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Transfert de la capitale : Yamoussoukro peut-elle recevoir Ouattara ?
Publié le lundi 18 juillet 2011   |  Nord-Sud




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En campagne dans la région des Lacs, le 19 juin 2009, le candidat Alassane Ouattara avait promis de s’installer dans la capitale politique, Yamoussoukro, une fois élu président de la République. C’est chose faite, il y a même été investi le 21 mai dernier. Mais la question est de savoir si son ambition est réalisable dans une ville où la rareté des infrastructures est un gros problème.

Seule la ‘’Cour’’, la résidence du 1er président ivoirien Félix Houphouet-Boigny, abrite des bâtiments susceptibles d’accueillir, à Yamoussoukro, la présidence et ses annexes.

L’ancien président, Félix Houphouet-Boigny y a prévu de splendides logements. D’abord, sa résidence privée, œuvre de l'architecte Olivier-Clément Cacoub, dotée de toutes les commodités et décorée avec le raffinement que tous reconnaissent au ‘’père de la nation’’.

Ensuite, la Résidence des hôtes étrangers (RHE) communément appelée ‘’Giscardium’’, en souvenir du président français Valérie Giscard d’Estain pour avoir été le premier à y être reçu. C’est ce bâtiment que Laurent Gbagbo occupait en son temps pour ses séjours. Le président Alassane Ouattara y a aussi logé, le temps de son investiture. Enfin, dans l’enceinte de la ‘’Cour‘’, appellation propre aux habitants de Yamoussoukro, non loin de la RHE, trônent les villas 1 et 2. En général, elles accueillent les illustres visiteurs de l’Etat.

Mais, les autres villas tout aussi luxueuses sont dotées chacune d’un bureau présidentiel. La résidence privée de Félix Houphouet-Boigny, elle, est équipée d’une salle de réunion pouvant servir de cadre aux Conseils de ministres. Quant au ‘’Giscardium‘’, ses bureaux et annexes, longtemps occupés par le commandement du théâtre des opérations (Comthéâtre), peuvent être des annexes de la présidence. Encore faut-il redonner à la plupart de ces bâtiments leur lustre perdu, faute d’entretien régulier durant au moins une dizaine d’années. Où seront basés les ministres ? Vont-ils rester à Abidjan et rallier de façon hebdomadaire Yamoussoukro pour des Conseils de ministres ? Pour être plus efficace, tout en étant proches du président de la République, ils pourraient alors occuper l’hôtel Président ou l’hôtel des parlementaires. Mais il y a fort à parier qu’ils partagent ces édifices avec certaines chancelleries. Lesquelles se verraient dans l’obligation d’avoir des représentations sur place afin d’éviter les va-et-vient que leur aura imposés le transfert de la présidence de la République à Yamoussoukro. Si le président Alassane Ouattara peut prendre ses quartiers dans un des bâtiments de la ‘’Cour‘’ et même y avoir un bureau privé, seuls deux édifices de la Fondation Félix Houphouet-Boigny pour la paix et l’ex-Maison du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci-Rda) paraissent adaptés pour être les sites des services annexes de la présidence de la République. Ces immenses bâtis sont l’œuvre du ‘’père de la nation‘’. La Fondation qui porte son nom est mise, dit-on, sous la coupole de l’Unesco. Le second édifice aurait été arraché au Pdci-Rda après le coup d’Etat de 1999 par la junte dirigée par le général Robert Guéï, sous la pression du Front populaire ivoirien de Laurent Gbagbo. Les deux immeubles comptent plusieurs locaux et chacun un bureau présidentiel.

