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Politique Publié le jeudi 8 septembre 2011 | L’Inter

PDCI, FPI, RDR, UDPCI - Ces leaders "tués" par leur choix politique

© L’Inter Par DR
Diplomatie : visite de travail des ambassadeurs Youssoufou Bamba et Daouda Diabaté à Atlanta
Atlanta. Du 17 au 20 février 2011, les ambassadeurs de Côte d`Ivoire près le siège des Nations unies à New York et près les Etats-unis d`Amérique, leurs excellences Youssoufou Bamba et Daouda Diabaté ont rencontré d`importants opérateurs économiques. Photo: Meeting avec la communauté ivoirienne
Les choix politiques jouent souvent des tours. Et dans le marigot politique ivoirien, les cas sont légion. Certaines personnalités qui se sont forgé un charisme reconnu et une véritable stature d`homme politique, à travers leur formation politique originelle, sont parfois tombées dans les oubliettes au lendemain d`une démission. Retour sur quelques uns de ces acteurs politiques dont la popularité était plus structurelle que personnelle.

Ils sont en effet nombreux ces requins de la politique ivoirienne qui ont perdu toutes leurs dents parce qu`ils ne bénéficient plus du parrainage de la structure politique à laquelle ils appartenaient. Que ce soit au Pdci-Rda, qui a connu les plus grands départs, au Fpi, au Rdr ou encore à l`Udpci, il y a eu des démissions qui ont politiquement causé plus de tort au parti, que de bien aux personnes concernées.
Dèjà dans les années 1990, au moment où le vent du multipartisme soufflait sur la Côte d`Ivoire, le Front populaire ivoirien (Fpi), bouillant parti d`opposition, alors inspirateur de l`ouverture politique, enregistrait une grosse perte. Lanciné Gon Coulibaly, pratiquement N°2 de ce parti, et ambassadeur du parti de Laurent Gbagbo dans l`influente famille Gon du nord de la Côte d`Ivoire, rompait les liens avec le parti frontiste. L`on retient de lui la célèbre formule «je retourne en famille», désormais consacrée pour expliquer les départs. Lanciné Gon, alors très influent au Fpi, déposait ainsi ses valises au Pdci. Il est gardé dans l’antichambre jusqu`en 1993, quand le président Bédié le remet au-devant de la scène en le nommant ministre de l`Artisanat. La suite, c`est que le descendant du patriarche Péléforo Gon est retourné auprès du camarade Laurent Gbagbo en 2010, pour être aujourd`hui oublié des Ivoiriens. En 1993, Adama Coulibaly Niby Zana, connaît le même destin politique. Ancien maire de Korhogo et ex-ministre des Transports et des Infrastructures économiques dans les gouvernements des présidents Houphouët et Bédié, ce haut cadre ivoirien part du Pdci pour le Rdr. Membre fondateur de ce parti, «Adama Champion», comme on le surnommait, ne poursuivra pas l`aventure. Il crée le «Rdr national», tente même un rapprochement avec son ancienne famille politique, puis crée finalement sa propre formation. Aux dernières nouvelles, l`ancien ministre des Transports et son parti ont fait allégeance à Alassane Ouattara, pour qui ils ont battu campagne pendant la présidentielle d`octobre 2010. Idem pour Fofana Zémogo, maire de Boundiali, membre fondateur du Rdr qui a créé un parti politique avant de revenir à la maison sur la pointe des pieds. Les plus grands départs sont constatés en 2000, avec l`arrivée de Laurent Gbagbo au pouvoir dans des conditions «calamiteuses». Préoccupé à remplir son écurie des meilleurs chevaux, le chef de la Réfondation fera de grosses recrues, notamment au Pdci-Rda et à l`Udpci. Laurent Dona Fologo, tout-puissant secrétaire général du vieux parti, Mme Martine Djibo, Mel Eg Théodore, Danielle Boni Claverie, Mme Tia Monnet Bertine, Kahé Éric Kplohourou, Oulé Tia Séraphin, sont entre autres cadres qui sont partis du Pdci et de l`Udpci pour rejoindre la galaxie Gbagbo. Au-delà des retombées immédiates que chacun d`eux a pu empocher, via ce choix, la carrière politique de ces personnalités semble aujourd`hui au point zéro. Chacun de ces hommes politiques est à la tête d`un parti qui peine à s`affirmer sur l`échiquier national. Faute de moyen, de charisme du chef ou d`organisation ? Toutefois, le constat est que ces personnalités, non moins influentes de la scène ivoirienne, ont vu leur cote baisser, voir s`effriter pour avoir quitté leur formation politique originelle. L`impitoyable concurrence dans cette jungle politique n`est également pas en faveur des petits partis politiques. Car les grands écrasent les petits. Le paysage politique ivoirien semble déjà dessiné. Les 322000 km2 de la Côte d`Ivoire sont repartis entre le Pdci-Rda, le Fpi, le Rdr et l`Udpci. Chaque parti veille jalousement et solidement sur son territoire. Le Nord reste fortement acquis au Rassemblement des républicains, le Centre est le bastion incontestable du Pdci, le Sud et le Sud-est constituent une chasse gardée du Fpi, qui dispute encore l`Ouest du pays avec l`Udpci. Ce partage qui s`est vérifié aux élections présidentielles d`octobre et novembre 2010, indique clairement que les petits partis politiques n`ont pas grand- chose à se mettre sous la dent. La politique en Côte d`Ivoire est donc essentiellement l`affaire du Pdci, du Fpi, du Rdr et dans une moindre mesure de l`Udpci. Ceux-ci sont suivis par des formations comme le Pit et le Mfa qui tentent tant bien que mal de se frayer un chemin. Dans un tel schéma, démissionner des grands partis politiques pour un autre ou pour en créer un, est une aventure risquée, voire périlleuse. Surtout que les partis influents n`hésitent pas à phagocyter ou à casser les moins influents chaque fois qu`ils en ont l`occasion. Certaines personnalités continuent d`en faire les frais, tant il devient difficile pour elles de rebondir. Hormis quelques actions d`éclat pour des menus fretins, le chemin est long et difficile pour bâtir une formation politique d`envergure nationale. Comme quoi, la politique n`est pas facile.

Hamadou ZIAO
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