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Trois mois après les élections : Le pouvoir de Gbagbo se consolide
Publié le samedi 5 mars 2011   |  Le Temps




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La presse ivoirienne s’est fait l’écho jeudi, des propos du président sud-africain, Jacob Zuma, sur la chaîne de télé américaine Cnn, qui remettent en cause la certification du scrutin présidentiel du 28 novembre. «En Côte d’Ivoire, il n’y a pas eu d’élection», estime Jacob Zuma qui rappelle que «les rebelles n’avaient pas déposé les armes» comme prévu par les différents accords signés dans le cadre de la résolution de la crise ivoirienne. «Si l’on considère que cette élection en est une, c’est que c’est Gbagbo qui l’a gagnée», a conclu le Président de la Nation arc-en-ciel. Cette sortie de Jacob Zuma clarifie la position de l’Afrique du Sud. Cet énième soutien officiel confirme un revirement de plus en plus perceptible au sein d’une communauté internationale jugée unanime à reconnaître la victoire de l’opposant Alassane Ouattara. Alors que le Président Laurent Gbagbo passera bientôt les 100 jours de sa réélection.

L’Afrique du Sud, ainsi que la Russie et la Chine s’étaient gardé aux lendemains des élections du 28 novembre de prendre position pour l’un ou l’autre des candidats alors que les pays occidentaux, se fondant sur la «certification» précipitée du Représentant spécial du Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (Onu), Young-Jin Choï, reconnaissaient Alassane Ouattara vainqueur.

Le Conseil constitutionnel, plus haute juridiction chargée de proclamer les résultats définitifs de la présidentielle a quant à lui proclamé Laurent Gbagbo, vainqueur du scrutin avec 51, 45% des voix.

S’en suit alors un acharnement à la fois médiatique et diplomatique contre le gouvernement légitime et légal de Côte d’Ivoire.

L’Union européenne (Ue), conduite par la France et soutenue par les Etats-Unis, appelle le Président réélu, Laurent Gbagbo, à céder son fauteuil à l’opposant Alassane Ouattara, un «ami» de Sarkozy.

D’ultimatum en ultimatum, les premières sanctions tombent. Le Président Laurent Gbagbo, ainsi que plusieurs de ses proches font l’objet de sanctions de la part de l’Ue, des Etats-Unis et de la Suisse. Le gouvernement ivoirien et plusieurs hauts cadres de l’Administration ainsi que la hiérarchie militaire et des «entités économiques» les rejoignent quelques semaines plus tard sur la liste noire. Le gouvernement ivoirien se voit même retirer, par l’Union economique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), le pouvoir d’agir sur les comptes de la Côte d’Ivoire au profit de l’opposant Alassane Ouattara qu’elle reconnaît désormais. Cette décision n’aura pas l’effet escompté puisque le gouvernement ivoirien, par la réquisition des agences nationales de la Bceao (Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest) réussit à contourner la mesure.

Pendant ce temps, la France s’active auprès de certains pays de la sous-région en vue d’une intervention armée de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) contre la Côte d’Ivoire qu’elle soutiendra. Une option qui est officiellement brandie par les chefs d’Etat le 23 décembre lors d’un sommet de l’organisation à Abuja, capitale du Nigeria.

Cette idée prônée par le camp Ouattara et portée par le Nigeria, le Sénégal et le Burkina Faso suscite des objections au sein de la Cedeao elle-même, de l’Union africaine (Ua) où plusieurs voix demandent une évaluation de la situation avant toute décision, et du Conseil de sécurité (la Russie s’étant officiellement opposée).

Parallèlement à ces manœuvres, l’on notera dans le courant du mois de février la fermeture des 2 plus importantes banques du pays, filiales de groupe français. Hormis l’inquiétude qu’elles suscitent au sein de la population, ces fermetures mettent le système bancaire ivoirien en péril en provoquant la fermeture de 13 autres établissements financiers sur les 20 que compte le pays. Les autorités ivoiriennes décident alors de la nationalisation des 2 banques qui ont rouvert leurs portes depuis lundi.

Le Président Laurent Gbagbo qui avait, par ailleurs, demandé la mise sur pied d’un comité d’évaluation du scrutin quelques jours après son investiture en décembre 2010, trouve une oreille attentive lors du sommet d’Addis-Abeba où un panel de 5 chefs d’Etat africains (Afrique du Sud, Burkina Faso, Mauritanie, Tchad, Tanzanie) est mandaté par l’Ua pour évaluer la situation et proposer des solutions négociées pour un règlement pacifique de la crise ivoirienne.

Le panel, après 2 missions (l’une conduite par des experts, l’autre menée par les chefs d’Etat) à Abidjan, s’est vu proroger le mandat à la fin mars. Selon plusieurs sources diplomatiques, le panel, à l’image du Président sud-africain qui en est membre, s’achemine vers «un désaveu de la certification» du fonctionnaire onusien.

Les rebelles pro-Ouattara, conscients de ces échecs, ont repris les combats. Sous le regard bienveillant de l’Onuci (Opération des Nations unies de la Côte d’Ivoire) et de la Licorne (force française), la rébellion pro-Ouattara s’est emparée d’une localité de l’Ouest, tenue auparavant par les Fds.

A Abobo, où ils ont réussi à s’infiltrer à la faveur des élections, les rebelles avec le soutien de l’Onuci mènent «une guérilla aux méthodes terroristes» pour renverser le Président réélu Laurent Gbagbo. Selon un observateur, «la rébellion pro-Ouattara espère imposer une situation de fait avant la décision finale du panel».

Directscoop


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