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Politique Publié le jeudi 21 juillet 2011 | Le Patriote

Mamadou Sanogo (Ministre de la Construction, de l’Assainissement et de l’Urbanisme) : “Ce que nous allons faire pour le carrefour de l’Indénié”

Inondations des pluies diluviennes, carrefour marécageux de l’Indénié, constructions anarchiques… Beaucoup de dossiers préoccupants pullulent sur le bureau du ministre de la Construction, de l’Assainissement et de l’Urbanisme, Mamadou Sanogo. Dans cet entretien, il explique les raisons de ces difficultés et dévoile ce que le gouvernement entend, à travers son département, faire pour transformer Abidjan en une ville sans risques, pendant la saison des pluies.
Le Patriote : Chaque année, pendant la saison des pluies, nous déplorons malheureusement des morts. A quand la fin de cette spirale de décès ?
Mamadou Sanogo : Nous espérons que dans les années à venir, le problème des éboulements va être maîtrisé. Vous savez, les investissements liés à l’assainissement sont très lourds. Le gouvernement Alassane Ouattara est assez responsable. Il ne fait pas des déclarations, juste pour les faire. Ce qu’il faut noter, c’est qu’il y a une réelle volonté de résoudre une fois pour toutes ce problème. Lors du dernier conseil des ministres (ndlr, celui de la semaine dernière), le gouvernement a décidé de traiter ces problèmes et ils seront résolus, je vous l’assure, sur le moyen terme.

LP : Avec ces inondations, Abidjan ne paie t-elle pas le prix de sa mauvaise urbanisation ?
MS : Il faut reconnaître que les derniers investissements en matière d’assainissement datent de 1985. Ça fait déjà très longtemps. Malheureusement, le Président sortant n’a pas mis en bonne place, la question de l’assainissement. Ce qui fait que les ouvrages d’assainissement n’ont pas connu de maintenance durant toutes ces années. Et puis, le dispositif juridique et même organisationnel qui est en place à travers le contrat d’affermage avec la Sodeci mériterait, à notre avis, d’être amélioré pour que les ouvrages soient régulièrement entretenus et maintenus. Ce n’est pas le cas jusqu’à présent. D’ailleurs, nous profitons de l’occasion pour remercier la Banque Mondiale, l’Union Européenne et la BAD (Banque Africaine de Développement), qui nous ont aidés à faire en sorte que ces ouvrages connaissent un fonctionnement acceptable, comme c’est le cas aujourd’hui. Ces institutions ont réalisé des investissements lourds qui sont en passe d’être finalisés. Je pense que ces problèmes seront résolus.

LP : Mais dans l’immédiat, la baie du Banco, que vous avez récemment visitée, reste un gros souci pour les usagers de la voie express de Yopougon. Que comptez-vous faire dans l’urgence pour éviter qu’à la moindre pluie, cette commune ne soit encore coupée du reste d’Abidjan ?
MS: Il faut un discours de vérité aux Ivoiriens. Le problème de la baie du Banco prend sa source un peu plus loin. Ça part d’Abobo. Aujourd’hui, il y a un dysfonctionnement de l’équilibre environnemental que la forêt connaissait. Les espaces sont aujourd’hui dénudés. Conséquence, l’eau ne s’infiltre plus directement et donc lors de son passage, elle va chercher à entraîner la boue pour boucher les dalots qui se trouvent sous la voie de l’autoroute du Nord au niveau de la baie du Banco. Cette situation a été décrite par nos techniciens. Des études vont être initiées très bientôt pour trouver la solution efficace à cette difficulté. Nous savons que d’autres ministères techniques ont essayé d’y apporter des solutions provisoires, mais nous allons finaliser l’étude pour aborder cette question sur le long terme. En réalité, c’est plusieurs facteurs qui contribuent à créer le problème que nous connaissons au niveau de la baie du Banco. Il y a d’abord le non respect de l’urbanisation. Ensuite, le comportement de nos frères les lavandiers, appelés communément les « fanico », qui utilisent des pneumatiques et des plastiques sur ce site. Ces objets entraînés souvent par l’eau, obstruent les dalots qui se trouvent sous la voie de l’autoroute du Nord. Tout cela est regrettable. Vous avez noté à cet endroit que le niveau d’ensablement en amont est plus élevé que le niveau du lit de l’eau du côté du Banco. Ce qui fait que toute l’eau qui quitte Mossikro et même la casse (d’Adjamé) se trouve dans une cuvette et ne sait plus où aller. Elle passe donc au-dessus des dalots qui se trouvent sous l’autoroute, bouchent le passage. Cette masse d’eau atteint parfois des niveaux considérables qui peuvent empêcher le passage des véhicules. Le problème a été posé. Le gouvernement est sensibilisé. Nous savons que si la baie du Banco n’est pas bien traitée, c’est la ville d’Abidjan qui sera coupée du reste de la Côte d’Ivoire et, même pire, de tout l’espace UEMOA, d’autant que les camions en provenance des pays voisins passent par cet endroit. Soyez donc rassurés. Il y a une volonté politique pour résoudre le problème. Encore une fois, il ne s’agira pas pour nous de faire de grandes déclarations, sachant que les investissements sont assez lourds et ne peuvent avoir des résultats que sur le moyen terme.

