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Organisation de la cérémonie de l`investiture du Président de la République : Les ratés, manquements et leçons à tirer
Publié le mardi 24 mai 2011   |  Le Nouveau Reveil




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La fête de l'investiture du Président de la République le 21 mai à Yamoussoukro était grandiose et féérique. Mais, à la charge des organisateurs, il y a eu hélas des griefs dus aux impairs, aux ratés et aux manquements ont laissé un arrière-goût amer à beaucoup qui ont parcouru des centaines, voire des milliers de kilomètres pour y prendre part. De fait, il y a eu cafouillage à bien de niveaux et des débordements terribles à des moments où il ne le fallait pas. Le premier des ratés est le répertoire des invités VIP, notamment des délégations étrangères. Quel était leur nombre exact et comment était organisé, point de vue protocolaire, leur accueil et leur mise en place dans l'auditorium de la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la Paix ? En tout cas, leur arrivée à la Fondation et leur difficile accès au hall puis à l'auditorium et surtout leurs difficultés à avoir des places assises, ne permettent pas de croire qu'ils étaient bien comptabilisés. Surtout pour ceux qui sont arrivés après bien d'autres. On voyait des ministres soulever et déplacer des chaises dans la salle. Des membres des délégations étrangères ont dû attendre pendant de longues minutes pendant que des Ivoiriens non invités étaient tranquillement assis. Le maître de cérémonie a dû supplier les " Ivoiriens déjà assis de bien vouloir céder leurs places aux étrangers ". La salle de 2000 places qui ne devait recevoir que des invités sélects était pleine de près de 5000 personnes avec une foule prête à crier. Que s'est-il passé à la porte du hall et à celle de la salle ? Justement à l'entrée du hall, c'était de la bousculade entre les invités détenteurs de la carte d'invitation et des gens qui n'avaient aucune invitation mais qui brandissaient leur militantisme. Comment étaient-ils arrivés jusque-là ? Qui était particulièrement en charge de filtrer les entrées ? On ne le saura jamais, tant il y avait des ordres et contre ordres qui fusaient de partout. A l'entrée, aucun contrôle de tout ce monde. Il n'y avait pas de détecteur de métaux, encore moins de scanner. Quelqu'un de malintentionné pouvait avoir sur lui une arme et serait tranquillement entrée. L'on a carrément mis de côté les badges confectionnés à Abidjan pour ne contrôler que les cartons d'invitation que les hôtesses et autres portiers ne regardaient même pas assez. Pire, au départ l'on avait voulu faire des badges avec des photos d'identité, mais finalement on a laissé tomber cette option et on a confectionné des badges sans photo. Pourquoi ? Nul ne le sait jusque-là. Aussi, plusieurs personnes ont eu à utiliser les mêmes cartons par un mécanisme d'aller et retour en vue de remettre les cartons de ceux qui étaient déjà à l'intérieur à ceux qui attendaient dehors. Ce fut vraiment laborieux. Pour quelle raison a-t-on privilégié à la dernière minute les cartons au détriment des badges ?

Ce qui a flanché

On comprend difficilement que des élèves de l'EMPT qui portaient le drapeau ivoirien à poser aient été bloqués par la foule qui n'avait pas à se retrouver dans les allées de la salle. Comment cela s'est-il passé ? A la sortie de la salle, les Chefs d'Etat qui devaient se rendre à l'Hôtel Président ont dû encore attendre pendant de longues minutes pour pouvoir sortir de l'esplanade. Il y avait un embouteillage monstre qui les bloquait. Même aux différents repas, il y a eu aussi des jeux de coude, car beaucoup de gens qui ne devaient pas être dans les différents points de restauration s'y sont retrouvés sans difficulté. Le diner-gala offert par la Première Dame, Dominique Ouattara, dans la soirée du 21 mai est passé totalement inaperçu.
Comme si ces ratés ne suffisaient pas, l'accès de la presse à la salle. Sur les 300 journalistes et plus venus du monde entier, seuls quelques-uns, triés sur le volet, peut-être à la tête du client, ont eu accès à la salle. Les autres ont été installés au premier étage loin de la salle et condamnés à suivre l'investiture sur un écran géant de télévision. A la merci du cameraman et du réalisateur de circonstance qui leur montrent, à l'instar des autres Ivoiriens restés chez eux, ce qu'ils veulent bien montrer. Alors que l'information qu'attendaient tous les lecteurs le lendemain était dans la salle, dans les rangers et coulisses. Là encore l'organisation a tué l'intérêt médiatique de la cérémonie.

