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Politique Publié le mercredi 19 octobre 2011 | Le Mandat

Œuvres de l’esprit / Six mois après l’arrivée d’Ado : La piraterie continue de faire rage / Les artistes dans l’attente de la solution miracle

Considérée comme l’un des grands chantiers qui attendent le pouvoir Ouattara, la lutte contre la piraterie tarde à se mettre en marche. Au grand dam des artistes. Qui ne demandent qu’à vivre des fruits de leur dur labeur.
Gangrène, que dire un véritable fléau dans le milieu des artistes ivoiriens, la piraterie a visiblement la peau dure. Décriée avec la dernière énergie, elle persiste. Le changement de régime, attendu comme la clé de voûte de tous les problèmes de notre pays, n’a pas encore produit le résultat escompté. « Je pense qu’il faut combattre de façon draconienne la piraterie. Un pirate est comme un trafiquant de drogue ou un vendeur d’armes. Dès lors, il faut faire comprendre à la population que l’achat d’un Cd piraté est un délit. Il ne faut pas considérer la piraterie comme une activité économique », rappelait, pourtant, le rappeur Billy Billy dans nos colonnes, trois jours avant l’investiture du président Alassane Ouattara. Aux différents carrefours de grande affluence (Adjamé-Liberté, Yopougon-Siporex, rond point d’Abobo), le spectacle des Cd piratés reste toujours aussi saisissant. Des albums piratés d’artistes (chanteurs, comédiens) sont exposés au su et au vu de tous. Ils s’arrachent comme de petits pains. On se croirait à une foire artistique officielle. Des éléments des Forces Républicaines s’en procurent même, sans gêne. Comme du temps de Gbagbo, les films d’événements sociaux pullulent aussi en ces lieux. Les documents sur la guerre postélectorale avec en pôle d’attraction l’arrestation du « Woody de Mama »…dans le bunker, occupent une place de choix. Face à cette triste réalité, l’Ivoirien lambda ne peut que s’interroger sur les mesures préconisées, depuis l’accession au pouvoir du Président Ouattara, à l’effet d’éradiquer le mal.

Le temps d’appliquer les décrets

Y a-t-il un plan anti-piraterie pour stopper le fléau ? Apparemment, non. A part la fermeture des cités universitaires. Encore que, cela ne saurait constituer une solution viable et pérenne, dans la mesure où les résidences des étudiants, considérées comme des fabriques de Cd piratés, sont appelées à rouvrir. Mieux, malgré la fermeture de ces cités, rien n’a changé. « Je ne comprends pas pourquoi, il y a autant de Cd piratés sur le marché, alors que les cités ont été fermées. Il y a d’autres laboratoires de confection parallèle alors », s’étonne un mélomane. Autant dire que la piraterie est telle une hydre, un serpent à plusieurs têtes. Doit-on attendre des victimes qu’elles prennent les devants? Le ministre de la culture, Maurice Bandama, affirmait récemment que les artistes doivent trouver les solutions à leurs problèmes. Si ce n’est pas un aveu d’impuissance, c’est tout comme. Car, les artistes, on le sait, ont de tout temps essayé de prendre le taureau par les cornes. Sans suite, et ce avec la complicité du pouvoir en place. On se rappelle qu’en 2007, les hommes de Gadji Céli, alors président de l’Unartci, avaient lancé une offensive contre les pirates de l’ex-Sorbonne. Une action violemment réprimandée par les Fds. Les artistes avaient été traités comme de vulgaires bandits. Ce rappel pour dire que seule une volonté politique, plus qu’un simple activisme des acteurs, peut noyer le poisson. C’est ce que croit d’ailleurs le comédien émérite, Gohou Michel. Pour rappel, un décret visant à lutter contre la piraterie a été signé sous le régime Gbagbo. Il prévoit une amende de 6 millions de FCFA doublé d’une incarcération à 6 ans de prison fermes pour tout coupable de piraterie. C’est resté lettre morte. « Les décrets sont signés, il est temps de passer à l’action. Les décrets relèvent, en général, du virtuel. Mais, l’administration étant une continuité, nous espérons que ceux signés sous l’ancien régime seront traduits en actes par le pouvoir en place », souhaite Billy Billy. C’est ce qu’on attend, justement, du Président Ouattara, à travers le Ministère de la Culture, dont l’actuel occupant est un homme de culture, donc un artiste, bien au fait des réalités du terrain.

Les pirates comme des intouchables

Depuis l’avènement d’Ado, le credo est bien connu sous nos tropiques: Etat de droit, et absence d’impunité. Plus personne ne doit fauter impunément. Cette vision est déclinée à travers les actions de déguerpissement des gares et autres étals anarchiques. Cela est à mettre à l’actif du Ministère de la salubrité et de certains commandants des Frci. Malheureusement, le département concerné par la piraterie, en l’occurrence le ministère de la Culture, est encore discret. A croire que ces fossoyeurs des œuvres de l’esprit sont intouchables. Il est temps, est-on tenté de le dire, qu’une chasse aux pirates commence. Elle devrait être même orientée contre les vendeurs des places publiques mais également contre tous ceux qui interviennent dans la chaîne de production des Cd. Parce que, selon des indiscrétions, il semble que le vers est dans le fruit. Sinon comment comprendre que des œuvres qui sont encore en studio se retrouvent aux mains des vendeurs de Cd contrefaits ? En attendant, les artistes vivotent. Car, obligés désormais de vivre des recettes de spectacles. Et Dieu sait qu’il est difficile d’avoir les spectacles. Car, en général, il faut-être en pleine bourre pour bénéficier de l’intérêt des promoteurs. « C’est donc la galère quand tu n’es pas en vogue », soupire l’artiste Molière.
MARTIAL GALE
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