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Couverture des aliments vendus à ciel ouvert par les commerçants : L’autorité de Beugré Mambé mise à rude épreuve
Publié le mercredi 29 juin 2011   |  Le Temps


Agriculture
© Reuters par DR
Agriculture ivoirienne - Chargement de banane plantain
Photo: Des commerçants déchargeant un camion de bananes au "marché Gouro" d`Adjamé,à Abidjan


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- AFPTV - 26/6/2011

Dossier

Santé 2011

«En raison des risques d’épidémies liés au mode de conservation des aliments et boissons, le Gouverneur du District d’Abidjan, informe les populations, tenanciers de commerces et vendeurs ambulants que seule la vente des aliments et boisson (eau, gnamakou, bissap, tomi, lait, sirop), gâteau beignet, arachides, petits-pois, aloco ou igname frit, atiéké, riz, poisson, viande, légumes et légumineuses… contenus dans des box vitrés est désormais autorisé sur l’ensemble du territoire du District d’Abidjan. Il en est de même pour les aliments et boissons vendus à ciel ouvert». Ce communiqué signé de Robert Beugré Mambé, Gouverneur du District d’Abidjan interdit formellement la vente de ces produits s’ils ne sont pas protégés. Cet appel ne semble pas émouvoir les concernés. En cette saison de pluie, nous nous sommes efforcés de nous rendre au marché d’Adjamé. Là, où plus d’un million de commerçants se retrouve chaque jour pour exercer leur activité. Ce jour-là, le ciel est clément. Le soleil a fait place aux gros nuages. Nous longeons le célèbre Boulevard Nangui Abrogoua du côté de la grande mosquée. Entre embouteillages humains et bruits de klaxons, nous essayons de nous faire un passage. Sur le côté de la chaussée, un tas d’ordures nous accueille. Les mouches sont au rendez-vous. A cinq mètres de là, une dame frit de aloco et du poisson. Elle ne semble pas se soucier de la moindre hygiène. Dans le plateau, de grosses mouche.
sans doute invitées à une cérémonie festoient comme elles peuvent. Non loin de là, c’est le même décor. Des cuvettes de pain attendent de potentiels clients. C’est pareil. Ce commerce à ciel ouvert se déroule à côté d’un tas d’ordures. Les mouches n’en demandent pas mieux. Sur le long de la voie qui mène au Forum du marché de la commune cher au Maire Youssouf Sylla, la situation est identique. Le respect des normes d’hygiène prescrit par le nouveau Gouverneur du District d’Abidjan n’a pas atteint sa cible de ce côté. Cap est mis sur les 220 logements, toujours dans la même commune. Ici, la plupart des commerçantes vendent de l’atiéké accompagné d’aloco. Un regard furtif indique que les commerces ici sont couverts de sachets plastics. La protection n’est pas de mise. Car, les peaux de bananes et autres eaux sales des poissons nettoyés sont exposées à un centimètre près. Comme du miel, ces ordures attirent également les mouches qui, de temps à autre, vont se poser sur les poissons frits, mal couverts par ces sachets. Malgré tout, les clients friands de ces plats ne se font pas prier pour être servis. «On va faire comment ?» lance un client qui dit que cela fait plusieurs années qu’il mange dans ce coin, sans pour autant avoir le moindre signe de maladie, encore moins de maladie comme le choléra. Cependant, il se dit conscient du terrain que gagne la maladie dans le District d’Abidjan. Cap est mis sur l’espace Shanghai à la Riviera 2 dans la commune de Cocody. Cet espace qui regorge au moins cent commerçants (vendeuses d’atiéké et poisson, de poulets braisés et autres aliments) ne semble percevoir le message du nouveau Gouverneur du District d’Abidjan. Tous les aliments sont vendus à ciel ouvert. Une commerçante interrogée sur la décision du Gouverneur nous «balance» presque ce bout de phrase. «Depuis que vous êtes à Abidjan, avez-vous appris que nos aliments ont donné le cholera à quelqu’un?», interroge-t-elle. Tout en me renvoyant dans les communes telles que Attécoubé, Koumassi ou Adjamé qui ont eu des cas de cholera. «Allez-y à Attécoubé, Koumassi et Adjamé. C’est là-bas qu’on a découvert le cholera. Ici, nos aliments sont propres», dit-elle. Une façon de dire que le message de Robert Beugré Mambé n’est pas entendu par les vendeurs et autres vendeuses de ce quartier. En effet, dans ces différentes communes du District d’Abidjan, le cholera fait rage. Plusieurs cas dont 15 décès ont été annoncés par les autorités sanitaires du pays. Aussitôt dit, aussitôt fait. Nous nous retrouvons au quartier Château d’eau. C’est ici que le premier cas de la maladie péril fécal et de l’insalubrité a été signalé au mois de février dernier. Dans ce sous quartier de la commune d’Adjamé, les conditions d’hygiène des populations n’ont pas changé après la découverte du premier cas de cholera. Les commerces sont toujours tenus à ciel ouvert. Idem, pour la commune voisine d’Attécoubé. Dans le marché comme sur la grande voie qui mène dans cette commune, les femmes continuent de vendre sans protéger la nourriture. En tout cas, l’appel du Gouverneur quelques semaines après n’est pas toujours entendu par ses administrés. Peut-être, il va falloir changer de fusil d’épaule en menant par exemple de grandes campagnes de sensibilisation dans les marchés.

Joseph Atoumgbré

attjoseph@yahoo.fr

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