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Interview/ SEM Ally Coulibaly, ambassadeur de Côte d’Ivoire à Paris : “Gbagbo opte pour la terre brûlée pour punir les Ivoiriens”
Publié le vendredi 11 février 2011   |  Le Mandat




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Le nouvel Ambassadeur de Côte d’Ivoire en France, S.E Ally Coulibaly, était, mercredi, l’invité de la chaîne de télé France 24. Pour cette première participation à l’émission ‘’l’entretien’’, le diplomate ivoirien n’est pas allé de mains mortes pour fustiger Laurent Gbagbo qui refuse de céder le pouvoir qu’il a perdu dans les urnes.

Monsieur l’Ambassadeur, votre regard sur la mission du Panel des Chefs d’Etat de l’UA ?
La mission des Chefs d’Etat a pour rôle de discuter des modalités pratiques du départ de Laurent Gbagbo du pouvoir.

Mais, elle va prendre du temps, cette mission, et le temps semble quand même jouer en faveur du Président sortant, Laurent Gbagbo. On est parti peut-être pour un mois de discussion ?

Ecoutez ! On donne du temps à l’usurpateur, le temps n’est pas forcément notre allié, puisque chaque jour qui passe, ce sont des Ivoiriens qui tombent sous les balles assassines de Laurent Gbagbo. Chaque jour qui passe, ce sont des Ivoiriens qui souffrent. La situation économique est extrêmement difficile, les menages la ressentent. Quotidiennement, il n’y plus de vivres. Les prix des produits de premières nécessités augmentent, il n’y plus de liquidité dans les banques et Laurent Gbagbo en portera l’entière responsabilité. Il a décidé non seulement de confisquer le pouvoir, mais il applique une stratégie de la terre brûlée, pour rendre la Côte d’Ivoire ingouvernable.

Il veut que la Côte d’Ivoire soit un champ de ruine. Il veut punir les Ivoiriens qui n’ont pas voté pour lui. Il impose un blocus à ses adversaires à l’Hôtel du Golf, au Président Alassane Ouattara et au Président Henri Konan Bédié, et il tue impunément des Ivoiriens qui ont eu le tort de ne pas voter pour lui.

Néanmoins, lorsque vous plaidez en ces termes au Sommet de l’Union Africaine, vous ne remportez pas une adhésion spectaculaire. Il y a de moins en moins de pays qui se disent prêts à participer à une intervention militaire. Sans intervention militaire, quelle perspective auriez-vous pour une issue à cette crise ?

Je voudrais vous dire que tout a été fait pour faire prévaloir une solution de raison, de sagesse et de paix. Le Président de la République, Alassane Ouattara, a offert toutes les garanties de sécurité et de dignité à Monsieur Laurent Gbagbo. Alors, que faut-il faire maintenant ?

Un partage de pouvoir ?

Il n’est pas question de négocier avec monsieur Laurent Gbagbo et de plaquer un schéma qui n’a pas fonctionné ailleurs. Ce que je voudrais dire simplement, c’est que la solution que préconise la Cedeao, si toutes ces missions échouent, c’est le recours à la force légitime pour réaliser les aspirations du peuple ivoirien. Donc, entendons-nous bien, il ne s’agit aucunement d’une guerre contre l’armée ivoirienne encore moins contre la Côte d’Ivoire qui est notre pays que nous aimons. Il s’agit d’une opération pour déloger l’usurpateur.

Monsieur l’Ambassadeur, et si le Panel des cinq pays commis par l’Union Africaine vous demande d’envisager un partage du pouvoir au nom de la paix en Côte d’Ivoire ?

C’est exclu. Vous savez que c’est une mauvaise solution. Ce schéma ne fonctionnera pas. Il n’en est pas du tout question. On ne peut pas négocier avec un homme qui usurpe le pouvoir de cette façon, qui inflige tant de souffrances au peuple ivoirien et qui a du sang sur la main. Il y a plus de 300 morts, vous le savez. Laurent Gbagbo est totalement disqualifié. Il doit répondre de ses actes devant la Cour Pénale Internationale. On ne peut pas faire de concession à un dictateur, à quelqu’un qui refuse de respecter le suffrage universel. Ce serait un très mauvais signal aux pays africains. Un mauvais message, parce que l’Afrique a besoin d’entrer dans l’histoire.Et pour entrer dans l’histoire, il faut qu’il y ait des élections démocratiques

A votre connaissance, Monsieur l’Ambassadeur, Laurent Gbagbo peut tenir combien de temps au plan financier ? Est-ce que vous avez des informations ?

Oui, l’asphyxie financière et économique commence à faire ses effets. Ce que vous devriez savoir, c’est que la Côte d’Ivoire représente à elle seule plus de 40% de la masse monétaire de la sous-région. Mais, en raison des actes de vandalisme de Laurent Gbagbo qui a braqué la Banque Centrale, cette banque ne fonctionne plus en Côte d’Ivoire.Toutes les agences ont été fermées. Il n’y plus de liquidité.

Il peut tenir combien de temps ?

Je ne vous dirai pas quand, mais ça se passera assez rapidement maintenant. Les difficultés, nous les vivons au quotidien aujourd’hui en Côte d’Ivoire. L’économie tourne au ralenti.

Malheureusement, c’est le peuple ivoirien qui en souffre. Vous savez qu’il y a 49% de pauvres en Côte d’Ivoire. Selon l’indice du programme des Nations Unies pour le développement, nous sommes à la 163e place sur 192 pays.

Où en sommes-nous avec vos relations avec la France ? Le Président Sarkozy a été étonnement discret lors de son passage au Sommet de l’Union Africaine. On a appris, il y a quelques heures, qu’il a failli y avoir une mission de députés français qui devraient aller rencontrer Laurent Gbagbo.

Des députés UMP de la majorité du Président Sarkozy. Est-ce que la France a une décision claire dans cette affaire ?

Il n’y pas d’ambigüité sur la position de la France, c’était une simple promenade de députés qui, certainement, n’ont pas encore bien compris ce qui se passe en Côte d’Ivoire. Mais, vous savez que Laurent Gbagbo aime donner du charme, c’était une diversion après ce que ces vieilles gloires du barreau français ont fait il y a quelque temps.Il s’agissait de montrer que Laurent Gbagbo est fréquentable, et montrer qu’il y a un dysfonctionnement dans la diplomatie française. Heureusement que cette mission n’a pas eu lieu.

Elle a failli avoir lieu. Donc, il y a un dysfonctionnement ?

Il n y pas de dysfonctionnement. C’était une opération de la même nature que celle qui a été faite avec Roland Dumas et Jacques Verges.

Vous sentez toujours le soutien sans ambigüité de la part de la France ?

Un soutien indéfectible, sinon je ne serais pas là. La France dit et le Président Nicolas Sarkozy n’a pas varié d’un iota. Pour lui, le Président de la République, c’est Monsieur Alassane Ouattara. C’est lui qui a été élu.

Le soutien de Nicolas Sarkozy, c’est bon pour Alassane Ouattara ou parfois c’est un peu encombrant ?

Il n’y pas de soutien encombrant, parce que la France se met du côté de la démocratie et du Droit.

La Côte d’Ivoire a besoin de démocratie, l’Afrique et le monde ont besoin que la Côte d’Ivoire soit un pays démocratique. Parce que tous les dérapages qui sont constatés dans les pays africains, notamment en Côte d’Ivoire, ont des repercutions en France. Donc, il faut qu’il y ait une solidarité pour faire barrage à l’imposture de Laurent Gbagbo.

Retranscrite par Jerôme N’dri


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