LP : En attendant, les « fanico » seront-ils expulsés ?
MS : Je ne pense pas que ce soit la solution. Mais par contre, ils seront sensibilisés quant à leurs responsabilités. Et si nous constatons qu’ils ne comprennent pas qu’il faut éviter d’utiliser ces objets en plastique, nous allons utiliser d’autres moyens de coercition pour éviter leur impact sur cet endroit.

LP : Il y a un peu plus d’une semaine, vous avez appelé les populations d’Abobo et d’Attécoubé, et avec elles les habitants de tout le District d’Abidjan, à quitter les sites à risque et surtout à ne pas construire sur les versants des bassins. Pensez-vous réellement que cet appel sera entendu s’il n’est pas suivi de mesures d’accompagnements?
MS: Notre devoir est de sensibiliser. C’est d’ailleurs ce que nos amis du Plan Orsec font. Mais, nous sommes conscients que tous les problèmes soulevés ne peuvent pas connaître leurs solutions du jour au lendemain. Pour les traiter, il faut un délai minimum d’une à deux années. Il faut en plus des investissements importants. Tous ces quartiers précaires se sont développés, suite à l’exode rural que nous connaissons pour des raisons économiques, mais surtout aussi suite à la crise. La réalité, c’est que même si ces personnes sont relogées par l’Etat, elles reviennent quelques temps après sur ces sites dangereux. L’exemple du quartier Biabou est patent. En général, ce sont des personnels de maison, des vigiles par exemple, qui habitent ces quartiers. Et leurs lieux de travail étant proches de ces quartiers précaires, ils se voient obliger d’y rester. Et même quand l’Etat trouve des solutions, vous verrez que les sites sont à nouveau rapidement occupés par ces personnes. Les solutions immédiates que nous voyons, c’est d’abord la sensibilisation. Ensuite, il y a la volonté politique de constituer des réserves foncières pour ces populations à bas revenus. Et puis, il faudra demander aux maires que ces sites, une fois débarrassés de leurs habitants, soient utilisés pour réaliser des espaces verts. Cela va les démotiver à revenir. Ensuite, il faut que le problème soit résolu dans le cadre d’une réflexion globale qui prenne en compte les conditions de transport depuis les nouveaux sites jusqu’au centre-ville. Si cela n’est pas fait, nous ne pensons pas qu’il sera facile de résoudre le problème. Parce qu’une servante qui gagne à peine 25. 000 FCFA par mois, un vigile qui perçoit moins de 50 000 FCFA par mois, s’il ou elle doit utiliser la moitié de ses revenus pour se déplacer d’un quartier comme Biabou pour se rendre à Cocody, vous convenez avec moi que ce ne sera pas possible. La réalité, c’est de régler ce problème dans le cadre d’une réflexion globale et nous allons le faire. Il ne s’agit pas de faire des déclarations politiciennes, mais plutôt de mener une réflexion politique qui permettra de résoudre à terme les problèmes des quartiers précaires.

LP : Justement, l’objectif est-il de tendre vers leur disparition?
MS : Objectivement, nous allons tout mettre en œuvre pour qu’il n’y ait plus de quartiers précaires à Abidjan. Le Président Ouattara a été très choqué lors de la tournée politique dans le pays de constater qu’en 2011, alors que le pays a connu un boom économique par le passé, une réflexion n’ait pu être menée de sorte que les économiquement faibles aient un minimum de cadre décent. Avant d’autoriser un lotissement, nous allons faire en sorte que le promoteur prévoit entre 10 et 15% de l’espace à viabiliser pour les économiquement faibles. Cela figurera dans nos cahiers de charges. Chaque fois qu’il y aura un lotissement pour les riches, on verra à côté, 10 à 15% de l’espace prévu pour les économiquement faibles. Ainsi, nous allons chercher les populations qui vivent sur les quartiers pour les reloger sur ces espaces, en liaison avec notre collègue de la Promotion du Logement. Bien entendu, nous allons immédiatement demander aux maires que les espaces déguerpis soient occupés rapidement par d’autres investissements.

