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Crise postélectorale / Fermeture des banques, boycott du café-cacao, sanctions multiples : Mais ils vont pousser Gbagbo à bout...
Publié le jeudi 17 fevrier 2011   |  L'intelligent d'Abidjan




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Fermeture provisoire de la BICICI, CITIBANK, ECOBANK, CHARTERED BANK, toutes succursales de banques étrangères, «braquage de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières», «suspension de la Commission bancaire», réquisition de la Bceao-CI et ses agences nationales, «intimidation et menaces» des chefs d’entreprises en particulier les banquiers, «braquage des banques », fermeture de nombreuses entreprises, chômage technique, augmentation du taux de chômage, cherté de la vie, couvre-feu dans les quartiers comme Abobo, Anyama, insécurité, «impunité, Etat policier» etc. Pour le camp Guillaume Soro, cela ne fait pas l’ombre d’un doute : «Gbagbo fait la politique de la terre brûlée » !

Selon le gouvernement Soro: «La politique de la terre brûlée» est une tactique militaire utilisée par les Russes pendant la seconde guerre mondiale lorsque l’Allemagne de Hitler leur a déclaré la guerre et plus près de nous, par Samory Touré face à ses adversaires et l’armée française. Elle consiste à tout brûler : cultures, maisons, bétail dans le pire des cas, empoisonner l’eau ; déguerpir les habitants ou au besoin les tuer. Il s’agit de déstabiliser, anéantir l’ennemi en lui coupant l’herbe sous le pied et en le privant de toute aide de quel ordre que ce soit.

Ainsi, avec la réquisition de la Bceao-CI, c’est tout le système économique bancaire de la Côte d’Ivoire qui est touché de plein fouet, frappé en plein cœur. En effet, la Bceao étant la banque des banques, elle constitue en quelque sorte leur "trésor". Un endroit où les banques vont déposer leurs "épargnes" comme le fait tout individu lambda lorsqu’il va déposer ses épargnes à la banque.

Quitte à lui de venir faire des retraits lorsque le besoin se fait sentir. Mais le hic, avec cette réquisition « illégale et illégitime », la Bceao-CI se coupe ainsi de la maison-mère dont le siège est à Dakar au Sénégal. Du coup, les banques n’étant plus correctement approvisionnées ne sont plus en mesure de satisfaire leurs clients pour faute de liquidité. D’où ces complications observées ci et là, ces derniers temps avec comme derniers rebondissements, les fermetures provisoires de la BICICI et de la CITIBANK depuis le lundi 14 février et de ECOBANK CHARTERED BANK hier, mercredi.

Pour le Gouvernement Soro, il ne fait l’ombre d’aucun doute qu’en réquisitionnant la Bceao-CI et la coupant ainsi de sa source, Bceao-Dakar, le camp Gbagbo savait pertinemment ce qu’il faisait.

Pour eux, cette décision «n’a pour but réel que s’en prendre aux poches et aux économies des Ivoiriens en les affamant». En effet, que peut-on faire sans argent ? Rien ! Les banques n’ont plus les moyens, ni de prêter de l’argent, travailler encore moins satisfaire à la plus petite demande.

Conséquences, les entreprises ne peuvent plus emprunter donc investir, se développer pis payer leurs employés. Lesquels, à leur tour, ne sont plus en mesure ou ont de sérieuses difficultés à consommer, payer leur loyer, l’école des enfants, se soigner etc. Grippant ainsi toute la chaîne de développement qui, petit à petit fini par s’effondrer comme un jeu de domino. A l’image,de la dégradation totale du tissu économique ivoirien depuis le 05 décembre 2010, date de la proclamation controversée des résultats présidentiels par le Conseil constitutionnel. Une déchéance, qui est allée crescendo avec comme point d’orgue, cette fameuse «réquisition» ou « braquage », c’est selon, qui a mis le feu au poudre et plongé par la même occasion la population ivoirienne dans une paupérisation sans nom. Car, aucun secteur, aucun pan de l’économie ivoirienne n’est épargné. Que ce soient les industries, les entreprises, le secteur informel, les PME, PMI ; tous sont touchés et personne ne sait à quel saint se vouer. En effet, si cette situation perdure, nombre d’entreprises mettront définitivement la clé sous le paillasson, les chômages techniques deviendront des chômages de faît etc.etc. Alors, pourquoi des sanctions financières au regard de ce tableau peu reluisant sinon critique.

