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Politique

Situation post-électorale/ Seul contre tous : Gbagbo dans une logique de ‘’cabri mort’’
Publié le jeudi 17 mars 2011   |  Le Jour


Simone
© AP


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La tenue de l’élection présidentielle souhaitée de tous leurs vœux par les Ivoiriens et qui devait sortir la Côte d’Ivoire d’une crise politico-militaire déclenchée le 19 septembre 2002 n’a pas eu l’effet escompté. En effet, la Côte d’Ivoire est depuis le 28 novembre dernier plongée dans une crise encore plus grave du fait du président sortant, Laurent Gbagbo, qui malgré sa défaite au profit du candidat du Rhdp, Alassane Ouattara, refuse de céder le pouvoir. Pourtant, cette élection présidentielle dont l’organisation a été confiée à la Commission Electorale Indépendante (Cei), a pris en compte tous les caprices du candidat de Lmp pour qu’on en arrive enfin à ce scrutin dit de « sortie de crise ». Après avoir dissout la Cei en février dernier et exigé la démission de son président, Robert Beugré Mambé, le locataire du palais présidentiel décide d’une recomposition des membres de cette institution. Mieux,
c’est avec l’accord de Laurent Gbagbo que le président de la Cei ‘’nouvelle formule’’, l’ambassadeur Youssouf Bakayoko a été désigné pour conduire ce processus. A ce moment là, Laurent Gbagbo, promet aux Ivoiriens de respecter les résultats des urnes tels qu’ils seront donnés par la Cei. Cet engagement, il l’a réaffirmé lors de son face- à- face avec le candidat du Rhdp, Alassane Ouattara, trois jours avant le second tour de la présidentielle. Appelé aux urnes le 28 novembre dernier (second tour du scrutin), les Ivoiriens ont voté à plus de 80% selon la CEI. Au sortir de là, quelques jours après, cette institution dirigée par Youssouf Bakayoko, qui a conduit ce processus jusqu’à son terme proclame les résultats provisoires de l’élection présidentielle. Par la voie de son président, la CEI proclame M. Alassane Ouattara président de la République de Côte d’Ivoire avec 54,1% des voix contre 45,90% pour
Laurent Gbagbo. Au vu des procès verbaux dont il a reçus copie en même temps que tous les acteurs du processus électoral et en plus d’avoir suivi de bout en bout tout le déroulement de ces élections, le représentant du secrétaire général de l’Onu, Y.J.Choi, qui a adopté une réponse rigoureuse pour barrer la route à la fraude va certifier les résultats proclamés par la CEI. Qui pour lui, reflètent la volonté du peuple ivoirien. Il va être suivi dans cette démarche par le monde entier qui va reconnaître la victoire du Président Alassane Ouattara, avec en tête le Cedeao, l’UA, L’UE et… l’Onu.

Gbagbo seul contre tous

Il n’en demeurait pas moins pour que Laurent Gbagbo entre dans une colère noire et rejette catégoriquement les résultats donnés par la Cei. Digérant mal cette défaite, Laurent Gbagbo va ainsi décider d’actionner un cacique du Fpi, Paul Yao N’Dré, président du Conseil constitutionnel en mission pour son compte (le candidat de Lmp). C’est donc sans surprise que les Ivoiriens assistent à la proclamation par le Conseil constitutionnel des résultats définitifs qui donnent gagnant le président sortant, Laurent Gbagbo avec 51% des voix. Pour en arriver là, il a fallu à Paul Yao N’Dré d’annuler les résultats de 13 départements. La majorité des Ivoiriens qui a accordé sa voix à Alassane Ouattara va exiger que le résultat des urnes soit respecté. Ce qui va plonger la Côte d’Ivoire dans une nouvelle crise ponctuée de tueries massives, de pillages et de saccages de domiciles des cadres et militants du Rhdp ainsi que tous les
Ivoiriens qui apportent leur soutien au candidat élu. A ce moment là, l’on se rend à l’évidence que Laurent Gbagbo n’est pas prêt à lâcher le pouvoir. Ce, malgré les injonctions et les menaces de l’Onu, de la Cedeao et l’Uemoa qui ont reconnu la victoire d’Alassane Ouattara. Acculé de toutes parts et sommé de quitter le pouvoir, le président sortant sollicite alors l’intervention d’un comité d’évaluation pour faire la lumière sur le processus électoral parce que persuadé que ces élections, il les a gagnées. « Je demande qu’on vienne évaluer le processus avant de prendre position. Si à partir de ce moment il est prouvé que je n’ai pas gagné les élections c’est un autre cas… », a confié Laurent Gbagbo lors d’une interview télévisée. L’Union Africaine qui s’était entre temps emparé du dossier décide alors de l’envoi d’un comité d’experts et de la mise en place d’un panel de cinq chefs
d’Etat pour évaluer le processus et prendre ‘’des décisions contraignantes’’. A l’issue de leurs travaux qui a duré près d’un mois, le panel des cinq chefs d’Etat de l’Union africaine reconnaît la victoire de M. Alassane Ouattara et exige du président sortant, Laurent Gbagbo de céder le pouvoir. Cette décision contraignante va être soutenue par le conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine qui rejoint dès lors, l’Onu, la Cedeao, l’UE, l’Uemoa et la majorité des Ivoiriens qui ont choisi Alassane Ouattara. Désormais seul contre tous avec un parcours au palais présidentiel qui s’est soldé par de nombreux crimes, Laurent Gbagbo sait que s’en est fini pour lui. S’il cède le pouvoir, il reste convaincu qu’il devra payer pour tous ses crimes devant les tribunaux. Notamment devant la cours pénale internationale dont le procureur Moreno Ocampo a donné une mise en garde sévère aux autorités
ivoiriennes. Alors, il semble résigné à affronter le monde entier au péril de sa vie qui, pour lui, semble être le seul moyen d’éviter l’humiliation. « Je préfère la mort au déshonneur » a-t-il déclaré en 2003. Il semble, tout bien calculé, déterminé à respecter cet engagement dans l’espoir que la communauté internationale se lasse du dossier ivoirien pour éviter encore d’autres tueries. Ainsi, il pourra demeurer à la tête d’un pouvoir malgré la souffrance de son peuple. Cependant, cette option ne semble pas lui réussir en ce moment d’autant plus que la communauté internationale est quant à elle décidée à mettre hors d’état de nuire Laurent Gbagbo. De sorte à aider à restaurer un état de droit et faire respecter le choix du peuple. Comment venir à bout d’une personne qui se considère déjà comme un ‘’cabri mort’’, c’est-à-dire quelqu’un qui n’a plus rien à perdre ? C’est à cette
équation que le président élu, Alassane Ouattara, aidé de la communauté internationale compte très bientôt apporter une solution. Comment ? C’est là où se situe tout le mystère qui entoure la sortie de crise.

L.K.

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