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Région Publié le lundi 28 mars 2011 | Le Patriote

Sinfra : Affrontements communautaires - Un village incendié, des morts, des armes emportées

Incroyable, mais vrai. La politique mensongère, des rumeurs non fondement, l`instrumentalisation des jeunes et populations analphabètes ont fini par prendre le dessus sur la vie humaine. Occasionnant ainsi des affrontements sauvages et barbares dont les innocentes populations paient e lourds tribut. C`est le cas le jeudi 24 mars dernier à Proniani, gros village du département de Sinfra, devenu un quartier de la ville. Village de l`ex-musicien Germain Bi Gokon du « Kayéli Band » qui a fait les beaux temps de la musique ivoirienne. Le bilan enregistré est très lourd. Plusieurs morts dont un policier, des personnes calcinées, le village complètement brûlé. Des armes lourdes de guerre, des munitions découvertes et emportées. Des greniers contenant la réserve de riz partis en fumée. Des motos, vélos détruits. Au moment où nous mettons cet article sous presse, selon des témoignages, les populations continuent de découvrir des corps dans les champs à proximité du village. En tout cas, ce jeudi 24 mars à Proniani, on se croirait à Sarajevo en 1989.
Mais que s`est-il passé exactement pour que de tels crimes soit commis ? Les commentaires vont bon train et tout le monde se perd en conjectures. Sur place où nous avons rencontré les populations Gouro, les autorités de l`éducation nationale, le corps préfectoral, les forces de l`ordre et beaucoup d`autres témoins des faits, chacun d`eux a opté de parler sous le couvert de l`anonymat. De peur d`être indexé, enlevé ou tué. Mais ce qu`il faut retenir, c`est que ces témoignages sont concordants. En effet, selon ces différents témoins, le jeudi 24 mars, très tôt le matin, les élèves des établissements secondaires et primaires étaient en grève et avaient occupé toutes les rues de la ville. Ils s`indignaient du fait que leurs dossiers soient rejetés par la DECO. Et s`inquiétaient de leur sort, tout en rejetant la thèse d`une année blanche qu`ils voient se profiler à l`horizon. Face à cette situation, le directeur départemental de l`éducation nationale n`a pu réussir à convaincre les élèves après une rencontre. L`un de ses collaborateurs de la DDEN, répondant au nom de Ballo Bi, au cours de la rencontre, aurait menacé les élèves avec son arme. Dès lors, les populations autochtones s`en sont mêlées accusant les enseignants et élèves issus du groupe Malinké d`être à l`origine de cette grève. Très vite, l`information a été propagée dans les villages Gouro et dans les quartiers de la ville. Les « jeunes patriotes » et miliciens guidés par un jeune Gouro répondant au prénom de David, en mission commandée pour Blé Goudé, leader de la galaxie patriote, sont entrés en action. Ces derniers ont commencé à ériger des barrages sur toutes les voies dont celle qui mène à Yamoussoukro. Les chemins menant dans les champs et campements des allogènes Malinké ont été barricadés. Ils ont été interdits d`aller à leurs champs. Le préfet du département saisi, a envoyé les forces de l`ordre dont le commandement de la brigade de la gendarmerie pour engager des négociations avec la communauté Gouro de Proniani. Mais en vain. Ni le préfet , ni les forces de l`ordre ne parviendront à les raisonner. Le chef du groupe, David, a même eu l`audace, selon des sources proches du corps préfectoral, de menacer le préfet au téléphone : « Vous n`avez rien avoir dans le problème qui oppose les Gouro aux Malinkés qui occupent nos terres. Vous ferez mieux de vous taire. Sinon vous aurez des conséquences lourdes à vos risques et périls », nous a-t-il été rapporté.
Mais déjà à la veille de l`affrontement, indiquent certaines victimes de Proniani, les Gouro ont dansé toute la nuit dans la forêt sacrée, le « Djè, » une danse guerrière. Ils ont rapporté au chef du village, Djakalé Lazare, qu`ils allaient se venger contre les Malinkés. Parce que, soutiennent-ils ce sont eux qui ont tué le troisième vice-président du conseil général, Bakayoko Brahima, le mercredi 16 mars dernier à Kayéta, son village maternel où il s`était réfugié. Le chef du village leur a conseillé de surseoir leur projet funeste. Malheureusement, le chef ne sera suivi. Il est même traité de rebelle et d`être de connivence avec les Malinkés. Il a été battu à sang par les « jeunes patriotes » avant d`être exfiltré par les jeunes Malinké et conduits chez leur chef. Munis de gourdins, flèches, de kalachnikovs, de fusils de chasse calibre 12, la population de Proniani a commencé à s`attaquer aux Malinkés. Des domiciles incendiés, des armes de guerre ont été a été découvertes, dont des kalachnikovs, des mitraillettes, des munitions et des lots de treillis neufs. Toutes les armes ont été emportées et les treillis brûlés. Plusieurs personnes ont trouvé la mort dans les affrontements. Il ressort aussi de nos échanges que le chef de tribu « Sian, » ancien gendarme à la retraite, Zagota Bi Kalé, distribue en ce moment des armes à feu aux populations de son canton. Ces armes lui auraient été données par le ministre Lia Bi Douyoua.
Au lendemain des affrontements, le commissaire de police a été révoqué par le gouvernement Gbagbo et la passation de charge a eu lieu le vendredi dernier.
Le préfet, Niansson Konian, essaie encore d`engager le dialogue. A cet effet, une grande rencontre, élargie aux cadres filles et fils du département, est prévue pour le 29 mars prochain. JM
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