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Politique Publié le samedi 2 juillet 2011 | L’Inter

Après l’accession d’ADO au pouvoir: Ce qui reste des Forces nouvelles ; L`ambiance dans leur fief de Bouaké

© L’Inter Par Emma
Opérations de pacification: patrouilles des Forces républicaines (Frci) dans les rues d`Abidjan
Mercredi 13 avril 2011. Abidjan.
En septembre 2002, le coup d’Etat manqué contre le régime de Laurent Gbagbo s’est mué en rébellion armée. Laquelle a établi son quartier général à Bouaké, au cœur du pays Baoulé. Dans le long processus de sortie de crise qui a abouti à la tenue des élections présidentielles le 28 novembre 2010, les Forces nouvelles ont été l’un des acteurs privilégiés de ce processus. Les différentes branches, militaires, politiques et civiles des Forces nouvelles s’étaient converties alors en acteurs du retour de la paix. Depuis le 11 avril 2011, date à laquelle Alassane Dramane Ouattara a conquis le pouvoir d’Etat à la suite d’une crise post-électorale sanglante, les Forces nouvelles se sont muré dans un silence. Tous les chefs militaires de l'ex-rébellion, notamment Issiaka Ouattara dit Wattao, le chef d'Etat-major adjoint des Forces armées des Forces nouvelles (Fafn), les commandants de zone Chérif Ousmane, Touré Hervé dit « Vetcho », Morou Ouattara, Fofana Losseni, Ben Laden, Koné Zackaria et bien d'autres se sont tous retrouvés dans la capitale économique pour mener la bataille de la conquête du pouvoir. Il en est de même pour les animateurs politiques de premier plan, avec en tête le secrétaire général Guillaume Soro, plus occupé par ses fonctions de Premier ministre que celles de chef de l'ex-rébellion. Beaucoup d'autres cadres de l'ex-rébellion sont aujourd'hui à la recherche d'une place au soleil sous le nouveau régime, après la victoire du 11 avril 2011. Que reste-t-il donc des Forces nouvelles depuis l’accession d’Ado au pouvoir d’Etat ? A l’évidence, dans leur fief de Bouaké, l'ex-rébellion est en baisse d'activités depuis la chute du régime de Laurent Gbagbo. Le secrétariat général faisant office de centre de décision qui enregistrait au quotidien le passage des acteurs du règlement de la crise et même de la société civile, ne connait plus la même ambiance. De plus, les Forces nouvelles sont peu sollicitées et leur aura semble avoir connu une baisse. La sécurité de la ville, qui était la véritable chasse-gardée du redoutable commandant de zone Chérif Ousmane lui-même, est désormais l’affaire de l’adjudant Traoré Amoudi. «La sécurité est bien garantie ; que tout le monde soit rassuré que la protection des biens et des personnes est bien assurée. Les braquages sont en nette diminution, nous avons saisi deux tonnes de drogue et arrêté plusieurs coupeurs de route. Nous avons mis en place des numéros verts pour une collaboration avec la population et aussi des systèmes d’information dans tous les quartiers. Les bandits doivent arrêter de nuire à la population. Après dix ans de crise, la population est fatiguée et partout où ils vont embêter une seule personne à Bouaké, ils vont nous trouver sur leur chemin», nous a confié cet élément du commandant Chérif Ousmane, rencontré au 3ème bataillon de Bouaké. Outre la sécurité que lui et ses hommes s’attellent au quotidien à garantir, l’intérimaire du patron de la compagnie « guépard » a évoqué la lutte contre les tracasseries routières et le racket. « Le commandant nous a instruit de mettre fin à l’escorte et de chasser les éléments incontrôlés des corridors et tous les deux jours, nous faisons un contrôle. Une guerre de 10 ans ne peut pas être maitrisée en 02 mois», a-t-il soutenu. Chose impensable sous le régime de Laurent Gbagbo.


La nouvelle orientation politique
Au niveau des acteurs politiques et civils, c’est le même son de cloche. L'objectif désormais est d'aider à la réussite de la mission présidentielle d'Alassane Dramane Ouattara. Sékongo Félicien, l’un des conseillers de Guillaume Soro et porte-parole des Forces nouvelles, s’inscrit dans cette dynamique. «Les Forces nouvelles sont en alliance avec le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix pour conduire un processus de réconciliation des Ivoiriens. C’est donc une alliance qui a pour ambition de changer la donne que la Côte d’Ivoire a connue ces dernières années et d’en finir avec la guerre. Dire que les Forces nouvelles ont changé de position, c’est exact. Les FN ne se trouvent pas aux antipodes de la politique du régime en place, d’autant plus que le premier responsable des FN est aujourd’hui le Premier ministre», a-t-il expliqué pour justifier la volte-face des Forces nouvelles depuis la chute de l’ex-président Laurent Gbagbo. Poursuivant, il a fait savoir que ce subit adoucissement de l'ex-rébellion rentre dans le cadre de l’application des accords politiques signés en terre burkinabé le 04 mars 2007 et qui prévoient le redéploiement de l’administration. «Depuis les accords politiques de Ouagadoudou, les FN s’étaient évertuées à faire en sorte que l’administration se redéploie et qu’elle prenne la gestion de la cité du point de vue administratif. Avec les élections et la victoire d’ADO, les FN ont donc compris qu’il fallait permettre à l’administration de travailler et de gérer la cité au quotidien(…) Ce n’était pas un problème de confiance hier et ce n’est pas un problème de confiance aujourd’hui. Nous ne sommes pas venus faire un combat pour nous éterniser à quelques positions données. Nous sommes venus faire un combat pour sortir notre pays d’une situation qui était vraiment humiliante et pénible. Nos revendications étant donc satisfaites, nous n’avons jamais pensé qu’il fallait s’arcbouter sur un certain nombre de choses», a-t-il encore soutenu. Au niveau des questions financières, si les choses tardent à se dessiner véritablement, ce n’est pas la volonté qui manque. Les Forces nouvelles entendent également dans ce secteur, laisser du terrain à l’administration étatique. «Le pays est unifié et il n’y a plus d’économie Forces nouvelles. Autant le pays est unifié, les économies aussi sont unifiées. Les employées Forces nouvelles des régies financières sont en train d’êtres intégrés au niveau de l’Etat. Il y a 250 douaniers, 250 agents de trésor, 250 agents des impôts et 250 agents des eaux et forêts qui sont recrutés. Les choses se mettent progressivement en place», nous a confié l’un des proches de Christian Abel Djohoré en charge des finances des FN avec le ministre Dosso Moussa. En clair, l'ex-rébellion est devenue moins exigeante, qu’elle l’était sous le régime de Laurent Gbagbo, et tend à s'effacer pour laisser la place à l'administration Ouattara.

Francis N’Goran à Bouaké.
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