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52 morts de la Sotra, 21 morts sur l`autoroute, pinasse renversée… : Pourquoi cette épidémie d`accidents ?
Publié le jeudi 11 aot 2011   |  Le Nouveau Réveil


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© Autre presse par DR
Axe Abidjan-Yamoussoukro : Un accident endeuille encore la Côte d`ivoire.
Un mini-car et un camion transportant du bois sont entrés en collision sur l`autoroute du nord le mardi 09 août 2011 faisant au moins 21 morts.


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On aurait dit une épidémie. Une épidémie d`accidents ! Rappelons. Le 5 août, bourré d`usagers, un bus, le 19, plonge tragiquement et déverse tous ses passagers dans la lagune. Bilan provisoire, 52 corps repêchés. On attend que les dieux de la guérison assistent la dizaine de blessés. Toutefois, on n`exclut pas d`autres éventuelles découvertes de corps. Car, dans ce pays béni de Dieu où le ciel est le souverain compagnon de route, personne ne sait combien montent à bord d`un bus. D`ailleurs, il est dit que le conducteur du bus de la Société des transports abidjanais (Sotra) n`a pas encore été retrouvé. Survenues cinq jours plus tard sur l`autoroute du Nord, les circonstances de cet autre accident entre un mini car et une remorque sont encore troubles. Mais l`accrochage a été fatal pour 21 passagers. Là encore, le décompte des morts n`est pas définitif, puisque 7 passagers sont en examen médical. Dans la foulée, une pinasse, engin artisanal de transport fluvial, a fait un noyé, après avoir déversé ses occupants dans la lagune à Abidjan. En moins d`une semaine donc, la route et la lagune ont englouti plus de 74 âmes. Des parents, des voisins, des anonymes, qui n`avaient pas pris rendez-vous avec la mort. L`Ivoirien en est encore à s`interroger. Pourquoi maintenant ? Pourquoi ces drames successifs en période de la commémoration de l`indépendance du pays, après des élections et au lendemain d`une guerre qui a déjà tué des milliers de personnes ? Faut-il y voir une main invisible ? Une punition des mânes contre les Ivoiriens qui ont choisi de régler dans le sang leurs vieilles querelles de clochers ? Un châtiment divin pour ce pays qui se dit "la nouvelle Jérusalem", mais qui n`est pas encore sorti de l`ancienne Babylone ? C`est à se demander avec l`archevêque Kutwa Pierre : " Quel est le sens de la vie ?". Certes, pour le guide religieux, la réponse est toute trouvée. Ces tragédies, selon lui, mettent le croyant en prise directe avec la mort et lui rappellent que "nos maisons, si solides soient-elles, ne sont que des tombes de fortune. Car nous sommes de passage, en transition sur la terre". Superstition oblige, certains mystiques, eux, estimeraient que, trop de sang ayant coulé sur cette terre d`hospitalité, seul le sang lavera le sang. Ce qui revient à dire que la nation tout entière doit se racheter d`avoir souillé le sol sacré des ancêtres en implorant l`esprit de morts par des offrandes qui les apaisent. Au carrefour du superstitieux et du religieux, l`Ivoirien ne sait plus à quel saint se vouer. Dans ce pays où personne ne respectait plus personne, ni rien, où la course au temps pour les particuliers, et aux recettes pour les transporteurs, a poussé à ne plus obéir aux règles, peut-être faudrait-il commencer par là. A respecter les lois, toutes les lois, à commencer par le code de la route. Veiller à la vitesse, les feux tricolores, les panneaux de signalisation, les dépassements, les charges, l`état du véhicule qui est le plus souvent "un France-au-revoir", etc. Combien de fois n`a-ton pas vu des autocars déambuler comme des dromadaires sous le poids des charges ? Des taximètres se parler en roulant ou multiplier les queues de poisson sur la voie ? Conduire, ça ne s`arrête pas à savoir changer de vitesse. Compte aussi, la courtoisie envers l`autre. C`est aussi avoir un sens élevé de la vie. De la sienne, et celle des autres. Cela permet déjà de garder les pieds sur terre, au propre comme au figuré. Ça au moins, c`est rationnel. Et c`est à la portée de tous.

Benoît HILI

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