Débordements et cafouillage

La prestation décousue du maître de cérémonie qui se trompait, qui oubliait ou ne maîtrisait pas le déroulé de la cérémonie et l'ordre d'arriver et de passage des personnalités constituait une autre faiblesse de l'organisation. Dans cette cérémonie, on ne peut plus solennelle, il y a eu beaucoup de flottements dans le programme. D'abord, prévue pour 10h 30, elle a commencé avec 2 heures de retard, au grand dam des de milliers de participants et du calendrier des Chefs d'Etat invités. Dans les coulisses, on apprendra que des policiers n'étaient pas à leur poste de sécurisation. C'est en cherchant à les remplacer qu'il y a eu ce retard. L'organisation aurait dû prévoir toujours des hommes de secours ou de renfort. Mais hélas ! Après le discours de Mme la Grande Chancelière (dont le discours politique qui n'était pas indiquée là a gêné plus d'eux dans l'auditoire, notamment les alliés du RHDP), le maître de cérémonie devait comme il se doit, annoncer le clou de la cérémonie qui est le port de la Grand-Croix, mais le maître de cérémonie était perdu. Madame Diabaté qui attendait s'est résolu à continuer. L'organisation aurait du aussi prévoir un moyen de coordination pour rester en contact avec le maître de cérémonie en vue de l'aider de temps en temps quand il se perd. On se demande pourquoi pour une cérémonie de cette envergure, les organisateurs n'avaient pas fait appel à deux maîtres de cérémonie. Le seul a été dépassé et embrouillé quand tous les chefs d'Etat et leurs délégations sont entrés à la fois dans la salle… Autant de points sur lesquels l'organisation est tout simplement passée à côté.

Un seul vous manque et…

Certes, ceux qui avaient en charge le protocole au sommet avaient des compétences, mais organiser le séjour de 21 chefs d'Etat, des chefs de gouvernement, des présidents d'institutions et organisations internationales, des grands opérateurs économiques du monde, des dignitaires religieux et des rois et autorités coutumières… demandait de l'expérience au-delà de tout. A Yamoussoukro, il y avait plusieurs services de protocole (celui du RHDP, celui du Président Ouattara et celui de la présidence laissé par Gbagbo) qui se marchaient pratiquement sur les pieds. De fait, sans une responsable formel du protocole, les ordres venaient du président du Comité d'organisation qui ne devait qu'être le superviseur, ou alors des présidents de commissions. Si le gouvernement avait été déjà formé, si des gens étaient entièrement responsabilisés parce que nommés par décret à la tête du Protocole d'Etat, on pourrait sans doute éviter certains couacs dus aux multiples ordres et contre ordre sur le terrain. Tout le monde, de ce point de vue, a regretté l'arrivée annoncée et avortée de M. Georges Ouégnin, le directeur du Protocole d'Etat sous les Présidents Houphouët-Boigny et Henri Konan Bédié qui a toute l'expérience requise en la matière. Si Ouégnin était là, sans doute bien de faux sons auraient été évités. C'est pourquoi, il urge que le Président Ouattara nomme maintenant un directeur du Protocole d'Etat et qu'il le fasse former (au besoin pendant quelques mois), parce que les grandes cérémonies ne manqueront pas dans cette Côte d'Ivoire qui retrouve sa place de choix dans le concert des Nations. Après la prestation de Serment le 04 mai dernier, nous avions attiré l'attention des organisateurs, mais tout indique que le message n'est pas passé.

Eddy PEHE

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