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Politique

Yamoussoukro / Usurpation de pouvoir : La révolte des femmes de la cité et des villages
Publié le jeudi 17 fevrier 2011   |  Le Mandat




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Depuis le 07 février 2011, un monde et une ambiance inhabituels s’observent à la Résidence privée de feu Félix Houphouët-Boigny : des centaines de femmes, toutes de blanc vêtues, s'y sont installées. Elles disent “ manifester contre l’occupation illégale et la profanation des lieux par Laurent Gbagbo et ses militaires.”

C’est une véritable légion de femmes qui, depuis le 07 février 2011, a investi la Résidence privée de feu Félix Houphouët-Boigny, malgré « l’opposition farouche » des militaires. Parfois, elles sont silencieuses, l’air grave, les visages tristes, parfois badigeonnées de kaolin, parfois aussi, elles donnent de la voix. En face ou près d’elles, elles n’ouvrent pas la bouche pour vous parler.

Cependant, vous saisissez leur message, pourvu que vous ayez un esprit de discernement. Le message principal se comprend sous cet angle : « L’heure est très grave ; un véritable combat spirituel se déroule. Ce combat spirituel est mené exclusivement par des femmes averties et bien triées. Ce n’est donc pas une affaire d’hommes qui, d’ailleurs, doivent se tenir loin. Nous sommes dans le domaine spirituel et ici, (selon la tradition africaine, surtout ivoirienne) la force et la puissance appartiennent à la femme ». Les armes des ces combattantes du monde spirituel : les vêtements tous blancs, le kaolin et « l’ADJANOU », véritable danse mystique et d’exorcisme, dont on dit « très redoutée par les esprits maléfiques, quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent.

‘‘L’Adjanou’’ se danse toujours loin des hommes. Dans les villages, dit-on, pendant qu’elle s’exécute, seules les femmes sont dehors, aucun homme ne sort le nez, au risque d’attirer sur lui les malédictions allant jusqu’à lui coûter la vie ! Pendant la danse, toutes les femmes sont dans leur tenue d’Eve, c'est-à-dire toutes nues. Découvrons maintenant la raison ou les raisons de cette présence permanente de ces femmes à la Résidence privée de Félix Houphouët-Boigny, avec Dame KOUAME Yvonne, coordinatrice générale de ces centaines de femmes en ce lieu : « Notre présence date depuis lundi 07 février dernier. Cette date a été choisie à dessein : c’est la date anniversaire de l’enterrement du Président Félix Houphouët-Boigny, (Ndlr: le 07 février 1994). Nous avons donc décidé de démarrer notre action ce jour du 07 février, qui demeure pour nous, une journée symbolique, une journée de souvenir, de recueillement et de prières ; prières pour le repos de l’âme de notre vénéré Père et Grand- Père, qui fut un grand Apôtre de la Paix et de la non violence, reconnu dans le monde entier. A cette même occasion, nous avons voulu prier pour notre cher pays, la Côte d’Ivoire, qui est menacée de destruction ». « Oui, notre Nation s’écroule et nous devons prier pour que Dieu daigne la relever. Après plusieurs soupirs, expression de la grande amertume, Dame KOUAME Yvonne poursuit : « Notre action a été inspirée par la santé déplorable de notre pays, aujourd’hui aggravée par la crise post-électorale, d’une part et d’autre part, par l’occupation illégale de ce domaine par Laurent Gbagbo, ses hommes et ses militaires, qui ont profané ces lieux. »

Le programme quotidien

Chaque matin, toutes les femmes s’y retrouvent ; celles qui habitent la ville partent de leurs quartiers respectifs, rejoignent celles venues des villages et qui y passent la nuit. Echanges, communication sur le programme du jour, élaboration de stratégie sur les activités du jour (prières, incantations, exorcisme, etc.)

Les premiers incidents avec les FDS

Dans leur volonté et leur détermination de délivrer physiquement et spirituellement le domaine privé d’Houphouët-Boigny, « illégalement occupé et gravement profané ». Nos interlocutrices font face à des obstacles majeurs, notamment ceux que leur dressent les FDS, devant l’entrée de la Résidence. Et Mme KOUAME Yvonne de préciser : « Le lundi 07 février dernier, alors que nous avons informé le Commandant de la Garde Républicaine, TAPE Koh, voilà que des éléments des FDS postés à l’entrée principale du Palais refusent de nous laisser entrer. Nous y entrerons finalement après un long moment de tractations ». J’écoute attentivement la coordinatrice du « Mouvement de Libération et de Purification du domaine d’Houphouët-Boigny ». Sa colère semble monter d’un cran. « Nous étions en pleine danse ‘‘d’ADJANOU’’ quand surgit un individu en tenue militaire, camera au poing, filmant la scène. Lorsque les danseuses l’aperçoivent et qu’elles tentent de l’arrêter, il prend la fuite et saute à bord d’un véhicule de type 4X4 portant une immatriculation militaire. Incroyable ! » « C’est une grave violation de notre intimité féminine et de notre danse sacrée, strictement interdite aux hommes. » Notons que ‘‘l’Adjanou’’ n’est pas la seule danse rituelle d’exorcisme qu’exécutent les femmes en cette circonstance. Les femmes malinkés, ont aussi, la danse « le Moribayassa ».

K.A


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