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Ce qui a perdu IB
Publié le vendredi 29 avril 2011   |  L'Inter


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© Getty Images par DR
Chef du Commando invisible d`Abobo : le Général Ibrahima Coulibaly "IB" face à la presse
Mardi 19 avril 2011. Abidjan, Abobo-gare. Le chef du "Commando invisible", le général IB reçoit la presse dans son QG de PK 18


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Le chef du commando invisible, l`ex- sergent-chef Ibrahim Coulibaly alias IB, a été tué dans la soirée du mercredi 27 avril 2011 lors d`un affrontement entre ses hommes et les Forces républicaines de Côte d`Ivoire (FRCI). C`est du moins la version des faits relatée par le porte-parole du ministre de la Défense, le capitaine Alla Kouakou Léon. Celui qui a marqué la vie socio-politique de la Côte d`Ivoire pour ses nombreuses tentatives de putsch a fini son parcours dans son QG d`Abobo PK 18. Une fin de parcours provoquée par la conjugaison de plusieurs facteurs aussi désagréables les uns que les autres. Le premier fait qui a joué contre IB est la déclaration de l`un de ses chefs d`unité, en l`occurrence « le colonel Bauer » qui s`affichait à la tête de commando invisible un mois après sa constitution. Celui-ci avait confié au journal français « Le figaro », le mardi 15 mars 2011, que le commando invisible combattait à Abobo pour prendre le pouvoir et organiser une transition à l`issue de laquelle Alassane Ouattara pourra se représenter. « Selon nous, le dernier scrutin a été entaché de trop d`incidents. Il sera donc indispensable de passer par une transition dirigée par le général Coulibaly. Ensuite, seulement, Alassane Ouattara pourra se présenter à de nouvelles élections », avait-il soutenu. Une déclaration qui a fait l`effet d`une douche froide aux militants d`Alassane Ouattara, qui croyaient que le commando invisible était venu réhabiliter leur mentor dont l`élection comme président de la République avait été contestée par le camp de l`ancien chef d`État, Laurent Gbagbo. Depuis lors, l`image d`IB s`est écornée dans l`esprit des pro-Ouattara qui ont commencé à se méfier de lui. Il se sursurre même dans le cercle restreint des FRCI que les hommes d`IB auraient bloqué l`entrée à Abidjan, du commandant de zone Morou Ouattara pendant plusieurs heures à Azaguié, une bourgade située non loin de la commune d`Anyama que le commando invisible contrôlait. La rumeur a circulé par ailleurs que les « petits d`IB » avaient attaqué la télévision nationale dans le but de faire proclamer leur chef président de la République. Une rumeur confortée par une autre qui laissait croire que ses éléments combattaient aux côtés des miliciens favorables à Laurent Gbagbo à Yopougon, contre les FRCI. Même si dans sa conférence de presse du mardi 19 avril 2011, Ibrahim Coulibaly a démenti toutes ces rumeurs, le mal était fait et le patron du commando invisible était désormais perçu par les partisans de Ouattara comme un élément dangereux pour le nouveau régime. Qui plus est, ces militants comprenaient difficilement son refus de déposer systématiquement les armes après la chute de Laurent Gbagbo. La plupart de ses soldats, qui disaient avoir pris les armes pour combattre le régime précédent, ont préféré le quitter pour regagner, pour certains les FRCI et pour d`autres, la vie civile. Un autre fait et non des moindres qui a joué contre IB, c`est l`incohérence des déclarations qui fusaient de son staff et sa mauvaise analyse du terrain. IB n`a pas compris, ou peut-être a compris tardivement, que les soldats qui ont combattu à ses côtés l`ont tous fait pour Ouattara qu`ils disent être abusivement écarté du pouvoir. Ce qui explique la défection de plusieurs d`entre eux une fois Laurent Gbagbo arrêté. Ceux qui étaient encore à ses côtés espéraient intégrer l`armée ou bénéficier d`un programme de réinsertion, sans plus. Ceux-là ont encore rendu les armes aux FRCI quand elles ont attaqué le fief d`IB. Quant à ses déclarations, elles donnaient l`impression aux pro-Ouattara d`être un chantage, dans la mesure où elles subordonnaient le dépôt des armes à l`obtention d`une audience. Même pendant l`attaque de son QG, il n`a pas abdiqué depuis sa cachette, confiant à l`AFP que ses positions étaient attaquées de toutes parts, que ses éléments résistent et qu`ils lanceront une contre-offensive. Une déclaration qui tranchait avec celle de son porte-parole qui affirmait qu`IB avait ordonné à ses éléments de déposer les armes suite à l`injonction du président de la République. Autant d`incohérences qui irritaient plus d`un dans l`entourage de Ouattara pour qui la personnalité d`IB, tout comme son attitude, était difficile à cerner. La médiation engagée par l`ONUCI pour trouver un terrain d`entente entre le commando invisible et les FRCI a échoué du fait de l`absence d`IB, qui a préféré se faire représenter. Ce fut, sans doute, le dernier clou enfoncé dans son cercueil. Dès lors, celui qui s`est attribué le grade de Général de division légitimait, par sa posture, une offensive contre son QG. Ce qui fut fait et les populations d`Anyama et de PK 18 ont perçu l`arrivée des FRCI dans leurs communes comme une libération. Tous ces facteurs, ajouté à l`inimitié farouche entre lui et le Premier ministre Guillaume Soro, ont finalement eu raison de celui qui appelait affectueusement Alassane Ouattara « mon père ».

Y.DOUMBIA


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