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Réconciliation et justice en Afrique / Cas Prince Johnson et Ellen Sirleaf : Silence radio de la CPI sur les crimes commis au Libéria
Publié le mercredi 19 octobre 2011   |  L'intelligent d'Abidjan


20ème
© Présidence par Aristide
20ème Session des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union du Fleuve Mano: Alassane Ouattara à Monrovia (Liberia)
Samedi 16 et dimanche 17 juillet 2011. Monrovia (Liberia). Le Président Alassane Ouattara participe à la 20ème Session des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union du Fleuve Mano


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La Cour Pénale Internationale de Justice de La Haye, aux Pays-Bas, est-elle souvent en Afrique dans une logique de deux poids, deux mesures ? Le cas libérien serait aujourd’hui la preuve patente de sa grande partialité quand il s’agit de dirigeants africains.

Une justice internationale qui multiplie vitesse et précipitation dans le dossier ivoirien. Alors que tout près au Libéria, des crimes commis pendant quatorze (14) ans de guerres civiles qui ont fait quelque 250.000 morts et ruiné son économie ne font pas l’objet d’une ouverture d’enquêtes. Les 3000 morts enregistrés en Côte d’Ivoire lors de la crise post-électorale ont-ils plus de valeur, d’importance que les 250.000 Libériens refroidis pendant la longue guerre dans ce pays de l’Afrique de l’Ouest ? Le cas libérien interpelle aujourd’hui les organisations de défense des droits humains, toujours promptes à pondre des rapports incendiaires. Des personnalités soupçonnées de crimes dans ce pays sont libres de leurs mouvements. Et ne sont pas inquiétées. A la faveur de la dernière présidentielle dans ce pays, des Libériens cités par la Commission Vérité et Réconciliation n’ont jamais été entendus par les juges de la CPI. C’est le cas de Mme Ellen Johnson Sirleaf et Prince Johnson nommément dénoncés au cours des auditions de la Commission Vérité et Réconciliation installée dans ce pays.

Candidats tous les deux à cette présidentielle, Prince Johnson vient d’accorder son soutien à Mme Ellen Johnson Sirleaf pour le second tour. Les derniers chiffres donnés samedi dernier par la Commission Electorale Nationale (CEN), portant sur un peu plus de 71% des bulletins dépouillés, plaçaient la présidente sortante en tête avec 44,6% des voix devant Winston Tubman (31,4%) et l’ex-chef de guerre, Prince Johnson (11,2%). Ce dernier qui a été mis en cause avec Mme Sirleaf par la Commission Vérité et Réconciliation au Libéria, bien que reconnu comme chef de guerre, n’a jamais fait l’objet d’un mandat de la CPI. Pourtant ladite commission avait demandé des poursuites contre Prince Johnson et Ellen Sirleaf. Mais depuis, il n’y a rien. Le monde entier et la CPI s’acharnent plutôt sur Charles Taylor pour des crimes non pas commis au Libéria, mais ailleurs, en Sierra Léone. Ce qui est fort curieux, la même justice internationale garde le silence au sujet des tueries commises au Libéria pendant quatorze (14) ans de guerres meurtrières. Y a-t-il deux poids, deux mesures ? Les Libériens le pensent quand ils voient Mme Ellen Johnson Sirleaf et Prince Johnson jouir de toutes les libertés et surtout de leurs droits civiques pour se présenter à l’élection présidentielle dans leur pays. Le cas libérien interpelle aujourd’hui à la fois la CPI et les autorités ivoiriennes dont le président de la CDVR, Charles Konan Banny. Qui a déclaré récemment que la réconciliation ivoirienne sera ivoirienne, à l’issue d’une audience accordée à Moreno-Ocampo, procureur à la CPI. Le juge du TPI a, à son tour, soutenu ce jour-là, que malgré ses investigations, il compte beaucoup sur la Commission dirigée par Banny pour réussir la paix et la réconciliation en Côte d’Ivoire. Le ‘’prince’’ de Morofê a promis prendre en compte les avis des autres pays dans la conduite de la réconciliation nationale. Encore une fois, le Libéria interpelle les Ivoiriens dans le cadre de cette réconciliation nationale. Les crimes et les victimes de la guerre dans ce pays (250 000 morts) sont immenses quand on met à côté les morts de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire. Loin de nous l’idée de banaliser les morts de la crise post-électorale. Alors, ne confondons pas vitesse et précipitation, vengeance et impunité.

Igor Wawayou et Ismaël Dembélé

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