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Société Publié le mercredi 12 octobre 2011 | Nord-Sud

Bernard Douabou Gninia (préfet de Grand-Bassam) : “Des génies bloquent les travaux”

Il y a une semaine, Grand-Bassam était sur le pied de guerre. Un conflit portant sur la paternité de l’espace qui abrite le stade de Grand-Bassam, en plein chantier, a opposé les Abouré de Moossou au peuple N’Zima. Les premiers se réclament propriétaires terriens. Il a fallu l’intervention prompte du préfet du département, Bernard Douabou Gninia et des forces de sécurité pour apaiser les esprits.


Etes-vous informé du conflit foncier qui oppose les Abouré au peuple N’Zima au sujet du futur Stade Alassane Ouattara de Bassam ?
Je suis informé. C’est par rapport à la reprise des travaux du Stade de Grand-Bassam baptisé Alassane Ouattara. Nous avons récemment relancé les travaux avec le ministre des Sports et Loisirs. Et il a dit que c’était pressé. Le ministre nous a donc présenté l’entrepreneur qui, le lendemain, a commencé les travaux.

Où se situe alors le problème ?
Il semble que les engins de l’entrepreneur ont été régulièrement en panne et que certains de ses collaborateurs tombaient aussi malades. Information prise, des soi-disant sachants lui ont dit qu’au bout du terrain, des génies gêneraient les travaux et qu’il fallait conjurer ce sort qui arrive à ses engins et à ses collaborateurs. Pour le faire, il fallait rencontrer le roi de Moossou pour le rituel et la libation. L’entrepreneur s’est rendu chez le roi de Moossou, sa Majesté Assoumou Kanga, pour le solliciter.

Qu’a dit le roi de Moossou ?
Le roi de Moossou a trouvé que la démarche était tout à fait normale en tant que chef de terres. Mais, il a dit que ça ne relevait pas de sa compétence mais plutôt de celle de certaines dames. Ainsi, il en a fait cas aux dames concernées. Les femmes sont allées le mardi soir avec de la boisson et tous les accessoires pouvant permettre de faire les rituels nécessaires. Contre toute attente, elles se sont heurtées à l’opposition des jeunes du village de Petit-Paris. Elles sont donc retournées informer le roi. Le lendemain, mercredi, les notables de Moossou et les dames en question sont revenus sur les lieux. Ce, avec tout ce qu’il fallait pour les cérémonies recommandées. Ils se sont encore heurtés à l’opposition de la population. Ainsi, on m’a donc fait appel.

Comment comptez-vous régler ce litige qui ne date pas d’aujourd’hui ?
J’ai déjà rencontré les notables de Moossou, ceux de Petit-Paris avec la jeunesse et les notables N’Zima du quartier France. Au bout du compte, j’ai constaté que tout le monde était sur le pied de guerre. Notre département ne mérite pas ça. J’ai appelé le roi de Moossou. Il n’était pas là. Le roi des N’Zima Kôkôkô m’a dit qu’il est contre la tension. Aussi, par rapport à sa position actuelle, premier-vice président de la Commission dialogue, vérité et réconciliation (Cdvr), lui, ne pouvait pas accepter que de telles choses se passent chez lui. Comme la tension était toujours vive, alors que Grand-Bassam ne méritait pas cela, j’ai demandé aux notables de Moossou et à leur délégation de retourner chez eux. Pareil pour la jeunesse de Petit-Paris.

Visiblement, vous n’avez pas encore tranché. Qu’allez-vous faire à présent ?
Je ne peux pas le divulguer étant donné que je n’ai pas encore rencontré le roi de Mossoou et celui des N’Zima Kôtôkô. Si je le dévoile et que vous le publiez avant que je ne rencontre les deux rois, j’aurais alors trahi. Une chose est certaine, des décisions seront prises pour régler ce problème.

Facile à dire…
J’ai déjà informé le cabinet du ministère d’Etat, ministère de l’intérieur. Ce sont des propositions que je ferai à ces deux groupes. Tout compte fait, cela à un relent trop ancestral qu’on ne peut comprendre. Il faut être initié pour le comprendre. Pour gérer une telle affaire, il faut aller avec beaucoup de tact. Nous allons chercher une solution. La rencontre va se faire incessamment. Ce qu’il faut savoir, c’est que l’entrepreneur a besoin de tranquillité pour faire son travail. Nous allons donc chercher les moyens pour le rassurer afin de lui permettre de faire ses travaux sereinement.


Entretien réalisé par Emmanuelle Kanga
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