LP : Vous avez évoqué tantôt le Plan Orsec, qui nous semble être une coquille vide. En 2010, on n’a pratiquement rien vu, malgré le tapage médiatique. Cette année encore, on ne voit rien non plus, du moins jusqu’à présent. M. Le Ministre, qu’est-ce qui coince ?
MS: Je ne pense pas que le plan ORSEC soit une coquille vide. C’est un plan qui a été fait pour sauver les populations en détresse. Le Préfet d’Abidjan gère avec professionnalisme ce dossier. Le regret est que chaque année, on soit obligé de revenir tenir le même discours à la même période aux populations. Encore une fois, comme tout ce que je viens de dire, les gestionnaires du Plan Orsec ont les mêmes difficultés que les autres. Il s’agit d’un besoin en moyens financiers importants. Vous savez, le démarrage des activités du gouvernement se fait dans un contexte difficile dans la mesure où nos prédécesseurs ne nous ont pas facilité la tâche. Non seulement, l’économie n’a pas été gérée comme il le fallait, mais également nous avons trouvé des équipements totalement en lambeaux. Il faut d’abord les reconstituer. Le gouvernement est donc partagé entre le fait de faire face aux besoins que le plan Orsec demande et l’urgence de faire fonctionner l’Etat. Sachez que le président Ouattara et le gouvernement sont sensibles à la question. Je crois que notre sortie à Abobo avec la Première Dame a pu être pour l’ensemble de nos concitoyens, une preuve que le Président de la République est sensibilisé sur la détresse de nos concitoyens dans ces quartiers précaires. Nous pensons que dans les mois à venir, le plan Orsec aura plus de moyens pour agir comme il se doit. Nous souhaitons tout simplement qu’il n’y ait plus de plan Orsec dans 5 ou 10 ans. Il a été mis en place pour résoudre des problèmes, il ne devrait pas se pérenniser, à partir du moment où nous connaissons la nature de ces problèmes et leur caractère récurrent et que le gouvernement est très préoccupé par les questions liées à l’inondation.

LP : L’une de vos préoccupations est sans doute le carrefour de l’Indénié. Comment expliquez-vous qu’après avoir englouti beaucoup d’argent, l’endroit devienne toujours un marécage dès qu’il pleut abondamment ?
MS: Je voudrais dire clairement à nos concitoyens, que certes beaucoup d’argent y a été investi, mais le problème de l’Indénié n’avait pas été traité comme il se devait, selon les spécialistes et les techniciens en la matière. Je crois que c’est la première fois que des études poussées ont permis de voir que l’Indénié, qui est l’exutoire des bassins versants du gourou, n’est que la finalité d’un problème né beaucoup plus loin. Il s’agit d’un ensemble de bassins versants qui partent d’Abobo en passant par le Plateau Dokui, Agban, Adjamé et qui finissent devant Fraternité-Matin, à l’Indénié. Ces bassins connaissent des problèmes parce que, vous l’avez dit, le schéma directeur d’urbanisation d’Abidjan n’a malheureusement pas été respecté par certains élus, certaines populations… Les emprises des ouvrages ont souvent été l’objet de constructions. Le taux d’urbanisation au moment du dimensionnement de ces ouvrages a doublé, voire triplé aujourd’hui. Au vu de tout ce que je viens de dire, les ouvrages ne peuvent tenir. L’eau, qui s’infiltrait facilement à certains endroits, cherche aujourd’hui son passage. Et la quantité d’eau va au-delà de ce qui avait été prévu. Pis, elle entraîne des quantités de déchets solides, lesquels viennent se retrouver dans les exutoires qu’ils bouchent progressivement. Des ouvrages avaient été prévus. On les appelle dans le jargon, les bassins d’orage, c’est-à-dire de gros bassins censés recevoir la quantité d’eau pour permettre de mieux maîtriser le débit qui va en ressortir. Des barrages d’écrêtements avaient aussi été construits. Tous ces ouvrages ne fonctionnent plus parce qu’il faut y accéder pour aller les curer et les maintenir périodiquement après la saison des pluies. Ce que nous constatons, c’est que les accès ont fait l’objet d’attributions par certaines personnes que nous ignorons. Ces engins qui doivent accéder à ces ouvrages pour leur maintenance, ne peuvent pas le faire. Au total, nous avons besoin de prendre des décisions courageuses pour faire en sorte que tous ces instruments fonctionnent.

