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Manifestation contre le régime Gbagbo : Pourquoi Soro choisit Bouaké
Publié le vendredi 18 fevrier 2011   |  L'Inter




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Recul ou répli stratégique ? La révolution annoncée par Guillaume Soro, Premier ministre d'Alassane Ouattara, pour faire partir du pouvoir Laurent Gbagbo, a changé de date et de lieu. Ce n'est plus à partir du 21 février 2011 comme annoncé, mais deux jours avant, c'est-à-dire le 19 février, et cela devrait se faire à partir des zones centre, nord et ouest, fief de l'ex-rébellion. Dans un communiqué dont nous avons reçu copie, Guillaume Soro « animera un grand rassemblement ce samedi 19 février 2011 à Bouaké ». Le communiqué précise que des manifestations similaires devront se faire le même jour dans les localités de Séguéla, Man, Odienné, Korhogo et Ferké, afin « d'installer effectivement et définitivement », Alassane Ouattara, déclaré vainqieur des élections du 28 novembre dernier par la Cei et reconnu président par une grande partie de la communauté internationale. « C'est au peuple de Côte d'Ivoire, à partir du 21 février, de faire sa révolution (…).

M. Ouattara a été élu, il faut qu'il aille au Palais. Et après, tout le reste est possible », avait pourtant indiqué Guillaume Soro, au cours d'une conférence de presse animée récemment au Golf hôtel. Selon des sources bien introduites, cette révolution devrait se faire à partir d'Abobo où un commando mystérieux semble faire l'affaire du camp Ouattara. Pourquoi Soro décide-t-il alors d'engager la bataille contre le régime Gbagbo depuis ses zones ? Ces manifestations dans les villes sous contrôle des Forces nouvelles pourront-elles atteindre l'objectif recherché, à savoir l'installation d'Alassane Ouattara au pouvoir ? Les jours à venir nous situeront. Mais en attendant, ce répli du chef de l'ex-rébellion sur ses bases est diversément interprêté. Cela est perçu d'un côté comme une reculade face aux difficultés que le camp Ouattara a eu jusque là à traduire en acte ses différents mots d'ordre de mobilisation et d'action dans la zone gouvernementale. Les fiasco enrégistrés pendant les opérations de « désobéissance civile et de pays mort » sont apparus comme de cinglants désaveus pour Ouattara et ses hommes. La détermination des Forces de défense et de sécurité (Fds) restées fidèles à Gbagbo, pour faire barrage à toutes les initiatives du camp Ouattara, constitue un réel facteur bloquant. La marche étouffée du 16 décembre 2010, l'attaque de Tiébissou, les violences d'Abobo, que les pro-Ouattara ont baptisé « Bagdad City » en référence à la capitale irakienne, siège de la résistance aux assauts américains, constituent des expériences douloureuses pour le Rhdp et les freinent dans leur volonté d'installer Alassane Ouattara au pouvoir par la rue. Ces différents blocus fragilisent surtout le candidat déclaré élu par la Cei avec 54 % des suffrages exprimés. Que faire face à cette situation ? Soro semble avoir trouvé la stratégie, celle qui consiste à faire sa démonstration de force dans les zones acquises à leur cause. Le Premier ministre d'Alassane Ouattara sait que sa capacité de mobilisation est intacte et bien huilée dans l'ex-zone rebelle. Et c'est à partir de là qu'il veut envoyer un signal fort à la communauté internationale. Histoire de dire que son camp est soutenu par les Ivoiriens et que le résultat dans les urnes n'est pas factice, mais reflète la réalité. Avec l'arrivée du panel des cinq (5) chefs d'Etat, commis par l'Union africaine (Ua) pour évaluer la situation, le 21 février prochain, Soro espère faire tourner l'aiguille de la balance en faveur de son camp. Une façon de contre-balancer les mobilisations effectuées récemment dans la zone gouvernementale par Charles Blé Goudé, ministre de la Jeunesse de Laurent Gbagbo et patron des patriotes. A plusieurs reprises, ils ont démontré leur capacité de mobilisation, non sans adresser des messages hostiles à Alassane Ouattara. Guillaume Soro et les siens veulent donner la replique dans leurs zones, là où ils ne feront pas face au blocus des Fds. Ils entendent eux aussi déchaîner des foules et appeler au départ de Laurent Gbagbo pour le mettre davantage en difficulté face au panel. D'un autre côté, le meeting de Guillaume Soro à Bouaké, et les manifestations éclatées sont le départ d'un véritable mouvement populaire anti-Gbagbo. Une marée humaine qui est censée emporter Laurent Gbagbo, comme ce fut le cas pour les présidents tunisien et égyptien. Vont-ils réussir comme dans ces deux pays ? Attendons de voir.

Hamadou ZIAO


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