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Politique

Les tueries et pillages continuent à Yopougon
Publié le lundi 9 mai 2011   |  L'Inter


Le
© Abidjan.net par Emma
Le dernier bastion des partisans de Gbagbo tombe: soldats, miliciens et mercenaires libériens déposent les armes aux pieds des Forces républicaines, à Yopougon
Vendredi 29 avril 2011. Abidjan, commune de Yopougon. Des dizaines d`anciens éléments de la BAE, de la Garde républicaine, de miliciens ivoiriens et des mercenaires libériens déposent les armes au cours d`une cérémonie placée sous l`égide de l`Onuci. Les généraux Philippe Mangou et Gueu Michel, ainsi que les commandants Chérif Ousmane, Morou Ouattara et Ben Laden rassurent les hommes de Eugène Djué et Magui-le-tocard...


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Ce n`est toujours pas la sérénité dans certains quartiers de Yopougon, depuis la libération de cette commune par les Forces républicaines de Côte d`Ivoire (FRCI). En dépit des efforts des commandants Chérif Ousmane et Koné Zackaria d’y instaurer une certaine quiétude, cette commune demeure encore le théâtre d`exactions et autres exécutions sommaires. Combien sont-ils, les habitants en détresse de ladite cité qui nous ont joint depuis la semaine passée et particulièrement ce week-end? Ces populations, confrontées à une toute autre réalité, une sorte de chasse à l`homme assimilable à une épuration ethnique dans des zones. C`est le cas de le dire, des exécutions sur la base de leurs ethnies dont des habitants disent être témoins ou victimes. Il ne fait pas encore bon vivre à ``Bel Air``, ``Quartier millionnaire``, ``Toit Rouge``, ``SOGEPHIA``, ``Palais``, ``Sapeurs pompiers`` et bien d`autres de ces quartiers d`où les plaintes et pleurs des habitants nous sont parvenus, dénonçant des exactions d`hommes en armes, initialement à la recherche de caches d`armes, avant de s`adonner soit à des pillages de domiciles au vu et au su des populations, soit à des exécutions sommaires. Bien des victimes soulignent avoir tout perdu. Le domicile passé à sac, les véhicules systématiquement emportés, servant même parfois à ramasser le butin. «Je vous appelle de la SIDECI, non loin du Palais ( du tribunal, ndlr). On a tout pillé chez nous. Ce sont les petits d`Abobo et des apprentis Gbaka (véhicule de transport en commun) de Yopougon qui ont pris les armes qui pillent. Il n`y a pas de commissariat ni de brigade de gendarmerie. On ne sait plus où aller se plaindre. Je vous appelle pour que vous nous aidiez. Il faut que les nouvelles autorités revoient ça. Ce n`est pas bien pour leur image», se lamente une riveraine qui dit ne plus savoir à quel saint se vouer. Le pire, c`est le traitement que certains de ces hommes en armes feraient subir à des populations civiles sur une base purement ethnique. C`est quasiment en pleur que des habitants encore sous le choc, qui ont souhaité l’anonymat, ont assisté à l`exécution d`un tiers ou d`un proche, parce que soupçonné d`être un milicien à la solde ou un partisan du président déchu, Laurent Gbagbo. « On ne sait pas ce qui se passe, mais c`est les Guéré, les Bétés, les Wobé et les Attiés qu`on soupçonne d`être des miliciens ou partisans de Gbagbo. Ce n`est pas juste», nous lançait le samedi dernier aux environs de 13h30, un père de famille qui venait d`assister à l`exécution de deux de ses enfants, sous le prétexte qu`ils étaient des miliciens. Le plus souvent, nous indiquait la veille, M. Bilé, un autre interlocuteur au téléphone, ce sont des habitants qui se comportent comme des indics et dénoncent les victimes aussitôt visitées par les hommes en armes. Toute chose qui frise les règlements de compte entre habitants, parfois. Sur le terrain, certains habitants nous ont confié que depuis la prise de Yopougon, des individus ont décidé de se complaire dans l`art de la dénonciation. Ce sont eux qui livrent leurs voisins et parfois des adversaires politiques. «Au début de la crise post-électorale, plusieurs personnes ont été brûlées vives ou froidement exécutées par les miliciens parce qu`elles étaient Nordistes. Dès que les FRCI sont entrées à Yopougon, certains jeunes profitent de l`occasion pour se venger sur ceux qu`elles considèrent comme leurs bourreaux», a indiqué un habitant de la SICOGI, qui a ajouté que le quartier s`est littéralement vidé de son monde. «Plusieurs jeunes ont fui le quartier. Aujourd`hui, ça va. Les véhicules de transport en commun circulent, mais le quartier est toujours désert». Un résident du quartier SIDECI parle, lui, de fréquentes descentes militaires suivies d`enlèvements et de bastonnades des jeunes. Le quartier précaire Yahosehi, situé entre la Sicogi et la SIDECI, où résidaient plusieurs miliciens, s`est littéralement vidé, a-t-il ajouté. « Il n`y a plus personne à Yaosehi », a-t-il soutenu. A la SOGEFIHA, pour que leurs enfants de reviennent à la maison, les parents ont tenu une réunion avec des responsables des FRCI. Il s`est agi pour eux de demander une franche collaboration des militaires afin que le quartier retrouve son ambiance et sa quiétude d`antan. «Nous leur avons demandé de faciliter le retour de nos enfants qui, par peur, ont fui la maison », a indiqué un participant à cette réunion. Initiative bien à encourager dans l`élan de la réconciliation en cours pour arrêter les dérives qui font suite aux combats dans la commune naguère réputée pour son bon-vivre dans le District d`Abidjan.

