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Économie Publié le jeudi 26 mai 2011 | L’intelligent d’Abidjan

Cherté de vie / Me Ouattara Ahmed (pdt du Micom) au chef de l`Etat: "Faites baisser le prix du carburant"

Dans cette contribution, le président du Mouvement ivoirien des consommateurs organisés et méthodiques (Micom) exhorte le nouveau gouvernement à agir instamment sur les coûts des produits de première nécessité après ces mois terribles qui ont fait du panier de la ménagère, un vrai filet usité. Selon Me Ouattara Ahmed, le président de la République sera jugé sur sa capacité à agir en priorité sur cette question.

Excellence, il y a quelque temps, nous nous sommes exprimés dans la presse pour vous souhaiter une bonne arrivée aux affaires mais surtout vous indiquer de façon sommaire, les attentes des consommateurs. Ces consommateurs qui, vous le savez plus que quiconque, ont été et sont en vérité, les plus grandes victimes de la crise ivoirienne. Si vous avez souvenance de notre verbatim, nous vous donnions un temps de grâce vu que, comme cela se dit trivialement "vous n'étiez pas bien assis". Maintenant que c'est chose faite, le Micom estime qu'il est de son devoir, comme il l'a d'ailleurs fait avec tous les gouvernants avant vous, d'exposer les attentes fortes des populations. Vu l'ampleur des dégâts consécutifs à cette crise sans précédent, le tissu social s'est fortement dégradé avec son cortège de misère et de désolation. Face à ce sombre tableau, nous demandons un plan Marshall pour les consommateurs ivoiriens. Ce plan devra avoir pour épine dorsale, une action concrète et durable sur les prix du pétrole et du gaz. Oui Monsieur le président, le Micom, après une analyse de la situation, a conclu que c'est la prise à bras le corps du problème de la volatilité des coûts du gaz et du pétrole qui, à court et moyen terme, viendra amoindrir les charges des consommateurs. En économiste rompu, ce serait vous faire injure que de vous rappeler que les prix du gaz et du pétrole conditionnent ici comme ailleurs certainement, les prix des produits de première nécessité. Ces produits qui conditionnent inéluctablement le niveau de vie des populations. Nous savons qu'il vous apparaîtra une difficulté majeure qui veut que dans certains cas notamment dans les pays émergents, la hausse du prix du pétrole se transforme en aubaine pour l'économie nationale. Si cela est vrai d'une part, vous conviendrez, Excellence avec le Micom que d'autre part, cette inflation s'accompagne de douleurs pour les consommateurs. Cela s'avère encore plus vrai pour nos pays qui sont inscrits à l'initiative PPTE. Aujourd'hui, la souffrance des populations exige une thérapie de choc. Votre première mesure devra être de faire baisser substantiellement le prix du gaz et du pétrole, devenus des denrées rares sur le territoire ivoirien, alors qu'il est de notoriété publique que notre pays est un "scandale géologique" en la matière. Aussi proposons-nous que le prix de l'essence soit fixé à 400 FCFA, le gasoil à 350 FCFA. Au niveau du prix du gaz butane, le Micom estime que pour le montant, les prix tels que fixés par les anciens régimes, correspondent légitimement au niveau de vie des populations et des contingences économiques mondiales. Les prix sont abordables mais devront connaître une baisse lorsque les lendemains chanteront. Seulement, nous voulons que votre gouvernement soit regardant, exigeant, et sans pitié pour les commerçants de bouteilles de gaz appelés revendeurs. Certains parmi eux ont érigé la spéculation et la surenchère en mode de travail et se sucrent sur le dos des populations. A côté de ces personnes véreuses, il faudra mettre l'accent sur le travail des agents de contrôle des prix du ministère du Commerce. Par le passé, leur laxisme doublé d'une corruption qui gangrène la société ivoirienne, a permis aux spéculateurs de fixer des prix du gaz butane exorbitants et totalement déraisonnables. Déjà, nous constatons un zest de régulation mais la sensibilisation devrait précéder toute action coercitive car selon l'article 1 de la loi sur la concurrence, les prix des biens et services échangés en Côte d'Ivoire sont librement déterminés par le jeu de la concurrence.

