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Sarkozy en Côte d`Ivoire pour apporter son soutien au président Ouattara
Publié le vendredi 20 mai 2011   |  AFP


Le
© Reuters par DR
Le président Français Nicolas Sarkozy
France`s President Nicolas Sarkozy (R) greets supporters before his New Year speech to the French agricultural sector in Truchtersheim, eastern France January 18, 2011.


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PARIS, 20 mai 2011 (AFP) - Un mois après la reddition sous les baïonnettes
de son prédécesseur Laurent Gbagbo, Nicolas Sarkozy vient apporter samedi son
onction au président ivoirien Alassane Ouattara, érigé en modèle de ces
démocrates africains que la France entend désormais soutenir.
Pour son premier séjour en Côte d'Ivoire, le chef de l'Etat est attendu à
Yamoussoukro pour un entretien puis la cérémonie d'investiture de M. Ouattara,
avant un détour par Abidjan pour saluer la communauté et les soldats français.
Visite au pas de charge, mais toute en symboles.
Nicolas Sarkozy veut apporter un soutien politique à son "ami" Alassane
Ouattara et, surtout, tourner enfin la page des relations souvent troubles
entretenues par la France avec ses ex-colonies africaines dans ce pays qui en
fut longtemps le symbole.
Promise depuis son élection, cette "rupture" a tardé. Malgré le discours
fondateur du Cap en 2008 proclamant la fin du rôle de "gendarme de l'Afrique"
de la France, le renvoi sous pressions du ministre Jean-Marie Bockel, le
recours persistant à la diplomatie parallèle et le soutien ambigu à quelques
vieux "amis" du continent ont brouillé le message.
Mais cette fois c'est sûr, répète Nicolas Sarkozy, le "printemps arabe" a
changé la donne. Plus question de protéger un autocrate allié au détriment des
droits de l'Homme, a-t-il promis récemment, "quand les peuples demandent leur
liberté, la France sera à leurs côtés".
En Côte d'Ivoire, c'est au nom de ce principe que la France a soutenu le
vainqueur reconnu du scrutin présidentiel Alassane Ouattara. Et ce n'est que
sous couverture juridique des Nations unies que les forces françaises Licorne
ont, avec celles de l'Onu, ouvert le feu contre les troupes de Laurent Gbagbo
et précipité sa chute le 11 avril.
Malgré le mandat onusien, cette intervention a été décriée. A Abidjan, à
Paris ou en Afrique, certains ont accusé Nicolas Sarkozy d'avoir, comme au bon
vieux temps, mis au pouvoir M. Ouattara, violant ainsi sa promesse de faire
preuve de "retenue" dans l'ancien "pré carré" français.
Le rôle de la France "pose problème", pour le président rwandais Paul
Kagamé. "Sarkozy à l'investiture de Ouattara, c'est un peu le PDG qui vient
installer le directeur de sa filiale", raille un membre du clan Gbagbo.
Des critiques jugées "très minoritaires" à Paris. "L'action de la France a
été bien comprise et acceptée", relève un diplomate français, "on ne peut pas
sérieusement présenter Ouattara comme un homme de l'Occident en tirant un
trait de plume sur le fait qu'il a élu par le peuple ivoirien".
"Qu'on l'ait aidé, c'est indéniable", concède le même, "mais il faut
arrêter de nous reprocher, en même temps, de défendre des dictateurs et
d'intervenir pour soutenir ceux qui ont gagné les élections".
Loin de ces querelles, la France juge "très positifs" les premiers pas du
président Ouattara et assure lui faire "toute confiance" pour juger les
auteurs d'exactions, quel que soit leur camp, et apaiser un pays déchiré par
six mois d'une crise violente et remettre son économie sur les rails.
L'Agence française de développement (AFD) vient de débloquer une première
enveloppe de 400 millions d'euros de prêts. MM. Sarkozy et Ouattara devraient
discuter samedi des contours de cette aide et évoquer l'avenir de Licorne
(1.100 soldats).
Les deux dirigeants se retrouveront dès la semaine prochaine à Deauville
pour le sommet du G8. En plus du président ivoirien, Nicolas Sarkozy a invité
ses pairs de Guinée et du Niger, fraîchement issus de scrutins libres. Avec la
même ambition de promouvoir l'Afrique démocratique.

pa/rh/cgd

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