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Raoul Aby (Secrétaire général de l’ARRAK) “Nous devons trouver les moyens pour rebâtir ce village”
Publié le vendredi 10 juin 2011   |  Le Patriote




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Le retour des Atchans dans leur village a été rendu possible par l’Autorité pour le retour et la réhabilitation d’Anonkoua Kouté (ARRAK). Le secrétaire général, Raoul Aby, revient sur les missions de cette structure et les actions à mener pour une réconciliation vraie entre les Ebrié.

Le Patriote : Les Atchans d’Anonkoua Kouté ont regagné leur village le vendredi dernier grâce aux actions de l’ARRAK. Qu’est-ce qui a motivé la mise sur pied de cette structure ?
Raoul Aby : Cette structure a été mise sur pied lorsque nous avons constaté le désastre qu’il y a eu dans ce village. Nous autres qui sommes des Atchans RHDP, nous avons dit qu’il était de notre devoir d’aider nos frères d’Anonkoua Kouté à regagner leur village. C’est pourquoi nous avons mis en place cette Autorité pour pouvoir trouver les voies et moyens, trouver les solutions idoines pour permettre à nos frères d’Anonkoua Kouté de rentrer, de retourner sur la terre de leurs ancêtres. C’est d’abord un travail de solidarité, de prise de conscience. Si nous ne faisons pas ce travail, ce ne sont pas les autres qui le feront à notre place. C’est un exemple. Le président Ouattara a demandé que la réconciliation devienne une réalité. Nous autres qui sommes des Atchans RHDP, nous devons être en première ligne pour tendre la main à nos frères Ebrié qui sont de l’autre côté pour traduire véritablement dans les faits le message du président de la République. C’est ce que nous sommes en train de faire à travers l’Autorité pour le retour et la réinsertion d’Anonkoua Kouté.

LP : Vous avez milité pour le retour de cette population qui se retrouve les mains vides. Le village est complètement détruit, défiguré. Quelles actions comptez-vous mener pour que ce retour ne soit pas vu comme un chemin de croix, une punition ?
RA : D’entrée, nous avons précisé que chaque foyer aura droit à un disjoncteur et un compteur. Ce que nous leur avons donné. Lorsque quelqu’un s’installe, on procède à son raccordement électrique. En effet, en procédant ainsi on évite que les petits voyous viennent sévir et emporter les disjoncteurs et les compteurs. Les 421 familles recensées ont reçu les disjoncteurs et les compteurs qu’on va installer au fur et à mesure que les villageois regagnent leurs domiciles. Le samedi dernier, j’ai été à Anonkoua Kouté pour faire l’état des lieux. Très prochainement, nous allons organiser une collecte de dons auprès des organismes tels que la Croix Rouge, le Lions Club et même auprès de l’Etat de Côte d’Ivoire. Nous allons essayer de lancer des actions d’envergure auprès des autorités pour qu’elles viennent en aide à ces populations qui sont vraiment désespérées. Ce village a tout perdu. L’héritage ancestral est parti. Il y a longtemps que ce village existe. Il a plus de 200 ans. Aujourd’hui, il a tout perdu. Il faut le reconstruire. Cette autorité doit suivre ce village. Dans 15 jours, nous allons fait l’état d’avancement. Une vingtaine de maisons ont été calcinées. Nous devons trouver les moyens pour rebâtir ce village. Il y a un travail colossal à faire là-bas. Je pense que si nous arrivons à le faire, on aura réconcilié les Ebrié avec la politique.

LP : Il est bien d’aider une population en détresse. Mais il est bon aussi de savoir ce qui a pu se passer dans ce village.
RA : Nous avons pris la résolution de ne pas aller fouiller, ne pas aller chercher, de ne pas remuer le couteau dans la plaie. On ne veut pas savoir qui a fait quoi pour que cela arrive. Je pense qu’en âme et conscience, chacun sait ce qu’il a fait. Il y a 60 villages Ebrié, si c’est Anonkoua qui a été attaqué, il doit y avoir une raison. Nous n’avons pas envie de rentrer dans ces détails-là. Nous avons un devoir de solidarité. Nous allons nous retrouver au village, on va se parler. En tant qu’Atchan, nous allons nous entendre. Chacun, de part et d’autre, doit faire son examen de conscience.

LP : A votre avis, croyez-vous en cette réconciliation entre ce qu’on peut appeler les bourreaux et les victimes ? Avez-vous senti que les différentes populations d’Anonkoua Kouté sont prêtes à se pardonner, à vivre ensemble, à aller véritablement à la réconciliation ?
RA : C’est pour cette raison que nous avons mis en place le comité de médiation. Il y a beaucoup de gens d’Anonkoua qui ont été choqués. Il y a des innocents qui n’ont pratiquement rien fait et qui ont été traumatisés. Par contre d’autres ont activement contribué à la situation déplorable à laquelle nous assistons. Je pense qu’en écoutant les uns et les autres avec psychologie et patience, on finira par mettre ensemble les uns et les autres. La langue et les dents cohabitent dans la bouche, de temps en temps, ils se font du tort, mais ils ne peuvent pas vivre de manière séparée. Je pense qu’à Anonkoua Kouté, ça va être difficile, mais avec le temps et grâce au comité de médiation, les plaies vont se cicatriser. Ça ne sera pas un travail facile, c’est un travail de longue haleine. C’est pour cela, que nous avons mis en place cette Autorité pour faire le suivi, pour écouter, pour amener les gens à se parler, à dialoguer, pour que plus jamais cela ne se reproduise.
Par OG

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