Cependant cet article de la loi 91-999 du 27 décembre 1991 ne devrait par servir de paravent à toutes les personnes véreuses qui feignent de savoir que les gouvernants ont un rôle régalien en la matière. Au cas où ces "opérateurs économiques" à la mémoire sélective viendraient à rouspéter, le Micom entend vous suggérer que la même loi autorise les autorités à agir sur les prix et à réagir lorsque l'on se retrouve dans des situations monopolistiques et dans des situations anarchiques. En effet, le droit du gouvernement à intervenir dans la fixation des prix des produits de première nécessité est édicté à l'article 2 de ladite loi. " Le gouvernement peut réglementer le prix des biens et services de première nécessité ou de grande consommation après avis de la commission, de la concurrence et en particulier si la concurrence par les prix est limitée en raison de situation de monopole ou de dispositions législatives et réglementaires" dit clairement la loi. Mais mieux, et c'est à ce niveau que nous insistons pour hâter la volonté politique, la loi vous permet de réguler et juguler les inflations incroyables qu'on constate sur le pétrole et le gaz. Le contexte international certes mais la survie des consommateurs doit primer sur toute autre considération. Aussi l'article 3 de la loi susvisée vous donne-t-il le moyen de mettre de l'ordre ici et maintenant. De fait, il stipule que "le gouvernement peut arrêter, après avis de la commission de la concurrence, des mesures visant à empêcher des hausses excessives de prix découlant d'une situation exceptionnelle de crise ou d'une situation de fonctionnement anormal du marché d'un bien ou d'un service. La durée de validité d'un tel décret ne peut excéder six mois et est renouvelable". Nous constatons tous que votre gouvernement a les moyens régaliens de mettre un terme à ces hausses des prix du pétrole et du gaz nonobstant le fait que bien souvent nos Etats acceptent des conventions de concession dirigées justement contre le libre jeu de la concurrence dans les secteurs de l'eau, de l'électricité, le téléphone, l'habitat, etc.. Nous vous exhortons de ce fait, à agir avec diligence car le peuple se meurt chaque jour. La baisse des prix du carburant et du gaz a pour allant la baisse du prix du transport. Cet effet immédiat permet à toutes les couches sociales de faire de grandes économies car le transport est le secteur avec la consommation domestique l'un des secteurs qui épuisent les finances des Ivoiriens. Lorsque le transport baisse, les prix des produits de grande consommation s'en trouvent allégés par effet induit. Or, nul n'est besoin de sortir des cuisses de Jupiter pour savoir que lorsque les prix des produits du vivrier baissent, le panier de la ménagère opère une cure de jouvence. Même s'il ne peut prétendre être la panacée aux problèmes des consommateurs, la baisse des coûts du pétrole et du gaz se révèle être la moitié pour ne pas dire les trois quarts des solutions à la misère des populations. Pour ce faire, le gouvernement actuel se devra de revoir le mode de fixation même des prix du carburant en allégeant les opérateurs du secteur de taxes dont la pertinence n'est pas toujours judicieuse sinon qu'elles constituent des motifs d'envolées des prix sur le marché. Il y a donc urgence à travailler sur cet aspect de la reconstruction post-crise si l'on veut faire oublier rapidement les affres de la guerre aux consommateurs qui n'ont que trop payé pour des querelles politiques. Nous pensons qu'aujourd'hui, il est impératif que le gouvernement crée un secrétariat d'Etat à la consommation, afin de mieux vulgariser et appréhender les problèmes liés à la consommation. Nous souhaiterions que ce secrétariat d'Etat à la consommation dépende directement de la Primature ou de la présidence de la République afin d'éviter les conflits d'ordre institutionnel avec le ministère du Commerce. La semaine prochaine, le Micom se prononcera sur un autre sujet touchant de près aux intérêts des consommateurs. Nous vous prions Excellence, d'accorder une attention particulière à nos préoccupations qui ne sont en réalité que celles de tous les Ivoiriens.
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