gbagbo et son entourage. Les Nations unies insistent sur le fait que
M. Ouattara doit prendre les commandes de l`Etat.

Les chefs d`Etat africains réunis cette semaine à Addis Abeba ont formé un
panel de cinq chefs d`Etat chargés de présenter d`ici un mois des décisions
"contraignantes" sur la Côte d`Ivoire.

"L`impasse continue entre les deux protagonistes et la situation des droits
de l`homme empire à Abidjan et dans l`ouest du pays", a dit M. Choi.

De son côté, Maria Luiza Ribeiro Viotti, ambassadrice du Brésil et
présidente du Conseil de sécurité pour février, a souligné que le Conseil
demeurait "profondément inquiet à propos des violences qui continuent et des
violations des droits de l`homme" en Côte d`Ivoire.

"Les membres du Conseil de sécurité exhortent toutes les parties à faire
preuve du maximum de retenue et à éviter la violence", a-t-elle ajouté.
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