Les Sanctions financières

Imposées par la communauté internationale à l’encontre de certaines entreprises et secteurs de l’économie ivoirienne pourvoyeuses d’emplois et de devises comme les Ports Autonomes d’Abidjan et de San-Pédro, la Pétroci, la Sir etc. l’interdiction de la vente et non de l’achat-tient à préciser Guillaume Soro- du cacao, ces sanctions financières n’ont-elles pas à leur façon participée à cette totale déliquescence du tissu économique ivoirien? Pour le Premier ministre du camp Ouattara, il s’agissait de parer au plus pressé et «dans un premier temps, pour nous, d’amoindrir cette déstructuration du tissu économique dans lequel s’est lancé le camp Gbagbo.Et, d’ «empêcher par la même occasion, la fuite des capitaux et leur réarmement ». Pour le ministre Achi Patrick, porte-parole de ce gouvernement, « en braquant la Bceao, c’est à tout le système bancaire et par-delà l’économie ivoirienne que, s’est attaqué le gouvernement illégitime de Gbagbo » avec son corollaire de « conséquences dramatiques sur l’ensemble du systèmebancaire et les populations ivoiriennes ». Une situation qui pour lui, va aller en s’accentuant car bientôt, la quasi-totalité des banques n’étant plus approvisionnées manqueront de liquidité. A leur tour, elles ne seront plus en mesure de satisfaire leurs clients et fermeront pour de bon ou provisoirement comme viennent de le faire la BICICI et la CITIBANK, ECOBANK, CHARTERED BANK. Ce qui, du coup privera les populations de tout moyen financier.Sans oublier que, les banques au demeurant nationales, qui seront plus ou moins assez solides pour continuer dans ce climat délétère devront faire face à des clients qui, au lieu de venir y déposer leurs épargnes préféreront les garder à la maison, par devers eux. Ressuscitant ainsi le phénomène des dessous de matelas de nos grand’mères.

Toutes choses, qui ne manqueront pas de rendre encore plus difficile leur tâche étant donné que, c’est à partir des économies des épargnants, les avoirs des uns et des autres que celles-ci travaillent. Une situation, certes difficile pour les populations mais néfaste, périlleuse et dramatique pour tout le tissu économique ivoirien sur le long terme. Pour le camp Soro, à travers ces sanctions, « c’est aussi tout l’avenir et toute l’économie de la Côte d’Ivoire que l’on sauve sur le long terme ». Pour eux, il s’agissait soit de laisser faire et dès lors, précipiter l’économie ivoirienne dans les abysses soit sauver le peu qui reste en prenant des mesures aussi bien douloureuses pour eux que pour les populations mais sur le court terme. Ils ont tranché.

Conséquences

Selon Patrick Achi, en dehors des conséquences dramatiques socio-économiques, qui se font déjà sentir au niveau des populations de même que les entreprises, il faudra attendre leur arrivée aux affaires pour connaître l’ampleur véritable des dégâts. Et, à quoi tous, le gouvernement ainsi que le peuple ivoirien doivent s’attendre. Car, nul ne peut aujourd’hui, quantifier « les dégâts ».

Dans tous les cas, il reviendra aux Ivoiriens et au gouvernement de choisir la meilleure manière de rembourser tout ce qui a été «volé» aux banques etc. et reconstruire le tissu économique. Des renflouements qui se feront soit au niveau des impôts, taxes et autres ou le gouvernement aura la lourde tâche de privilégier certains secteurs de développement au détriment de d’autres. Une chose est sûre, des sacrifices vont devoir être consentis de part et d’autre pour remettre à flot, cette économie plus que sinistrée. Pour sortir le pays de cette situation, Guillaume Soro assène « les Ivoiriens n’ont pas d’autres choix que de se révolter.

La révolution

Il ne fait l’ombre d’aucun doute pour cet homme au verbe haut ayant le sens de la répartie et de l’ironie, que « la délivrance des Ivoiriens viendra par la révolte ». En effet, pour lui, ni le panel des
Chefs d’Etats ni la communauté internationale ne viendra faire «notre révolution à notre place ».

C’est parce que les Tunisiens et les Egyptiens vivaient dans des conditions sociales, économiques et politiques similaires aux nôtres, qu’ils se sont battus pour chasser « les despotes » qui les gouvernaient, géraient leurs vies et leur quotidien et,ils n’ont attendu aucune quelconque«communauté internationale pour prendre leurs destins en mains ». Il n’a pas arrêté de marteler que toute «liberté se mérite » et qu’il faut aller la chercher là où, elle se trouve à l’instar de ceux d’Abobo même « au risque de sa vie ». Parce qu’à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Le temps est arrivé selon lui, d’ «arrêter de bavarder dans les salons»en appelant la communauté internationale ou l’Ecomog à l’aide car, cette communauté internationale «ne viendra pas » ! Non, elle «ne viendra pas faire la guerre ou la révolution à notre place. On doit même la remercier de s’être déjà autant impliquée. Le reste, nous appartient». En reconnaissant Alassane Ouattara de façon unanime comme président, c’est un soutien de taille que les Ivoiriens «devraient mettre à profit pour arracher leur indépendance et faire respecter leur vote». Une liberté qui, aurait été déjà acquise si l’armée avait «respecté son rôle régalien » à l’égard de "ses"sœurs tunisiennes et égyptiennes. Mais parce que tout le monde a des points faibles, un talon d’Achile, ils ont «eu le temps de connaître celui de Gbagbo».De toutes les façons, il dit ne pas croire en la réussite de la médiation du panel des Chefs d’Etats qui doit arriver dans notre pays le 20 février, puisqu’ il reste «convaincu que Gbagbo va les humilier» et leur donner ainsi la possibilité de mettre en marche leur «révolution» ! Une révolution qui selon lui démarrera le 21 février 2011.

Marie-Laure AYÉ


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