Y.DOUMBIA

Halte à la dérive!

Au regard des témoignages que nous avons recueillis sur la situation, qui continue de prévaloir à Yopougon, il convient d`interpeller les autorités gouvernementales et les chefs militaires sur le drame que vivent les populations de cette commune. Des efforts sont, certes, faits pour sécuriser cette vaste cité. Mais, il importe que des mesures exceptionnelles soient prises pour arrêter la saignée qui endeuille ces hommes et ces femmes obligés de fuir leurs quartiers, qui pour préserver la vie à leurs progénitures, qui pour se mettre eux-mêmes à l`abri, parce que ressortissants de telle ou telle région. Parce qu`appartenant à une telle ethnie ou à une région donnée, plusieurs jeunes continuent de fuir Yopougon, traqués jusque dans leurs domiciles par des bourreaux en armes. Ça suffit! Halte à la dérive! Ce n`est pas en opposant les ethnies que va naître la Côte d`Ivoire nouvelle prônée par le président Ouattara. Ceux qui ont combattu le régime de l`ancien président disent l`avoir fait parce qu`ils se sentaient brimés à cause de leur appartenance à une région ou à une ethnie. Retomber dans les mêmes travers, c`est faire perdurer la crise dans le pays. Ce qui n`est pas fait pour arranger le nouveau régime qui a fait de la réconciliation et du pardon son cheval de bataille. Il est vrai qu`à Yopougon, il y a eu des tueries massives portant sur une catégorie de personnes assimilées à des rebelles. Il est vrai aussi que dans cette commune, des personnes ont été brûlées vives parce qu`elles ont eu tort d`appartenir à un groupe ethnique ou à une formation politique donnée. Mais cela ne doit pas servir de prétexte aujourd`hui pour régler des comptes sur fond d`épuration ethnique. La vengeance n`a plus sa place, après les événements douloureux que vient de traverser la Côte d`Ivoire. Car, la vengeance appelle la vengeance, et l`on finit par entrer dans un cercle infernal. Le plus grand défi pour le gouvernement du président Ouattara, c`est la cohabitation pacifique des Ivoiriens. Il lui faudra interpeller ceux des FRCI qui s`adonnent à des actes du genre, mais également prendre les dispositions pour qu`aucune autre force parallèle ou adverse ne continue à faire souffrir les pauvres populations déjà assez éprouvés. Alors et alors seulement naitra la nouvelle Côte d`Ivoire réconciliée avec elle-même.

Y.DOUMBIA

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