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Touré Mamadou (Pionnier Rdr): «Entre le Rdr et moi, c’est toute une histoire»
Publié le mardi 17 mai 2011   |  Nord-Sud




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A l’approche de l’investiture du président Alassane Ouattara, nous avons rencontré Touré Mamadou dit ‘’capitaine Touré’’ 1er adjoint au maire de Bouaké, pionnier du Rassemblement des républicains (Rdr) dans la Vallée du Bandama. Dans cet entretien, il nous retrace l’implantation du Rdr dans le département ainsi que les difficultés rencontrées à Bouaké depuis la création de ce parti, en 1994.

Comment s’est fait l’implantation de ce parti dans le département ?

En 1994, nous avons reçu une délégation en provenance d’Abidjan, conduite par Zémogo Fofana, qui nous a alertés que quelque chose se préparait et qu’il fallait que nous prenions des dispositions. Parce que le président Alassane Ouattara qui était Premier ministre, avait des difficultés au niveau de l’Assemblée nationale. Et, nous nous sommes retrouvés avec certains cadres des 14 départements au quartier zone, chez Mamadou Coulibaly, un professeur, aujourd’hui, à la retraite. On se réunissait chez lui tous les samedis et la finalité, c’était de faire en sorte que le Premier ministre Ouattara ait moins de difficultés. Ainsi donc, les rénovateurs étaient en train de créer le Rdr. On nous a envoyé des fiches et j’ai désigné Lama Bamba pour les distribuer au niveau de Bouaké. C’est ainsi qu’un jour, nous avons appris qu’un autre groupe se réunissait au quartier Koko chez Ali Soumahoro et on nous a demandé d’aller coordonner les actions. Nous nous sommes retrouvés au cinéma Liberté pour désigner un coordinateur. Et le premier coordinateur, nous l’avons désigné ce jour-là en la personne de Fanny Ibrahima qui est parti sur-le-champ avec les documents que nous avons signés pour dire qu’à Bouaké, nous étions prêts. Ainsi, dès que le parti a été créé, on m’a envoyé Hyacinthe Sarassoro qui avait été nommé à la direction du parti comme président de la commission électorale, pour nous rencontrer. C’est cette commission qui était chargée d’implanter le parti au niveau national. Après que j’ai été élu, j’ai été investi par Hyacinthe Sarassoro avec pour mission d’implanter le Rdr dans la Vallée du Bandama. Dès le lendemain de ma désignation, j’ai commencé à sillonner le département de Bouaké. J’ai commencé par Dabakala, Béoumi, Sakassou, etc. Lorsque j’ai achevé la tournée dans le département, je suis venu à Bouaké pour mettre en place les structures au niveau local, à commencer par les comités et ensuite les sections. A la date d’aujourd’hui, nous sommes à 168 sections et plus de 1300 comités de base. Voilà comment le Rdr a été implanté et structuré à Bouaké.

Quelles sont donc les difficultés rencontrées au cours de cette implantation du Rdr à Bouaké ?

J’ai d’abord rencontré des difficultés dans les communes rurales et ensuite au niveau des sous-préfectures. Nos frères baoulé étaient réticents. Vous savez, on leur a fait un lavage de cerveau comme quoi le Rdr n’était pas un parti auquel il fallait adhérer. Mais, nous ne nous sommes pas découragés. Nous allions, nous revenions et, au fur à mesure, nous avons pu mettre quelques structures en place. Ça, c’est au niveau des cantons. Ensuite, je suis allé vers les sous-préfectures où j’ai nommé des commissaires locaux qui devaient m’aider sur le terrain à donner du répondant aux structures de base. Ce qui a été fait. Les commissaires implantés ont eu moins de difficultés que moi parce qu’ils avaient affaire à leurs frères.

Après tout ce parcours qu’est-ce cela vous fait de voir, aujourd’hui, qu’Alassane Ouattara est devenu président de la République?

C’est une satisfaction pour moi et cela signifie que ma mission est accomplie. Je suis heureux bien que mon état de santé se soit aggravé. J’ai été alité deux fois et je souffre terriblement. Mais cela ne me gêne pas aujourd’hui. Je trouve que ce pourquoi j’ai été torturé, se concrétise en fin de compte. Je suis satisfait. Etre au Rdr, ça n’a pas été facile, nous venons de très loin. Arriver au pouvoir après une dizaine d’années n’était pas chose aisée. Il a fallu forcer sur le terrain avec beaucoup de volonté. En tout cas, il ne nous a pas manqué de volonté parce que nous n’avions pas grand moyen. Nous ne demandions rien également pour faire le travail à nous confié. Et, aujourd’hui, je suis comblé qu’Alassane Ouattara soit président de la République.

Votre arrestation fait partie de ces difficiles moments ?

J’ai été arrêté en 2000 au lendemain de l’élection de Gbagbo. Le parti a demandé qu’on organise une marche pour la reprise des élections et la date était retenue. A la veille de la marche, je suis allé à la préfecture de police, accompagné d’un membre du comité d’organisation et nous avons négocié avec le préfet de police d’alors, les contours de la marche, notamment son itinéraire. Et jusqu’à 20h, les militants m’attendaient au cinéma Liberté. Nous sommes tombés d’accord et le lendemain matin, la marche devait avoir lieu avec pour point de départ, le marché du gros. A l’heure de la marche, je reçois un coup de fil du préfet de police me demandant de me rendre aussitôt à son bureau. Etant à proximité de la préfecture de police, je me suis présenté à son service. Et dès qu’il m’a aperçu, il a donné l’ordre de m’arrêter. Je lui ai demandé le motif de mon arrestation. Il a simplement indiqué que la marche avait dégénéré. Il faut noter que, ce jour-là, il y a eu 5 morts à Bouaké, le préfet a vu les vitres de sa voiture briser. 124 militants ont été blessés. J’ai également été torturé. Je traîne toujours des séquelles dont les soins sont pris en charge par le président Alassane Ouattara. Un jour, pendant que j’étais allé à Abidjan pour des soins, j’ai été enlevé par les escadrons de la mort et c’est grâce à Rfi qui a annoncé mon arrestation que j’ai pu avoir la vie sauve.

Malgré toutes ces difficultés, quel sentiment vous anime d’avoir contribué à la victoire du Rdr ?

Je suis heureux d’être un militant du Rdr. Avant d’être militant de ce parti j’ai d’abord fait un passage-éclair au Pdci (Parti démocratique de Côte d’Ivoire, Ndlr). Mais bien avant tout ça, j’ai servi dans l’armée ivoirienne en tant que capitaine. J’ai intégré le Rdr en 1994, dès sa création. Le Rdr est donc pour moi une histoire. J’ai été le premier secrétaire de section, le premier secrétaire communal et le premier secrétaire départemental élu.

Entretien réalisé à Bouaké par Denis Koné

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