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Politique

Adresse d`un groupe de militants du Fpi originel : “Notre parti (Fpi) doit des excuses aux Ivoiriens et aux militants que nous avons trahis”
Publié le mercredi 18 mai 2011   |  Le Nouveau Réveil




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Depuis plusieurs années, la Côte d'Ivoire, notre pays, jadis bercée par la bise exquise d'un relatif bonheur, est prise dans un gigantesque cyclone qui la ballotte sur les écueils. Des dommages dont certains pourraient s'avérer irréversibles lui sont infligés. Notre nation connaît la désolation, l'affliction, le bouleversement social et l'anarchie. Mille morts à droite, mille morts à gauche !
Par notre faute, au nom d'une refondation qui n'était plus la vraie, la fascination du pouvoir, le pays est torturé et déchiré. L'histoire parlera.
Pour l'heure, nous devons des excuses. Nous devons faire notre autocritique et présenter des excuses à tous les militants et aux Ivoiriens pour les avoir trahis. Nous devons des excuses pour avoir, malgré les cris d'alarme (congrès 2001, manifestes, articles de journaux et débats), conduit le parti à sa déliquescence, voire à sa destruction. Nombre de militants ont été frappés d'ostracisme et écartés du chemin pour avoir réagi, pour avoir porté la contradiction, quelquefois tout simplement pour avoir prédit ce qui vient d'arriver au régime et au parti ; les Cassandres ! Nous n'avons pas été capables de tolérer la pensée plurielle. Nous avons trahi parce que nous avons fait le contraire de ce que nous avions convenu et promis. Dans le domaine de la prévarication, nous avons vaillamment rivalisé avec les régimes précédents dont nous étions pourtant les procureurs caustiques. Nous avons trahi notre idéal " commun ? ", nous avons dévoyé notre idéologie. Le Fpi et la "Refondation" riment aujourd'hui avec dérision. Nous devons, pour cela, demander pardon aux militants.
La démocratie, la justice, la liberté, la bonne gouvernance et la solidarité sont les principes essentiels qui ont officiellement fondé le Fpi. Ce sont ces valeurs socles, constitutives et promotrices de ce parti qui nous ont entraînés en grand nombre au sein du Fpi. Ces valeurs ont été reniées au profit d'idoles dont l'une s'appelle Mammon.
En effet, l'idéal socialiste s'est opacifié si tôt le pouvoir conquis. Des calculs et des desseins jusque-là déguisés et dissimulées se sont révélés avec à l'appui le déploiement de groupes d'intérêts qui ont confisqué le pouvoir, au point où l'on peut se demander s'il y avait un idéal commun au Fpi. Dans les clans hermétiques et les cercles d'initiés, l'on savait pour quelles autres causes l'on envoyait les militants au charbon. Et l'on a entendu souvent dire, parlant des cautions morales du parti : "eux, ils font de la philosophie, nous, nous faisons de la politique". Nous en sommes indignés.
Nous avons brisé le rêve de millions d'Ivoiriens qui nous ont fait confiance. Des Ivoiriens qui, un jour d'octobre, bravant la soldatesque, sont descendus dans la rue arracher le pouvoir pour le remettre à Laurent Gbagbo. Eux qui voyaient et imaginaient une autre Côte d'Ivoire plus belle avec le Fpi, connurent plutôt la désillusion. Les Ivoiriens rêvaient de voir une Côte d'Ivoire d'où avaient disparu la corruption et les malversations. Ils rêvaient d'une Côte d'Ivoire où les gouvernants gouvernent pour l'intérêt et le bonheur du peuple. Mais leur rêve devint déception. Nous devons nous repentir et demander pardon au peuple et à la nation tout entière au lieu de continuer d'afficher la morgue et l'indifférence qui semblent être la marque de certains d'entre nous.
Nous, c'est nous tous qui avons participé, à un moment ou à un autre, à la vie du parti. Nous, c'est nous tous qui avons favorisé l'arrivée de Laurent Gbagbo au pouvoir. Mais nous, ce sont particulièrement :
- ceux qui se savaient non compétents et qui ont gouverné ce pays,
- les clans qui ont accaparé le pouvoir pour réaliser leurs ambitions personnelles,
- les membres égocentriques et arrogants de la direction du parti cooptés par affectivité et affinité d'intérêts qui ont fait absorber le parti par une nébuleuse d'organisations brumeuses.
Ce sont des clans au sein du parti qui ont gouverné le pays avec leurs nouveaux amis. Nous devons des excuses aux militants. Nous devons des excuses au Fpi. Nous devons des excuses à la Côte d'Ivoire.
La pensée plurielle est le support dynamique de la démocratie qui est, elle-même, nécessaire à l'épanouissement et à la fortification de la nation. Ce sont les partis politiques qui concourent à la promotion de cette pensée plurielle et à l'instauration de valeurs républicaines. C'est dans le respect scrupuleux de ces principes que le Fpi survivra. A condition que son idéologie ne soit ni dévoyée ni reniée comme elle 'la été, ce qui est un des germes de la situation actuelle.
Pour le groupe,
F. Nobou
Ancien rapporteur du Comité de contrôle
Rapporteur au Congrès de 2001
(Fpi) Originel)
Tel : 40 69 99 52

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