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M. Olivier Adiaffi à propos des manuels d`alphabétisation “Plus de 12 millions d`Ivoiriens ne savent ni lire ni écrire”
Publié le vendredi 8 juillet 2011   |  Le Patriote




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Le taux d'analphabètes en Côte d'Ivoire a atteint le seuil de l'intolérable. Et les couches les plus défavorisées n'accèdent pas facilement à l'instruction du fait du manque de moyens financiers. Le Directeur Général d'Edicoms plaide pour la gratuité des manuels d'alphabétisation.
Le Patriote : Quelle est la situation de l'Alphabétisation en Côte d'Ivoire ?
Olivier Adiaffi : L'état de l'Alphabétisation en Côte d'Ivoire est catastrophique. Officiellement, on parle de 51 % d'analphabètes. Ce qui veut clairement dire qu'une personne sur deux ne sait ni lire, ni écrire encore moins compter en Côte d'Ivoire. Les évènements sociopolitiques ont davantage aggravé cette situation. Avec 51 % d'analphabètes, la Côte d'Ivoire occupait le 188e rang sur 200 des pays les moins alphabétisés au monde. Que la Côte d'Ivoire, pays phare de l'Afrique de l'Ouest, fasse partie des dix pays les plus analphabètes sur terre est inadmissible ! Au vu même de la situation qu'a vécue notre nation durant cette dernière décennie, certains parlent de 64% du taux d'analphabètes. Dans le programme d'alphabétisation, les manuels que nous proposons sont les seuls agréés par le ministère de l'Education nationale, au programme "Ecole et Nation". Et depuis plus de six ans, c'est sur fonds propres que nous avons produit un peu plus de quatre 400.000 exemplaires de manuels destinés aux apprenants.

L.P. : Ces manuels ont-ils été déjà distribués ?
O.A : Non ! Ils ne sont pas encore distribués. Ils sont stockés dans nos entrepôts. Ces 51% voire 64 % des populations ne sachant ni lire ni écrire sont estimés à plus de 12 millions de personnes. Les chiffres sont tellement effarants, que moi-même j'ai du mal à les accepter. Rendez-vous compte que pour la modique somme de 2 800 FCFA (manuels de lecture et d'écriture, niveau 1 et 2), en 60 h, on peut apprendre à lire et à écrire. Mais cette couche de la population analphabète vit dans une extrême pauvreté. Et, avec 2 800 FCFA, elle préfère trouver de quoi manger que d'aller acheter des manuels scolaires. Non seulement je me suis battu pour produire ces manuels, mais je dois également me battre pour que les plus démunis du pays puissent en bénéficier gratuitement.

LP : Pourtant, il y a déjà une politique de gratuité de manuels scolaires…
OA : Oui, la gratuité des manuels s'applique du CP1 au CM2. Aussi, pourquoi ne s'appliquerait-elle pas au programme d'alphabétisation ? Cette tranche de la population adulte (dont l'âge est d'au moins 15 ans) est la plus importante du peuple. Le Président Ouattara, a d'ailleurs clairement indiqué dans son programme qu'il veut éradiquer ce fléau de la Côte d'Ivoire. Cela est clairement indiqué aux pages (37, 45 et 51 du programme présidentiel). Nous voulons amener l'Etat de Côte d'Ivoire, avec toute sa puissance régalienne, à œuvrer pour la gratuité des manuels et nous permettre, nous éditeurs qui avons déjà financé ce projet, de les ventiler dans les 2000 centres d'alphabétisation disséminés sur le territoire national. Le ministre de l'Education nationale, Mme Kandia Camara, se bat au jour le jour afin de sauver l'école ivoirienne. Mais si ces manuels ne sont pas distribués dans le courant des mois de juillet/août, la rentrée scolaire de septembre, au niveau de l'alphabétisation, sera perdue. On se souvient que le président Bédié avait signé le 30 Avril 1998 un décret (décret N° 98/194), créant le Comité national d'Alphabétisation. Nous souhaitons que le Président Ouattara prenne également un décret instituant la gratuité des manuels d'alphabétisation. Les Nations unies sont prêtes à nous aider. Mais, il nous faut la légitimité de notre Président, sinon, seuls, nous n'y arriverons pas.

L.P. : Votre combat se résume t-il seulement à la gratuité ?
O.A : La gratuité est, je dirais, le fer de lance de mon combat. Mais la tâche est immense, car il faudra ensuite que tous ces manuels (six millions par an - deux niveaux sur trois titres : Lecture/écriture, Calcul, Thèmes éducatifs) soient ventilés sur tout le territoire, et cela pendant dix ans. Toutefois, en marge de la gratuité, nous avons mis en place une autre stratégie.

LP : Laquelle ?
OA : Elle consiste en une communication orientée vers les entreprises, puisque ces manuels ont été déposés au Conseil Supérieur de la Publicité (CSP). Ils seront transformés en support de communication, si bien que toutes les entreprises de Côte d'Ivoire, qui veulent être des entreprises citoyennes, ont la possibilité d'acheter ces manuels et verront leur investissement mis en lumière par des insertions en page centrale, mais aussi, par des publi-reportages dans notre magazine "Alpha Mag". Nous nous battrons également du côté du ministre de l'Economie et des Finances, M. Charles Koffi Diby pour que l'achat de ses manuels soit déduit des impôts de ces entreprises. Nous avons des partenaires tels qu'''Alphabet sans frontières'', une ONG, et ''A. Consulting'' qui seront récipiendaires des dons de ces entreprises.

LP : Avez-vous d'autres outils en dehors de ces manuels qui pourraient soutenir l'apprentissage des analphabètes ?
O.A : Oui. Nous avons pensé, afin d'aider au maximum les analphabètes dans l'apprentissage des savoirs de base, à leur distribuer également des kits d'outils d'accompagnement composés de cahiers, règles, stylos, ardoises, craies et calculatrices. La santé et l'éducation sont les deux piliers d'une Nation. Il faut donc absolument instruire nos populations. Sinon, nous ne pourrons jamais faire tenir à la Côte d'Ivoire la place qu'elle mérite dans le concert des nations. Comment comprendre qu'un pays comme le Zimbabwe en soit au même niveau d'alphabétisation (7% d'analphabètes) que, l'Espagne ou le Portugal ? La seule explication, c'est qu'il faut un investissement collectif dans ce domaine. L'urgence, c'est déclarer que la gratuité est effective pour que je puisse remettre tous ces manuels au Ministère de l'Education.
Anzoumana Cissé

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