La Fondation et ou l’ex-Maison du parti

L’ex-maison du parti Pdci-Rda a été longtemps laissée à l’abandon. Elle a dernièrement mué en un camp pour les gendarmes ayant fui le Nord occupé par l’ex-rébellion. L’ex-maison du Pdci-Rda présentait déjà un sérieux problème d’étanchéité, elle s’est dégradée davantage avec le passage de la maréchaussée. En somme, les deux édifices sont implantés dans des espaces ouverts, entourés de haies vives, de tecks et d’eucalyptus. Ces arbres constituent un épais écran et pourraient pour cela poser des problèmes de sécurité. Enfin, il se posera le problème de ce qu’on appelle ‘’le petit personnel’’ de la présidence qui va s’ajouter à celui qui vit à Yamoussoukro. Vu l’acuité du problème de logements économiques dans la capitale politique, le déplacement du petit personnel va causer des soucis d’hébergement.

Quel visage pour la capitale politique?

Houphouet-Boigny a tracé les sillons de ce que devrait devenir la capitale de la Côte d’Ivoire. Après sa mort, en 1993, son ‘’village’’ présente toujours un goût d’inachevé. Construit dans les années 1970, l'aéroport International de Yamoussoukro, qui a plusieurs fois accueilli le supersonique Concorde, ne devrait plus chômer. Surtout qu’il y a une volonté affichée du ministère du Tourisme de faire de la ville une destination de rêve. Il faut, à terme, agrandir et équiper sérieusement l’aéroport international, pour qu’il soit digne d’une porte d’entrée d’une capitale politique. Mieux, du fait du développement prodigieux de l’aviation et pour répondre aux exigences de sécurité, un technicien de la Sodexam relève l’impérieuse nécessité de doter l’aéroport davantage d’aides à la navigation (Navaids). «En plus du VOR (VHS Omnidirectional Range) utilisé actuellement, cette balise couplée à l’ILS (Instrument landing system), autre appareil de pointe, permettra des atterrissages plus précis », indique-t-il.

Quant à la piste d’atterrissage longue d’environ 2.800 m, elle a subi, les contrecoups des nombreuses rotations de gros porteurs, dont ceux des forces impartiales. Toute chose qui a maintes fois occasionné des travaux de réaménagement de la part de la Sodexam. De guerre lasse, l’Onuci ne payant rien, confie une source crédible, la Sodexam a limité le poids des aéronefs sur ses installations. « Les avions de plus de 45 tonnes n’étaient plus autorisés à atterrir à Yamoussoukro », révèle notre source. Cette limitation a eu pour conséquence d’orienter les gros porteurs vers d’autres aéroports, notamment, celui d’Abidjan.

Heureusement qu’à la faveur de l’investiture du président Ouattara, la piste d’atterrissage a été renforcée, facilitant ainsi la réalisation de plus de 300 rotations. Le hic actuellement, c’est l’étroitesse de la route qui relie l’aéroport à la ville.

L’achèvement de l’autoroute du Nord (Sinkrobo-Yamoussoukro) est impératif. Car, il permettra le recyclage de la route Abidjan-Yamoussoukro fortement dégradée. Aussi, cette voie achevée permettra-t-elle un gain dans le trajet. Au plan sanitaire, la capitale politique ne dispose pas d’une structure digne de son rang. Les travaux de l’Hôpital Saint Joseph de Moscatti que le Vatican construit près de la Basilique Notre-Dame de la paix se poursuivent malgré la crise. Cet hôpital est une structure privée à vocation caritative qui sera ouverte au grand public.

La voirie fortement dégradée

Plusieurs avenues sont dégradées. Malgré les travaux de réaménagement à la veille des événements nationaux ou internationaux, le temps et l’érosion ont eu raison de ces rues. La mairie, elle, peine à enlever les ordures ménagères qui s’entassent ici et là. Partout, des espaces verts envahis par les herbes qui n’ont pas toutes été arrachées par la commission en charge de la salubrité. Alors, question : ADO va-t-il recevoir ses illustres visiteurs dans une ville sale avec des rues défoncées par endroits ?

Depuis la mort du père de la nation, la ville de Yamoussoukro semble avoir été délaissée.

Laurent Gbagbo avait relancé l'ambitieux projet du transfert de la capitale à Yamoussoukro. Vivement que ces chantiers pharaoniques soient achevés.

Ousmane Diallo à Yamoussoukro

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