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Politique Publié le vendredi 11 mars 2011 | Le Jour Plus

Psychose de reprise de la guerre / Les populations fuient Abidjan

Embouteillages monstres à la gare routière d’Adjamé, hier. Des milliers de personnes, Ivoiriens comme ressortissants de la Cedeao, tentaient d’emprunter des cars pour fuir Abidjan. Où la psychose de reprise de la guerre et le sentiment anti étrangers chez les partisans de Gbagbo troublent le sommeil des uns et des autres.

Mettre sa famille ou se mettre soi-même à l’abri. Telle est la décision de bon nombre d’Ivoiriens et de ressortissant de la Cedeao. Depuis quelques jours, la gare routière d’Adjamé ne désemplit pas de voyageurs qui veulent quitter au plus vite la capitale économique. Où la psychose de reprise de la guerre et le sentiment anti étrangers chez les partisans de Gbagbo font craindre le pire. Les ressortissants de la sous-région vivant en Côte d’Ivoire continuent, en effet comme les Ivoiriens, de souffrir le martyre du fait des refondateurs. Avec l’exacerbation de la tension politique, ils sont au cœur de la tension, considérés notamment dans plusieurs quartiers d’Abidjan, voire dans certaines villes de l’intérieur, comme des rebelles. En première ligne des attaques des partisans de Laurent Gbagbo, les Burkinabé, les Maliens, les Guinéens, les Sénégalais, les Togolais, les Nigériens, les Nigérians… A ceux-ci, s’ajoutent depuis peu, les Mauritaniens. Le crime de ces expatriés, le soutien de leur pays et surtout de leur président à Alassane Ouattara, dans le bras de fer qui l’oppose au chef de file de La majorité présidentielle, Laurent Gbagbo. Avec à la lettre les tueries et autres exactions des soldats de Gbagbo sur les populations. Hier à notre passage dans la matinée, que d’embouteillages ! Les compagnies de transports notamment celles qui vont vers les pays de l’hinterland étaient débordés. « Ce sont les ressortissants des pays de la Cedeao qui sont les plus nombreux. Ils ont loué par exemple chez nous une dizaine de car en convoi pour quitter la Côte d’Ivoire », nous a confié un apprenti à la gare d’Adjamé. Ensuite viennent les villes de l’intérieur où de nombreuses personnes ont décidé de faire partir leur famille pour disent-ils fuir l’insécurité grandissante à Abidjan. Parmi les voyageurs interrogés, la plupart viennent
de la commune d’Abobo. Des milliers d`habitants de cette commune sont toujours réfugiés dans des lieux de culte et le manque de nourriture se fait sentir. Environ 1.800 réfugiés ont été dénombrés par exemple dans la mission catholique du quartier d`Abobo (nord), vers le secteur "PK-18" au coeur des affrontements, a déclaré à l`AFP l`abbé Augustin Obrou, porte-parole de l`archevêché à Abidjan. Et dans la mission d`Anyama, quartier au nord d`Abobo, « pratiquement un millier » de réfugiés avaient été recensés, a-t-il ajouté. Des « familles entières » ont rejoint ces lieux de culte, où « les gens vivent dans une promiscuité indescriptible", a-t-il affirmé, indiquant que "des habits et des vivres » ont été distribués mais en quantité insuffisante. « On n`était pas préparés à çà ». « Les gens sont fatigués, terrorisés », a souligné l`abbé Augustin, craignant que ces lieux de culte ne soient eux-mêmes «
attaqués ». « Certains sont là en transit, ils restent un ou deux jours » avant de rejoindre d`autres quartiers mais « d`autres restent car ils ne savent pas où partir », a-t-il précisé. A Abobo, « il y a un problème de nourriture: tous les commerces ont fermé, les gens sont inquiets, ils restent chez eux », a dit un habitant resté dans sa maison. Les agences humanitaires estiment à 450.000 le nombre de personnes déplacées et réfugiées en raison de la crise politique et des combats en Côte d`Ivoire, dont 75.000 se sont réfugiées au Liberia voisin. Dans la capitale économique ivoirienne, Abidjan, quelque 300.000 personnes ont dû fuir leurs foyers en raison principalement des combats dans le quartier d`Abobo entre les partisans d`Alassane Ouattara et ceux de Laurent Gbagbo, a précisé le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Le phénomène a pris des "proportions alarmantes", a déclaré pour sa part Jemini Pandya, porte-parole de l`Organisation internationale pour les migrations (OIM), lors d`un point de presse à Genève. Les besoins en aide humanitaire sont de plus en plus pressants, d`autant que des rumeurs sur l`arrivée dans le pays de mercenaires libériens alimentent les craintes de la population, a dit Adrian Edwards, du HCR. Dans l`ouest de la Côte d`Ivoire, où des combats ont opposé partisans et adversaires de Gbagbo, on a dénombré 70.000 personnes déplacées. L`OIM, la seule organisation actuellement présente dans cette région, a retiré mardi son personnel international des localités de Duékoué et de Guiglo en raison de l`insécurité, a dit Jemini Pandya. « Le nombre d`Ivoiriens qui s`enfuient vers l`est du Liberia a également augmenté spectaculairement », a dit Adrian Edwards. Sur les 75.000 Ivoiriens réfugiés au Liberia, la moitié est arrivée ces dix derniers jours. « Cet afflux soudain pèse lourdement sur les communautés locales et sur les capacités de réponse des organisations humanitaires", a souligné Edwards, évoquant le manque d`eau et les conditions sanitaires déplorables à Buutuo Town, capitale du comté de Nimba, dans l`Est libérien, où des cas de paludisme et de diarrhée ont été signalés.

L.B.
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