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Gbagbo prêt à un dialogue, appelle le camp adverse à désarmer
Publié le vendredi 18 mars 2011   |  AFP


jean
© AP


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Le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo
s`est dit prêt vendredi à un "dialogue" avec son rival Alassane Ouattara et a
appelé les combattants du camp adverse à "déposer les armes", au moment où
l`escalade des violences fait craindre une guerre civile.
Depuis mi-février, les affrontements se multiplient à Abidjan entre
insurgés pro-Ouattara et Forces de défense et de sécurité (FDS) fidèles à M.
Gbagbo, menaçant le régime en place jusqu`aux abords du Plateau, le quartier
du palais présidentiel.
Les civils sont les premières victimes, et l`ONU a accusé les forces du
camp Gbagbo d`avoir tué jeudi de 25 à 30 d`entre eux, évoquant un possible
"crime contre l`humanité".
Réagissant pour la première fois officiellement au sommet de l`Union
africaine du 10 mars à Addis Abeba, qui avait confirmé l`élection de M.
Ouattara comme président ivoirien lors du scrutin de novembre 2010, M. Gbagbo
a dit "prendre acte des cadres de discussion proposés" par l`UA.
Il "attend le Haut représentant mandaté par l`institution pour envisager le
schéma de dialogue interivoirien, seul gage de sortie pacifique de la crise,
seul moyen pour préserver la sécurité des citoyens", indique le communiqué lu
par le porte-parole du gouvernement, Ahoua Don Mello, sur la télévision d`Etat.
L`UA, dont la position avait été catégoriquement rejetée par le camp
Gbagbo, avait décidé de réunir d`ici au 24 mars des négociations entre les
parties ivoiriennes pour appliquer ses propositions, notamment un gouvernement
d`union nationale incluant des partisans de M. Gbagbo.
C`est les 23 et 24 mars que la Communauté économique des Etats d`Afrique de
l`Ouest (Cédéao) tiendra un sommet sur la crise ivoirienne, a annoncé
l`organisation.
M. Gbagbo, qui doit s`adresser "bientôt" à la Nation, a par ailleurs appelé
"les rebelles", terme dont il désigne les combattants du camp Ouattara, à
"déposer les armes, à cesser les violences".
L`ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), alliée à M. Ouattara et qui tient
le nord du pays depuis 2002, lui a opposé une fin de non-recevoir.
"Comment peut-on demander à des forces républicaines de déposer les armes?
C`est plutôt lui qui doit dire à ses miliciens de déposer les armes", a lancé
le porte-parole Félicien Sékongo.
L`escalade des violences avait été marquée jeudi, selon l`ONU, par la mort
de 25 à 30 personnes tuées dans le quartier d`Abobo (nord), fief électoral de
M. Ouattara et base des insurgés, par "les forces armées du camp" Gbagbo.
Ce massacre pourrait constituer un "crime contre l`humanité", a indiqué un
porte-parole du Haut commissariat de l`ONU aux droits de l`homme. La France a
dénoncé un "massacre délibéré de civils", et le Burkina a redouté une
"violence généralisée".
Mais le gouvernement Gbagbo a dénoncé un "complot". "Il y a une synergie
entre l`ONU, la France, les rebelles contre la Côte d`Ivoire", a déclaré à
l`AFP Ahoua Don Mello.
Le quartier d`Abobo avait été de nouveau la cible dans la nuit de jeudi à
vendredi de tirs à l`arme lourde, ont rapporté à l`AFP plusieurs habitants.
"Vers minuit (locale et GMT), on a entendu des tirs d`arme lourde. On s`est
mis sous le lit, à même le sol, de peur d`être tués", a raconté une habitante.
Laurent Gbagbo a marqué un point à l`extérieur, la cour de justice de la
Communauté économique des Etats de l`Afrique de l`Ouest (Cédéao) ayant donné
l`ordre vendredi aux 15 Etats membres de s`abstenir de l`usage de la force en
Côte d`Ivoire, dans une décision provisoire en attendant un jugement sur le
fond.
La décision n`a cependant pas d`implication immédiate, la Cédéao semblant
avoir écarté un éventuel usage de la force pour déloger M. Gbagbo.
Ce dernier a accusé le président nigérian Goodluck Jonathan, l`un des
tenants de la ligne dure face à M. Gbagbo, d`apporter une "assistance
militaire" au camp Ouattara en "convoyant près de 500 mercenaires sur Bouaké"
(centre), fief des FN.
Accusation "sans fondement", a répliqué le ministère nigérian des Affaires
étrangères.

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