LP : S’achemine-t-on donc vers la démolition de ces constructions qui obstruent l’accès à ces ouvrages ?
MS : Bien sûr, il s’agira si cela est nécessaire, de démolir les bâtiments construits sur les voies prévues pour accéder aux ouvrages. Pour revenir à l’Indénié, la BAD vient d’octroyer à la Côte d’Ivoire plus de 12 milliards de FCFA pour construire d’autres ouvrages d’assainissement. Lesquels seront réalisés dès que le marché sera attribué aux entreprises, après l’appel d’offres. Une fois cela fait, nous sommes convaincus que le problème du carrefour de l’Indénié sera réglé sur le long terme. Comprenez que le financement accordé par la BAD règle le problème en amont mais pas en aval où le niveau d’ensablement est beaucoup plus élevé que celui de la zone qui est en amont. Il y a encore des besoins de financement pour curer tout ce sable qui va jusqu’au café de Rome. On peut marcher sur cet espace qui était pourtant une lagune, il y a quelques années. Il nous faudra encore des financements plus importants pour curer tout ce sable. Il n’est donc pas question pour nous de dire aux Ivoiriens que l’investissement seul de la BAD suffit pour régler le problème définitivement. Mais, il sera réglé en très grande partie. Le financement est disponible. Nous attendons l’appel d’offres pour démarrer les travaux.

LP : Raisonnablement, quand vont-ils démarrer ?
MS : La période qui court maintenant jusqu’au mois de décembre sera consacrée à l’attribution des marchés. Tout cela est assujetti aux normes internes de la BAD qui obéissent à des procédures rigoureuses que nous sommes tenus de respecter. Après tout, ce sont les bailleurs de fonds.

LP : Parlons maintenant construction. L’attribution des actes liés à ce domaine suscite beaucoup de griefs. On reproche aux agents de votre département de monnayer la délivrance des documents entre autres la lettre d’attribution, le titre foncier ou encore l’autorisation de construire provisoire (ACP)… Comment comptez-vous juguler le business autour de ces papiers ?
MS : Nous entendons comme vous beaucoup de choses. Nous avons des principes et des systèmes que nous allons faire appliquer. Il s’agit dans un premier temps de faire confiance aux collaborateurs. Ensuite, si ces pratiques avaient lieu ici, nous donnerons l’ordre pour qu’elles disparaissent immédiatement. Si ce n’est pas le cas, la personne qui se fera prendra sera purement et simplement sanctionnée. Maintenant, quant aux procédures à mettre en place, pour nous, c’est très simple. Il faut que cette administration soit modernisée, que l’on y introduise des outils modernes de gestion des documents. Une équipe d’experts y réfléchit déjà. Leurs conclusions nous seront transmises dans quelques jours et à partir de là, le développement des logiciels informatiques, qui permettront le suivi des dossiers va démarrer. Et nous espérons qu’au bout d’un à deux mois, nous aurons des résultats.

LP : Le guichet unique créé par l’un de vos prédécesseurs sera-t-il maintenu ? Ou bien allez-vous le reformer ?
MS : C’est un outil indispensable. Il sera maintenu et même mieux, il sera décentralisé. Le décret portant création du guichet unique ne le prévoyait pas qu’à Abidjan. Il y en aura donc dans tous les chefs-lieux de région et de département où il y aura un besoin pressant d’accès au foncier. Tout cela pour favoriser et accélérer l’établissement des actes. Je peux rassurer que tout sera mis en œuvre pour que les pratiques qui ont eu cours par le passé cessent. Vous savez, ce que nous avons connu n’est que la résultante de l’impunité. Nous avons connu des situations où des personnes se présentent comme étant propriétaires de biens immobiliers ou de terrains et très rapidement, après des contrôles, il est établi que c’étaient des tentatives d’abus, mais ces personnes n’ont pas été inquiétées. Ce sont des populations entières qui agissent de la sorte, se présentent toujours comme étant des propriétaires d’espaces dont les droits fonciers ont fait l’objet apurement depuis des années. Et ces personnes n’ont jamais été inquiétées. Pour nous, si quelqu’un se laisse prendre dans de telles tentatives, il faut purement et simplement donner l’exemple qu’il y a des cas de jurisprudence qui vont décourager les gens. La population sait que l’ordre politique a changé, et nous sommes sous l’ère Ouattara et que tout doit se faire dans la transparence.

LP : Il y a aussi une autre pratique qui pue la corruption. Sur des chantiers, on voit l’inscription « AD » (A Démolir) avec une croix. Mais quelques temps, après, elle disparaît et le bâtiment est achevé. Comment allez-vous administrer ces cas pas trop clairs ?
MS : Les personnes qui sont habilitées à mettre ces écriteaux sont nos responsables d’antenne. Si ces cas arrivent, il faut que le responsable d’antenne nous donne la preuve que le promoteur a rempli en si peu de temps les critères. Si ce n’est pas le cas, ils seront purement et simplement affectés ailleurs ou sanctionnés. Encore une fois, tout ce que nous avons connu est la succession de faits dus à l’impunité. Il y a une impunité au niveau de l’administration, une impunité au niveau de certaines populations, une impunité au niveau des promoteurs. Il suffit que la loi s’applique et nous ne connaîtrons plus ces problèmes.
Réalisée par Y. Sangaré
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